Minute de Torah - 23 Kislev 5770

publié le jeudi 10 décembre 2009
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Yossef est chéri par son père du fait de ses qualités supérieures. D’autre part, comme on le voit aussi dans la sidra de la semaine, Vayechev, Yossef fait des rêves prophétiques dans lesquels ses frères se trouvent à son service, reconnaissant sa grandeur. Portés par un sentiment de jalousie, un moment d’inconscience pousse les frères de Yossef à abandonner celui-ci à l’intérieur d’un puits. La description de ce puits dans la Torah interpelle nos Sages et Maîtres de la ’hassidout.

Il est écrit : "Le puits était vide ; il n’y avait pas d’eau" (Béréchit, 37, 24). Que signifie donc cette cette redondance d’information ? N’est-il pas évident qu’il n’y a pas d’eau dans un puits vide ? On sait la concision de la Torah, où chaque mot, chaque lettre, est justifiée. Chacun des 600.000 caractères de la Torah à sa place. De sorte qu’un mot inhabituellement présent ou absent, est interprété par nos Sages pour délivrer un enseignement, autant que leur sagesse humaine ou que l’esprit prophétique (pour certains d’entre eux) peut les porter.

Rachi (années 4800 du calendrier hébraïque - XIè s. de l’ère vulgaire), le spécialiste incontesté du sens premier de la Torah, ramène l’explication du Talmud (Chabat, 22a) à ce sujet : "Il n’y avait pas d’eau, mais il y avait des serpents et des scorpions". Et nos Maîtres d’expliquer que serpent et scorpion représentent, au niveau spirituel, deux formes de mauvais penchant. Le mauvais penchant (chaud) qui incite à la faute et le mauvais penchant (froid) qui décourage à agir pour le bien. Et de conclure : nos pensées, paroles et actions ne doivent pas tomber dans l’oisiveté, elles doivent être occupées d’eaux bienfaisantes (représentées par les sujets de Torah et ses pratiques). Rapproché au puits, là où il n’y a pas "l’eau de la Torah", le juif cède le terrain à toutes expressions du mauvais penchant. A l’inverse, le juif empli d’eau de la Torah limite considérablement l’agression des serpents et scorpions, et connaît l’épanouissement comparable à l’arbre irrigué qui fleurit. Cet enseignement rejaillit des profondeurs de la Torah, qui viennent éclairer son sens premier.







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