Parasha Tazria-Metsora 5769

Chabbath 25 Avril 2009 - 1er IYAR 5769 - Début : Entre 19h28 et 19h43 - Sortie : 21h48
publié le mardi 21 avril 2009
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ROCH HODECH - PEREK Chapitre II.

Lectures de la Torah : LEVITIQUE XII, 1 à XV, fin : La femme accouchée ; la lèpre des personnes, des vêtements et des maisons ; impuretés de l’homme et de la femme. 2ème rouleau : NOMBRES XXVIII, 9-15. Le sacrifice de Roch ‘Hodech.

Haphtara : ISAÏE LXVI, 1 à 23


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THEME de notre ETUDE :

La notion de renouveau à la fin des temps.

Composition et contenu : Ce texte constitue le dernier chapitre du Livre d’ISAÏE et sa conclusion. Comme le chapitre qui le précède, il mêle des paroles dures d’admonestation avec des paroles de consolation utilisées comme mise en garde.

RESUME :

ISAIE LXVI, 1-4 : D.ieu ne veut pas de sacrifices liés à des mauvaises actions. 5-6 : Railleries des moqueurs.

7-9 : Sion enfante ses fils.

10-14 : La joie et l’abondance dans Jérusalem.

15-17 : Anéantissement de l’idolâtrie.

18-24 : Rassemblement des exilés et la part qu’auront les nations dans la délivrance. Raison et motivation du choix de la Haphtara.

Selon la TORAH, ROCH ‘HODECH appartient à la série des jours spéciaux où sont offerts des sacrifices de MOUSSAF (supplémentaire). Cette célébration est donc mentionnée dans NOMBRES XXVIII, 11-15. SFORNO parvient à nous expliquer la raison pour laquelle on parle de ROCH ‘HODECH en soulignant le fait que le peuple avait accepté de prendre sur lui de le célébrer en s’abstenant de travailler ce jour-là. "Il a un certain aspect de sainteté", dit-il. Le SIFRI fait une observation à propos de l’expression (NOMBRES XXVIII, 14) « Tel sera l’holocauste périodique des néoménies, pour toutes les néoménies de l’année ». Pourquoi, demande-t-il, est il écrit : (NOMBRES XXVIII, 11) "pour les néoménies de l’année" ?. Sa réponse est la suivante « bien qu’il soit écrit :

« Et lors de vos néoménies, vous offrirez pour holocauste à l’Eternel », nous pourrions croire qu’il ne s’agit que deux mois par an (deux, étant le minimum du pluriel, et qu’il ne pourrait s’agir que du mois de NISSAN durant lequel on célèbre la fête de PESSA’H, et celui de TICHRI lié à la date précise de YOM KIPPOUR soit le 10 TICHRI). Aussi, le texte veut-il préciser que c’est pour tous les mois de l’année qu’il est obligatoire d’apporter le sacrifice particulier à l’occasion de ROCH ‘HODECH. Nous remarquons une rédaction particulière dans le texte de la TORAH relatif à ROCH ‘HODECH. En effet, il est écrit : "un bouc expiatoire en l’honneur de l’Eternel". Cette mention, souligne MAIMONIDE dans son Guide des Egarés, troisième partie, chapitre 46, est une sorte de démonstration contre l’idolâtrie, afin que l’on sache que le sacrifice est offert pour D.ieu et non en l’honneur de la lune, comme cela se pratiquait chez les EGYPTIENS. Il faut remarquer que bien souvent, à propos d’autres commandements de la TORAH, MAIMONIDE fait le même genre d’observation relative à l’interdiction d’imiter les EGYPTIENS, conformément à l’interdit formulé dans LEVITIQUE XVIII, 3 : « Les pratiques du pays d’EGYPTE, où vous avez demeuré, ne les imitez pas, les pratiques du pays de CANAAN où je vous ai conduits, ne les imitez pas et ne vous conformez pas à leurs lois. »

C’est également dans le même esprit, par exemple, que nous retrouvons l’interdiction formulée à propos de rites païens. C’est le cas en particulier de ce que nous lisons dans LEVITIQUE XIX, 28 : "Ne tailladez point votre chair à cause d’un mort, et ne vous imprimez point de tatouage : je suis l’Eternel."

