« Neda ... »

BILLET DU 28 JUIN 2009
publié le dimanche 28 juin 2009
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Bonjour, Elle s’appelait Neda.

Neda Agha-Soltan. Elle avait 26 ans et elle tombée, samedi dernier, dans les rues de Téhéran atteinte d’une balle en pleine poitrine. Elle aura à peine eu le temps de dire « ca brûle, ca brûle » avant que ses yeux révulsés qui semblent fixer la petite caméra du téléphone portable qui saisit ces 30 secondes d’horreur, ne la voit sous nos yeux partir maculée de sang qui s’échappe de ses orifices. Son professeur de musique avec lequel elle s’était rendue à cette manifestation lui répète en farsi : « N’ai pas peur, Neda, ma chérie, n’aie pas peur... ». Des mots que la jeune femme ne peut déjà plus entendre. La scène est insupportable, elle a fait le tour de la planète et a donné en même temps un visage à une révolte en Iran. Neda est devenue en quelques heures une icône, celle d’une jeunesse révoltée qui étouffe sous le régime en place et ne peut se résoudre à accepter des résultats falsifiés. Neda était venue se joindre à ces centaines de milliers de manifestants pour dire cela et rien d’autre. Un calme précaire est revenu à Téhéran, non point que la révolte se soit tue mais parce que les milices font régner la terreur en Iran et parce qu’il est permis de tirer sur un manifestant. Alors cette jeunesse iranienne, plus des deux tiers de la population à moins de 30 ans, se cache et tente de communiquer avec le monde par internet. Pendant ce temps le monde tente de se consoler de la disparition de Michael Jackson. Et c’est icône contre icône, le roi de la pop contre l’icône de la révolte de la jeunesse iranienne. Le combat est inégal et perdu d’avance, en tout cas dans les médias. La réalité est pourtant simple, en Iran on tue les opposants. Que l’on ne se méprenne pas, les iraniens ne sont pas dans leur grande majorité en accord avec Ahmadinejad. Celui que la communauté internationale fustige à juste titre démontre qu’il n’est pas simplement un tyran négationniste, il est également un dictateur de la pire espèce.

Le combat de la jeunesse iranienne est le notre car c’est celui de l’aspiration à la justice et à la liberté. Nous aurions tort de condamner un peuple à cause des méfaits de ses dirigeants. Pour information, il y a en Iran 25.000 juifs ce qui en fait une communauté significative de diaspora. On imagine aisément qu’il ne leur est pas facile de manifester. Mais nous pouvons porter leurs revendications, pour eux, pour un peuple, pour la mémoire de Neda.

Shavouah tov, bonne semaine à tous et à dimanche prochain.



Gabriel Farhi
Rabbin
AJTM - Alliance pour un Judaïsme Traditionnel et Moderne
Aumônier israélite des hôpitaux de l’AP-HP
Chroniqueur sur Judaïques FM 94.8




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