« Quand la Tsedaka porte la joie ... »

BILLET DU 30 AOUT 2009
publié le dimanche 30 août 2009
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Bonjour,

Nul ne pourra y échapper cette semaine : c’est la rentrée. La crise est passée par là donnant un goût d’austérité à un moment qui implique de lourdes dépenses. L’école juive dans laquelle se trouve l’un de mes enfants en appelle à la générosité des parents qui le peuvent, pour soutenir l’établissement qui doit faire face à la crise et dans lequel de plus en plus de familles ne sont plus en mesure d’assumer les frais d’écolage. C’est une situation préoccupante qui n’épargne personne.

Une très heureuse initiative a eu lieu dans ce contexte morose. Le Consistoire de Paris a accompagné onze enfants issus pour la plupart du CASIP-COJASOR, dans leur Bar ou Bat Mitsvah. Ces jeunes, dont les familles n’ont pas les moyens d’offrir une fête et tout ce qui l’accompagne, ont trouvé une aide qui, loin de n’être que charitable, a permis à ces onze enfants d’avoir une belle fête dans un grand salon de réception parisien avec orchestre et diner festif. Ils se sont même vus offrir des baladeurs MP3, des ordinateurs portables et autres présents qui viennent souvent couronner l’étape de la majorité religieuse. Ces onze enfants ont eu le droit à une Bar Mitsvah à l’instar de leurs camarades plus fortunés. Actualité Juive en a rendu compte d’une très belle manière.

On sait que la Tsedaka demande un effort considérable, et de fait elle n’a souvent de sens que si elle représente un sacrifice plus qu’une aumône. Nous demandons tout au long de l’année aux donateurs de faire confiance aux institutions qui les sollicitent. Je me dis qu’à travers cette initiative du Consistoire, chaque donateur doit se sentier fière d’avoir ainsi pu contribuer à un tel événement. On pourrait penser que si l’époque est à l’austérité, les festivités de la Bar Mitsvah doivent répondre à cette règle et que l’on pourrait mieux employer les fonds confiés dans d’autres actions moins évanescentes que d’égayer une soirée. Et pourtant, la Tsedaka, dans ce qu’elle représente de rétablissement d’une certaine justice, trouve tout son sens dans une telle action. Action qui pourrait être poussée encore plus loin en instaurant, par exemple, une forme de maasser, de dîme morale et matérielle, qui consisterait à ce que les familles les plus aisées se restreignent un petit peu dans l’élaboration d’une fête en réservant une partie de la somme qui aurait été employée à la distribuer à une caisse commune qui permettrait d’étendre l’initiative consistoriale ou d’autres communautés. Cette dîme pourrait également être appliquée aux salles de réception, traiteurs et autres orchestres qui une à deux fois par an offriraient gracieusement leurs services à ces familles.

Certes, l’essentiel dans une Bar ou Bat Mitsvah n’est pas dans la fête mais dans la célébration religieuse. Mais c’est ainsi, le kiddoush qui suit la cérémonie à la synagogue et la fête font partie intégrante de ce temps. Priver un enfant de cette réjouissance, dans une telle étape de sa vie, c’est l’amputer dans sa célébration.

Shavouah tov, bonne semaine à tous et à dimanche prochain.



Gabriel Farhi
Rabbin
AJTM - Alliance pour un Judaïsme Traditionnel et Moderne
Aumônier israélite des hôpitaux de l’AP-HP
Chroniqueur sur Judaïques FM 94.8




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