A ce propos, MAIMONIDE fait également remarquer que cet usage était constant chez les peuples païens, et il est d’avis que la TORAH, pour nous maintenir dans un système cohérent, veut à tout prix nous inviter à nous écarter de toute pratique totalement étrangère à l’esprit et à la lettre de la TORAH et de son interprétation traditionnelle. Dans le Talmud ‘HOULIN 60 b, RECH LAKISCH est d’avis que par ce sacrifice, D.ieu veut se faire pardonner le fait d’avoir diminué la taille et l’éclat de la lune par rapport à ceux du soleil. Mais c’est SFORNO qui vient donner une autre explication. Il considère que le peuple juif a une ressemblance avec la lune. Celle-ci ne se voit pas toujours. Or le rapport entre D.ieu et son peuple est de même nature. De même que la lune ne reçoit son éclat que de la lumière du soleil, de même ISRAËL ne doit son existence qu’à la volonté divine. On met aussi l’accent sur le fait que D.ieu lui-même voudrait se faire pardonner de cacher parfois sa face à ISRAËL, comme la lune disparaissant chaque mois. Nous lisons en effet dans la prière du MOUSSAF de ROCH ‘HODECH : « que ces sacrifices soient un souvenir pour toutes les générations et la délivrance de leur âme de la main de l’ennemi. »

Le Midrash (Pirké de Rabbi Eliezer - ben Hyrkan, disciple de Rabbi Yohanan ben Zaccaï) au chapitre 45, nous dit ceci : « au moment du veau d’or, ARON le Grand-Prêtre s’était dit : « si je leur demande d’apporter de l’argent et de l’or, les Hébreux me l’apporteront immédiatement, tandis que si je leur demande les bijoux de leurs femmes et ceux de leurs filles, rien ne pourra se faire. Or nous savons que les femmes ont refusé, de sorte que D.ieu a voulu les récompenser en ce monde, car elles prêtent plus d’attention à la néoménie que les hommes. S’appuyant sur le texte de Psaumes CIII, 5, disant « prodigue le bonheur à ton âge florissant, fais se renouveler ta jeunesse comme celle de l’aigle », le midrash veut nous indiquer que dans le monde à venir, les femmes auront également leur récompense. C’est à partir de ce passage, que le Choul’han Aroukh, Ora’h Hayim, Chapitre 417, § 1 : dit : « à ROCH ‘HODECH il est permis de travailler, mais les femmes qui ont l’habitude de ne pas travailler ce jour, observent un excellent usage. »" Notre Haphtara nous fournit deux idées importantes plus larges. Dans le monde futur, non seulement on fêtera ROCH ‘HODECH, mais les nations qui ne se rendront pas à JERUSALEM seront condamnées, ainsi qu’il est écrit (ISAÏE LXVI, 23 : « et il arrivera constamment, à chaque néoménie, à chaque sabbat, que toute chair viendra se prosterner devant moi, dit l’Eternel ».

Nous comprenons par là, que dans le futur, les nations croiront en HACHEM, mais elles accompliront également une partie des préceptes, tels ceux de se rendre au Temple ou participer à la célébration de la fête de SOUCCOTH (cf. ZACHARIE XIV, 16). : « Et quiconque aura survécu, parmi tous les peuples qui seront venus contre Jérusalem, devra s’y rendre chaque année pour se prosterner devant le Roi, l’Eternel-Cebaot, et pour célébrer la fête des Tentes. »

ABRAVANEL s’efforce de résoudre la difficulté de savoir comment serait-il possible que chaque sabbat et à chaque néoménie, on se rende à JERUSALEM ? Voici sa réponse : il ne faut pas prendre cela à la lettre, car ce serait impossible. Il faut plutôt comprendre que deux fois par an, tout être humain viendra à JERUSALEM se prosterner devant D.ieu, au mois de TICHRI, qui est le mois où fut créé l’univers à partir du néant, et en disant « chaque mois en son mois », on veut nous enseigner qu’il s’agit là du mois durant lequel on se rend en pèlerinage. La seconde période de l’année sera celle allant de PESSAH à CHAVOUOTH, dont il est écrit : « vous compterez pour vous sept semaines complètes ». (LEVITIQUE XXIII, 15). MALBIM veut résoudre la question posée par ABRAVANEL en disant que chaque mois, de nouvelles (‘HADACHIM) personnes se rendront à JERUSALEM pour adhérer à la foi véritable en rejetant leurs propres croyances. Mais une seconde raison du choix de notre Haphtara tient à la subtilité linguistique nous montrant l’importance de ROCH ‘HODECH dans la pensée de l’Ecriture. Dans ISAÏE LXVI, v. 22 et 23, la racine ‘HODECH est utilisée dans deux acceptions différentes. Dans le verset 22, on parle de cieux nouveaux et de terre nouvelle tandis que dans le verset 23, on utilise le terme ‘HODECH, dans le sens plus restreint et limité à une période de jours, passant ainsi du sens de la création ex-nihilo à celle du déroulement des jours et des semaines. Les rédacteurs de la bénédiction que l’on récite vers le 10 de chaque mois en se tournant vers la lune à condition qu’elle soit visible, ont bien résumé le lien existant entre le renouvellement de la lune et celui du peuple d’Israël en disant selon (Sanhédrin 42 a) : « et à la lune Il a ordonné de se renouveler ; c’est une couronne de gloire pour ceux qui sont soutenus depuis leur naissance (ISRAËL accomplissant la circoncision et le rachat des premiers-nés dès la naissance) et destinés à se renouveler comme elle. »

