« Un bien pour un mal ... »

BILLET DU 3 MAI 2009
publié le dimanche 3 mai 2009
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Bonjour,

La grippe, on ne parle plus que de cela ! Cette maladie saisonnière que l’on avait l’habitude d’associer à l’hiver pointe ses microbes au printemps. Décidemment le monde ne tourne pas rond. Peut-on faire une lecture juive de cette grippe A qui n’est plus porcine et encore moins mexicaine ? Il serait réducteur et non-fondé de considérer que le siège de cette grippe se trouve dans l’espèce animale la plus stigmatisée dans le judaïsme comme étant impure : le porc. Nous savons à présent que le porc mexicain a pu être le siège de cette infection et d’une façon intéressante nous avons appris à quel point les espèces humaines et porcines étaient proches. L’Egypte a beau éradiquer la présence de 250.000 porcs qui se trouvent dans ses frontières, la réponse n’est probablement pas à ce niveau.

Faut-il y voir la marque quelconque d’un châtiment divin qui viendrait s’abattre sur l’humanité ? Vous avouerez que la question peut être posée tant cette pandémie peut nous faire penser aux plaies qui ont frappées l’Egypte jadis ne laissant aucune chance aux hommes. Cette grippe ressemble beaucoup à la peste ou aux ulcères dont la Bible fait mention. Cette comparaison pourrait avoir un sens si les mécanismes étaient les mêmes. Or Dieu ne semble pas s’être manifesté ces derniers temps pour mettre en garde certaines personnes ! Non cette grippe A n’est qu’un épisode supplémentaire dans l’histoire des pandémies. La grippe espagnole avait elle fait bien des ravages durant deux ans. Aujourd’hui la science a considérablement évolué pour faire barrage à un tel fléau. Après les messages alarmants des premiers jours, on vient nous dire que cette grippe est au fond moins sévère qu’il n’y paraît et que nous sommes, en France en tout cas, armés pour l’affronter et apporter un traitement à ceux qui seraient contaminés. Preuve en est la dernière grippe aviaire qui ne laisse qu’un souvenir anecdotique dans les consciences.

Vous observerez que jamais la notion de globalisation ou de mondialisation n’aura eu autant de sens. Tant au niveau de la crise qui n’épargne aucun pays que de cette grippe qui se joue des frontières. Le battement d’aile du papillon est une réalité. Si l’on s’enrhume dans l’hémisphère Sud, on éternue dans l’hémisphère Nord. « Gam zou letova », « même en cela il y a du bon ». Cette pandémie sur fond de crise économique mondiale nous fait prendre conscience de la nécessaire solidarité entre les hommes. Nous sommes tous responsables d’un destin collectif, le Talmud l’avait déjà dit avec ses propres mots. On ne peut se soucier de son seul bien-être ou celui de sa famille ou encore de sa communauté. Ce qui se passe dans une bourgade d’une province de Mexico nous concerne autant que ce qui se passe sous notre toit. A contrario, cela signifie que ce que nous faisons sous notre toit peut avoir une répercussion ailleurs. Si cette grippe nous aide à prendre conscience de cela alors peut-être faudra t-il se dire que Dieu n’y est pas tout à fait étranger !

Shavouah tov, bonne semaine à tous et à dimanche prochain.



Gabriel Farhi
Rabbin
AJTM - Alliance pour un Judaïsme Traditionnel et Moderne
Aumônier israélite des hôpitaux de l’AP-HP
Chroniqueur sur Judaïques FM 94.8




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