’Had gadya

publié le lundi 30 mars 2009
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La chanson de ‘Had gadya, par laquelle se termine la soirée de Pessa‘h, se situe dans cette partie de la Hagada que l’on ne commente que rarement, tant elle est chantée tardivement et à un moment où les convives, épuisés, n’ont qu’une hâte : prendre du repos.

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Cependant, sa ressemblance avec de vieilles chansons enfantines comme : « Ah ! Tu sortiras, Biquette, Biquette... » ne fait qu’exciter davantage notre curiosité.

Signalons que cette ressemblance a pourtant eu pour résultat que certains ont considéré que chanter ‘Had gadya pendant le sédèr de Pessa‘h constituait une sorte d’affront à la sainteté de cette soirée pascale.

Telle a été l’opinion du ‘Hida (Rabbi ‘Hayyim Yossef David AZOULAY) qui dans son ouvrage ‘Hayyim chaal (1, 28) a approuvé l’excommunication prononcée contre une personne qui avait entonné cette chanson d’apparence enfantine pendant le sédèr.

Elle a cependant conservé toute sa popularité, tout au moins dans les communautés de tradition ashkénaze.

‘Had gadya se divise en deux parties, la première écrite en araméen, la seconde en hébreu. Cette dualité n’es pas fortuite, et elle s’explique par la symbolique de son contenu.

La première partie évoque les exils successifs qui ont été imposés à « l’agneau », c’est-à-dire au peuple juif, que son père, le Saint béni soit-Il, a acheté pour deux zouz (Moïse et Aron, ou les deux Tables de la loi) . Il a été persécuté successivement par le chat (symbole de l’Assyrie), le chien (symbole de Babylone), le bâton (symbole de la Perse), le feu (symbole de la Grèce), l’eau (symbole de Rome) et le bœuf (symbole des Ottomans).

Notons qu’il existe de nombreuses autres façons de symboliser ces étapes. C’est ainsi que, selon le Gaon de Vilna, le bœuf symbolise Rome, agent emblématique de notre exil, et le cho‘het le Messie fils de Joseph, qui guerroiera contre nos ennemis et dont la mort au combat coïncidera avec la venue du Messie fils de David, notre Libérateur final.

L’emploi de l’araméen dans la première partie s’explique par le rapport étroit que possède cette langue avec nos exils successifs, alors que la deuxième partie, celle qui commence par le cho‘het, suivi par l’Ange de la mort et par le Saint béni soit-Il, est annonciatrice de notre salut.

Remarquons ici que le chant de Ha la‘hma ‘ahia, qui se situe au début de la Hagada, présente la même particularité : Il commence par l’araméen (hachata hakha), et se poursuit en hébreu (le-chana ha-baa).

La raison de ce passage d’une langue à une autre est la même : L’araméen est, par essence, la langue de l’exil, tandis que l’hébreu est celle de notre libération.

C’est ainsi que la fin de ‘Had gadya nous annonce la fin de nos errances. L’enchaînement du cho‘het, de l’Ange de la mort et du Saint béni soit-Il, est symbolique soit du Messie fils de Joseph, du Messie fils de David et du retour à Hachem à la fin des temps, soit selon d’autres sources du Messie fils de Joseph, de sa mort au combat, qui sera suivie de notre libération définitive par le Saint béni soit-Il Lui-même.







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