La notion de Renouveau à la fin des temps

Dans le livre de l’ECCLESIASTE (I, 9), nous lisons le jugement que porte son auteur en disant « il n’y a rien de nouveau sous le soleil »..

On n’arrive à une telle conclusion que si l’on ne prend pas en compte l’idéal d’une vie future. Or, les prophètes nous assurent toujours que l’avenir sera meilleur. Dans notre étude, nous verrons les changements annoncés par les prophètes. C’est en réfléchissant à tout cela que nous connaîtrons mieux les idées importantes relatives au messianisme selon la Bible. Chacun des trois grands prophètes, ISAÏE, JEREMIE et EZECHIEL savait faire ressortir le renouveau qui interviendra dans la perspective du futur et les promesses se complétant les unes les autres. Il en ressort, que l’ère messianique n’apportera pas seulement des modifications externes : la cessation de la haine contre ISRAËL, le règne de la paix à travers le monde et l’honneur rétabli au bénéfice d’ISRAËL. La révolution messianique ne consistera pas uniquement dans le changement des circonstances, par rapport à la société et à l’histoire. Même l’individu vivant dans la société, subira des changements, et au lieu d’un coeur de pierre, à la place de l’indifférence envers autrui et même envers D.ieu, sera créé un coeur nouveau, un coeur sensible, naîtra un "coeur de chair". C’est à partir de là que débute l’espérance d’une réussite différente pour la vie future. Il ne suffira pas de modifier les conditions de vie du peuple. Il s’agira d’un changement radical et profond dans l’âme humaine. Par ce moyen, il sera possible d’assurer que le mauvais penchant de l’homme habitué à faire le mal contre ses semblables et à trahir D.ieu, cessera d’exister. EZECHIEL, dans son livre, revient à trois reprises sur cette idée. 1° Le prophète s’adresse à ceux que l’on appelle « les habitants de JERUSALEM, dont il dit qu’ils se sont éloignés de D.ieu, alors que c’est à eux que fut donné le pays en héritage. Il console les exilés qui seront les seuls à mériter la terre d’ISRAËL et il leur dit : « Ils y viendront et ils enlèveront toutes les abominations et toutes les horreurs. Et je leur donnerai un seul (un autre coeur) cœur, et je mettrai parmi vous un esprit nouveau ; j’ôterai le coeur de pierre de leur corps et je leur donnerai un coeur de chair, afin qu’ils suivent mes lois, qu’ils observent mes prescriptions et les accomplissent, et ils seront pour moi un peuple et je serai pour eux un D.ieu" (EZECHIEL XI, 18-20). 2° Dans le recueil de consolations débutant au chapitre XXXIV de son livre, EZECHIEL parle de purification par des eaux pures versées sur le peuple, et il vise par là le renouveau par la pureté. Parlant d’un coeur nouveau, il veut mettre l’accent sur un renouveau religieux général et fondamental, ne concernant pas uniquement l’abandon de l’idolâtrie. Il dit à ce propos : et j’épancherai sur vous des eaux pures afin que vous deveniez purs ; de toutes vos souillures et de toutes vos abominations, je vous purifierai. Je vous donnerai un coeur nouveau et je vous inspirerai un esprit nouveau ; j’enlèverai le coeur de pierre de votre sein et je vous donnerai un coeur de chair. Je mettrai en vous mon esprit et je ferai en sorte que vous suiviez mes statuts et que vous observiez et pratiquiez mes lois." (EZECHIEL. XXXVI, 25-27. Ce passage vise donc également le renouveau du coeur et de l’esprit, permettant d’insuffler l’esprit de D.ieu dans le peuple. 3° Mais ce qui apparaît dans ces deux passages en tant que promesse, comme étant le changement que D.ieu fournira comme un don d’amour pour la fin des temps, ressort mieux dans le chapitre consacré à la rétribution, question ayant beaucoup préoccupé la génération du prophète. Il s’agit du chapitre XVIII, verset 31, où en parlant du présent, il demande non seulement l’abandon des pratiques idolâtres, mais formule une demande plus générale en disant : « Rejetez loin de vous tous les péchés que vous avez commis, faites-vous un coeur nouveau et une âme nouvelle, et pourquoi mourriez-vous, maison d’Israël ? » En parlant du coeur nouveau demandé à l’homme, s’agit-il d’une demande faite à l’homme sans que celui-ci puisse changer quoi que ce soit ou au contraire a-t-il un pouvoir sur lui-même ? A cela répond très nettement un texte de la TORAH. Il est écrit en effet : « Et l’Eternel, ton D.ieu, circoncira ton coeur, et celui de ta postérité, pour que tu aimes l’Eternel ton D.ieu, de tout ton coeur et de toute ton âme, et assures ton existence. » (DEUTERONOME. XXX. 6).

