"Dictionnaire amoureux du judaisme" : Critiques et Discussions

publié le mardi 2 juin 2009
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Publié il y a quelques mois, le dernier livre de Jacques Attali fait largement débat. Jeremie Berrebi écrit : "Jacques Attali par ses écrits insulte pas seulement le véritable judaïsme (qu’il adore définir d’orthodoxe sans expliquer pourquoi il ne conviendrait pas), mais insulte toutes les religions monothéistes en qualifiant le récit biblique d’”évidemment imaginaire” , “mythologique”".

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Extrait de la critique de l’ouvrage par Jeremie Berrebi

Lire l’article complet : Dictionnaire amoureux du judaisme ... incohérent !

Commençons par le bon côté des choses, Jacques Attali, dans son introduction, avoue son incompétence pour écrire ce livre. Il affirme même avoir refusé net la proposition de Jean Claude Simoen qui dirige la collection des “Dictionnaires amoureux”. Il affirme “Bien des gens sont plus compétents que moi pour écrire un tel livre”... Il relève toutefois le défi car il pense que le Judaïsme est “très mal connu”... et il a bien raison ... Se rend il compte du pouvoir qu’il a en écrivant cet ouvrage ? du pouvoir de faire changer les choses ? Malheureusement, je ne le pense pas... et c’est bien dommage.

Page 13 commence ma première déception. Jacques Attali affirme qu’il n’aurait “peut-être pas choisi” le judaïsme s’il n’y était pas né. Étonnant. Je me vois mal dire à ma femme : “Si je n’étais pas déjà marié, je ne t’aurais peut être pas choisie finalement” ou à mes parents “Je vous aime mais j’aurais peut-être préféré avoir d’autres parents”. Bizarre comme amour ...

Jacques a l’air de vouloir le transmettre afin de ne pas trahir ses ancêtres, mais non pas parce qu’il est porteur du plus beau message de l’humanité. Il avoue toutefois que ses découvertes l’ont “fasciné, donné à réfléchir, inspiré”. Parle t’on donc d’amour ? Le titre de cet ouvrage correspond-il réellement aux sentiments de l’auteur ? ou s’est il forcé à parler d’amour afin de coller au nom de la collection dont ce livre fait partie ?

En fait, en lisant, ce livre, ce n’est pas le judaïsme qui est décrit. C’est le judaïsme de Jacques Attali, un judaïsme quasi abandonné, un judaïsme malheureusement incohérent et en décomposition.

Car l’incohérence est le mot qui décrit le plus cet ouvrage... et qui, effectivement, décrit aussi la vie de beaucoup de juifs d’aujourd’hui qui auraient dû trouver justement dans ce livre de la cohérence.

L’auteur aurait pu appeler ce livre “Dictionnaire de mon judaïsme”, cela aurait été moins dérangeant (toujours incohérent mais moins directif). Ici l’auteur a décidé de faire un dictionnaire du Judaïsme en général... en faisant croire à tous les débutants juifs ou non que c’est vraiment cela le judaïsme.

Soyons clair dès le départ, Jacques Attali par ses écrits insulte pas seulement le véritable judaïsme (qu’il adore définir d’orthodoxe sans expliquer pourquoi il ne conviendrait pas), mais insulte toutes les religions monothéistes en qualifiant le récit biblique d’”évidemment imaginaire” , “mythologique” (Page 27) (Notons qu’à cette même page, l’auteur appelle Evel l’ancêtre d’Avraham, qui se nomme plutôt “Ever”-mot à l’origine du terme “Hebreu”)

La Bible ? Imaginaire ? Rien de ce qu’il s’y serait passé ne serait vrai ? pas d’enfants de Jacob arrivés en Egypte ? Pas de 10 plaies ? Pas d’ouverture de la mer ? Pas de don de la Torah au Mont Sinai devant plus de 600 000 hommes ? Une histoire aussi énorme aurait été inventée à un moment donné de l’histoire ? On aurait réussi à faire passer à un peuple tout entier un faux passé ?

L’auteur ici bascule entre des thèses d’historiens révisionnistes, de “spécialistes” de la critique biblique et de la Bible. Difficile d’y comprendre quelque chose et de comprendre ce que l’auteur pense vrai ou imaginaire... ce qui est certain, c’est que le tout donne un grand mic-mac très éloigné de la tradition juive. Pour lui, le roi David serait “le premier personnage biblique dont la réalité historique semble établie” (Page 31) (sic !)

Jacques ? Vous êtes certain d’être toujours amoureux là ? ou avez vous déjà divorcé ? (Je dirai pourquoi tout ceci manque de cohérence un peu plus bas lorsque je parlerai de la Hagadah de Pessah.)

Dieu est peu présent dans cet ouvrage (l’auteur n’y accorde même pas une place dans son dictionnaire). Il est cité mais l’auteur n’a pas l’air d’y avoir la moindre relation particulière avec lui. Il affirme de toutes façons que le Judaïsme ne se réduit pas à une foi. “Bien des juifs sont devenus athées sans cesser pour autant d’être profondément juif” . Pourquoi ? L’auteur ne le dit pas, ne l’analyse pas... L’auteur parle sans doute de sa situation personnelle... mais non, ce n’est toujours pas clair... Cela veut dire quoi d’être profondément juif ? Alors que c’est justement à cette question que cet ouvrage est censé répondre. Jacques Attali dit que le judaïsme est “d’abord un ensemble de souvenirs”. Ah bon ? le Judaïsme serait mort pour que l’on ait besoin de se souvenir de ce qu’il est ?

Oui, le Judaïsme reprend des fondements millénaires mais pourquoi parler de souvenir ? Pourquoi avoir besoin de s’en souvenir au lieu de le vivre tout simplement ? L’auteur ici décrit encore SON judaïsme, un judaisme pratiqué en partie par ses parents, beaucoup plus, sans doute, par ses ancêtres, mais qui est en voie de disparition. Est-ce de cela dont ce livre doit parler ? d’un judaïsme abandonné ?

[...]

Lire l’article complet : Dictionnaire amoureux du judaisme ... incohérent !


Interview vidéo de Jacques Attali sur CAP24 :



David Levy
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