« Démilitarisation ... »

BILLET DU 21 JUIN 2009
publié le dimanche 21 juin 2009
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Bonjour, Voilà un terme qui ne nous était pas familier et que le premier ministre israélien a remis au gout du jour : la démilitarisation. Vous aurez observé que lorsque la nouvelle est tombée sur les ondes, les journalistes qui en rendaient compte accrochaient invariablement sur ce mot tant il est peu utilisé. Il n’en reste pas moins que Benjamin Netanyahu a redistribué les cartes après son discours de dimanche dernier à l’université Bar Ilan. La plupart des commentateurs et observateurs se sont arrêtés sur cette désormais fameuse condition d’un Etat palestinien démilitarisé. Pour beaucoup cette condition tue toute initiative de paix tant elle est irréaliste. Et pourtant lorsque l’on replace la phrase dans ce contexte, on entend le premier ministre israélien dire ceci : "Si nous recevons ces garanties sur la démilitarisation et si les Palestiniens reconnaissent Israël comme l’Etat du peuple juif, alors nous parviendrons à une solution fondée sur un Etat palestinien démilitarisé au côté d’Israël. A chacun son drapeau, à chacun son hymne (...) Le territoire alloué aux Palestiniens sera sans armée, sans contrôle de l’espace aérien, sans entrée d’armes, sans la possibilité de nouer des alliances avec l’Iran ou le Hezbollah".

Je dois avouer que lorsque j’ai entendu pour la première fois la déclaration de Netanyahu, j’ai été très sceptique, jugeant qu’il n’y avait pas d’avancées réelles. Mais il n’en reste pas moins que le très conservateur premier ministre parle pour la première fois d’un Etat palestinien. Et si cela n’est pas assez clair, un Etat qui dispose de son territoire, de son drapeau, de son hymne. Comment en serait-il autrement tant que la situation n’est pas stabilisée entre les palestiniens et les composantes terroristes que sont le Hezbollah ou le Hamas ? Je me souviens qu’à l ‘époque ou je soutenais publiquement l’initiative « deux peuples, deux Etats », on me qualifiait de gauchiste avec un certain mépris. Aujourd’hui, le pragmatisme politique, dont Israël est le meilleur ambassadeur depuis toujours, impose cette vision de deux Etats qui devront entretenir des rapports de bon voisinage. Le pragmatisme veut que les Palestiniens disposent de leur Etat souverain. Israël a bien le droit de fixer des conditions qui garantiront sa sécurité. Il serait tout de même intriguant que les palestiniens fasse de la militarisation de leur futur Etat un préalable. Sans la moindre comparaison s’entend, au sortir de la seconde guerre mondiale, l’Allemagne a été démilitarisée jusqu’à ce qu’elle soit en mesure de se pacifier elle-même. Le Hezbollah et le Hamas sont des organisations terroristes qui gangrènent l’aspiration à la paix des palestiniens. Dans un contexte géopolitique dans lequel l’Iran représente une menace réelle pour Israël, il serait inconscient de doter un nouvel Etat palestinien d’une armée en ordre de marche qui pourrait être tentée par certaines alliances militaires. Plutôt que du scepticisme, Netanyahu devrait être encouragé dans ses intentions. Le premier ministre israélien ne cache pas ses ambitions de marquer l’histoire. Il a rendez-vous avec elle !

Shavouah tov, bonne semaine à tous et à dimanche prochain.



Gabriel Farhi
Rabbin
AJTM - Alliance pour un Judaïsme Traditionnel et Moderne
Aumônier israélite des hôpitaux de l’AP-HP
Chroniqueur sur Judaïques FM 94.8




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