Moïse lui-même avait déjà annoncé pareille transformation en disant  :"Supprimez donc l’impureté de votre coeur, et cessez de raidir votre cou." (DEUTERONOME. X, 16).

Nous voyons ainsi que la plupart des promesses annoncées par les prophètes, tant matérielles que spirituelles et psychologiques, ne concernent pas uniquement des annonces et des assurances solennelles pour un avenir lointain, mais elles engagent le peuple à faire des efforts personnels en vue d’atteindre ces objectifs. Pour ce qui est du coeur et de l’esprit nouveau, nous avons l’exemple de DAVID. Il pourrait servir de modèle permanent pour toutes les générations, pour ce qui est de la pénitence. Il a demandé la même faveur à D.ieu en disant après avoir reconnu sa faute (mort d’URIE, époux de BETHSABEE qu’il convoitait) : « O D.ieu, crée en moi un coeur pur, et fais renaître dans mon sein un esprit droit. Ne me rejette pas de devant ta face, ne me retire pas ta sainte inspiration." (PSAUMES. LI, 12-13).

Ainsi, à partir de l’indication de la TORAH, le Roi DAVID avait compris la nécessité de faire un effort personnel, mais la promesse biblique vient nous enseigner qu’il nous faut aussi l’aide céleste pour avoir la force de dominer le penchant qui nous entraîne au péché. La AGADA, à propos de ce renouveau du coeur, compris dans un sens plus limité par EZECHIEL relatif aux péchés que l’homme commet envers D.ieu, voit un aspect élargi au mauvais penchant en général. Les maîtres du Midrash rattachent l’expression "coeur nouveau" exigé par la TORAH au renouveau des coeurs tel que le voit EZECHIEL et tel qu’il ressort de la prière de DAVID. Voici ce que nous dit le Yalkout Chimoni sur EZECHIEL allusion (rèmèz 375) : « Rabbi AVIRA, et selon certains, Rabbi JOSUE fils de LEVI disent : Il existe sept noms pour définir le mauvais penchant : D.ieu l’a intitulé RA= mauvais, car il est écrit : car les conceptions du coeur de l’homme sont mauvaises dès son enfance. (GENESE VIII, 20). MOÏSE l’a surnommé « le prépuce », « supprimez donc le prépuce, l’impureté de votre cœur » (DEUTERONOME. X, 16). David l’a nommé « l’impur » en disant : « crée en moi un coeur pur » (PSAUMES LI, 12), ce qui laisse entendre qu’il peut être impur. Le Roi SALOMON l’a considéré comme un "ennemi", en disant : « Si ton ennemi a faim, donne lui à manger » (PROVERBES XXV, 21).

