« Le syndrome de Babel... »

BILLET DU 29 NOVEMBRE 2009
publié le dimanche 29 novembre 2009
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Bonjour, Le « syndrome de Babel ». C’est ainsi que le journal « La Tribune » titrait un article récent dans ses colonnes. Ne pensez pas que ce grand quotidien économique se mette à réserver un espace religieux ou spirituel à ses lecteurs. Non, c’est le fruit d’une analyse tout à fait intéressante après que les grandes places boursières du monde aient décroché après l’annonce de la faillite de Dubaï.

Pour « La Tribune », il existe un syndrome de Babel qui se caractérise par le fait que le pays qui construit la plus haute tour du monde se trouve presque dans tous les cas victime d’un Krach économique. La tour Burj Dubaï est la plus haute tour habitable au monde, culminant à 818 mètres, on approche le kilomètre à la verticale. Autant dire que les cieux ne sont plus loin du sommet de la tour. Et bien, selon « La Tribune » la crise qui vient de secouer les marchés s’inscrit dans ce syndrome de Babel. Les précédents sont éloquents : L’Empire State building est inauguré en 1930, annonciateur de la grande crise des années 30. En 1974, ce sont les tours Sears de Chicago qui inaugurent une nouvelle période de crise dite de stagflation. En 1997, la Malaisie voit sortir de terre les tours Petronas, et la crise asiatique suivra. Hasard ou coïncidence ? Le syndrome de Babel n’en est pas moins révélateur d’une certaine quête qui consiste pour un pays à vouloir ériger ce qu’il y a de plus haut comme un étendard d’un triomphe ou d’une prospérité. Jusqu’à jeudi dernier, Dubaï était le symbole insolent de la réussite économique, d’une croissance à deux chiffres, là où toutes les économies étaient en berne ou marquaient le pas. Dubaï était l’eldorado de tous les jeunes loups qui voulaient faire carrière. La tour de Babel était cette construction voulue par Nemrod pour unifier les hommes en un projet commun et une seule langue. Dieu jugea ce projet arrogant. Le lecteur de la Torah peut ressentir une certaine frustration dans le fait que ce projet n’ait pas abouti. Après la génération de Noé et le déluge, la tour de Babel représentait un certain espoir. De même pourrions-nous penser aujourd’hui que de grandes constructions, souvent dispendieuses, sont un hommage au génie de l’homme et à la construction collective. Il n’en est rien, la mesure (dans tous les sens du terme) nous est demandée.

Vous avouerez qu’en ce jour ou les électeurs du Consistoire sont appelés aux urnes, le syndrome de Babel ne semble pas toucher l’Institution ! Est-ce pour ne pas reproduire cet épisode biblique que les différentes listes se querellent ainsi ? Souhaitons un peu de Shalom à notre Communauté et à ses dirigeants ou ceux qui aspirent à l’être. Shavouah tov, bonne semaine à tous et à dimanche prochain.



Gabriel Farhi
Rabbin
AJTM - Alliance pour un Judaïsme Traditionnel et Moderne
Aumônier israélite des hôpitaux de l’AP-HP
Chroniqueur sur Judaïques FM 94.8




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