Sur ce verset, RACHI souligne « si le mauvais penchant te tente, va étudier la Torah et t’abreuver à elle. » ISAÏE l’appelle "l’obstacle" car dit-il : « Enlevez tout obstacle de la voie de mon peuple" (ISAÏE. LVII, 14). EZECHIEL le surnomme "pierre", en disant : « j’ôterai le coeur de pierre de votre chair » (EZECHIEL XXXVI, 26). JOEL enfin l’appelle « le fléau du Nord » en disant : « et ce ( fléau) du Nord je l’éloignerai de vous ». Chez JEREMIE, nous trouvons un changement radical. Il annonce que dans le futur, le rapport à la TORAH et à D.ieu va se modifier, comme si l’ancienne alliance allait faire place à une nouvelle alliance. Ce n’est pas le contenu de la TORAH qui va changer, mais le rapport à elle de la part de ceux qui vont l’accomplir. La FOI sera désormais d’une autre nature. Les commandements de la TORAH feront l’objet d’une demande constante émanant de D.ieu, adressée à Son peuple, et c’est aussi ce qui se produira dans le futur. Elle deviendra également une exigence de la part de l’homme, comme si elle était spontanée. C’est ce qui ressort du texte suivant : « Voici des jours vont venir, dit le Seigneur, où je conclurai avec la maison d’ISRAËL et la maison de JUDA une alliance nouvelle, qui ne sera pas comme l’alliance que j’ai conclue avec leurs pères le jour où je les ai pris par la main pour les tirer du pays d’EGYPTE, alliance qu’il ont rompue, eux, alors que je les avais étroitement unis à moi, dit le Seigneur, mais voici quelle alliance je conclurai avec la maison d’ISRAËL, au terme de cette époque, dit l’Eternel : je ferai pénétrer ma foi en eux, c’est dans leur coeur que je l’inscrirai : je serai leur D.ieu et ils seront mon peuple.(JEREMIE. XXXI, 31-33). Selon ABRAVANEL, il ne s’agit pas d’une nouvelle alliance, mais d’une alliance inscrite dans les coeurs pour qu’elle ne les quitte plus, s’agissant bien entendu de la Torah telle qu’elle fut donnée par MOÏSE. C’est ce que souligne le Yerouchalmi sur Meguila, chapitre I, hala’ha 1 en disant que même si les livres prophétiques venaient à disparaître à la fin des temps, la TORAH resterait toujours la même. Mais ABRAVANEL veut mettre l’accent sur le fait que cette notion d’alliance nouvelle pourrait poser beaucoup de questions. Il considère qu’à l’avenir, D.ieu donnera une nouvelle alliance à Son peuple, ce qui irait à l’encontre de l’idée traditionnelle selon laquelle la TORAH qui nous fut donnée au SINAÏ est immuable, aussi bien dans son expression que dans le temps. Et d’ajouter : « nos ennemis n’ont jamais cessé de nous combattre à ce sujet. » En se référant à un commentaire sur cette notion de nouvelle alliance que suggère JEREMIE, nous devons nous souvenir de cette interpellation de MALACHIE III, 22, disant : « Souvenez-vous de la Loi de Moïse, mon serviteur que je lui ai ordonnée au Horeb, à tout Israël, en lui donnant des décrets et des lois. »

Sur ce passage, RADAK est formel en déclarant : « le renouveau de la loi ne signifie pas changement mais accomplissement. » Les changements que prévoient les trois grands prophètes, seront des changements intervenant dans le coeur et dans l’esprit des hommes. Pour EZECHIEL il s’agira d’un changement radical dans les rapports entre le peuple élu et D.ieu, d’une sorte de spontanéité. Pour JEREMIE, la TORAH sera perçue comme une Loi du coeur, autonome et non imposée. Pour ISAÏE enfin, le sort du peuple d’ISRAËL passera du malheur à la joie, et de plus, le peuple trouvera la force d’amener les justes des nations à la connaissance du Créateur. A cette idée classique de délivrance viennent s’ajouter d’autres points importants, concernant les changements qui interviendront à la fin des temps. Dans l’ère messianique, tout se renouvellera. Ainsi, on trouvera des noms nouveaux pour la Terre d’ISRAËL et pour SION. Ils auront pour motifs les modifications intervenues entre la période de l’exil et ses souffrances et celle qui entraînera le bonheur de la délivrance. Ainsi, lisons-nous : « et on t’appellera d’un nom nouveau, qu’aura désigné la bouche de l’Eternel. Et tu seras une couronne glorieuse aux mains de l’Eternel, et un diadème royal dans la paume de ton D.ieu. Tu ne seras plus nommée la Délaissée et la terre ne s’appellera plus Solitude ; toi, tu auras nom Celle que j’aime, et ta terre se nommera l’Epousée ; parce que tu seras la bien-aimée de l’Eternel, et parce que ta terre connaîtra les épousailles ». (ISAÏE LXII, 2-4).

Rappelons enfin ce passage du Livre des LAMENTATIONS que nous utilisons toujours au moment de la rentrée des rouleaux de la Loi. Nous disons alors : « Fais-nous revenir vers Toi, ô Eternel et nous reviendrons, renouvelle nos jours comme autrefois. » (LAMENTATIONS V. 21). Là aussi, nous demandons un renouveau de nos coeurs.

Nous pourrions dire pour conclure, que rien ne sera modifié quant à la TORAH. Ce que nous devons grâce à elle chercher à modifier, c’est notre comportement et tenter par là même à influencer nos contemporains, pour préparer avec eux les jours meilleurs annoncés par nos prophètes.



Alain Goldmann
Grand Rabbin




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