Parasha Terouma 5769

Chabbath 28 février 2009 - 4 Adar 5769 - Début : 18 h 12 - Fin : 19 h 19.
publié le mardi 24 février 2009
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Lecture de la Torah : EXODE XXV, 1 à XXVII, 19 : Préceptes sur la construction du Tabernacle. Haphtara : I ROIS V, 26 à VI, 13.

THEME d’ETUDE : Le Temple de SALOMON. Le Roi et le Sanctuaire.


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Composition et contenu :

Ce texte nous décrit la construction par SALOMON du Premier Temple. I Rois V, 26-32 : L’alliance avec TYR VI, 1 : Date du début de la construction. VI, 2-3 : Dimensions du Temple et du portique. VI, 4-10 : Extérieur du Temple. VI, 11-13 : Promesse de D.ieu et mise en garde.

Relations entre la Paracha et la Haphtara

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On nous parle de la construction du Temple de D.ieu aussi bien dans la Paracha que dans la Haphtara. Durant la période du désert, il s’agissait d’une Tente très discrète. Par contre, à l’époque de SALOMON, c’est d’une construction plus stable et plus belle qu’il s’agit. En comparant les deux constructions, nous sommes davantage enclins à montrer ce qui les distingue l’une de l’autre. La Torah met l’accent sur les matériaux indispensables et fournis par l’ensemble du peuple. Il est écrit : "de la part de quiconque y sera porté par son coeur, vous recevrez mon offrande." (EXODE, XXV, 2). Dans un autre passage, la Torah nous fait part de la réponse du peuple à la demande d’offrande, en disant : « et dirent à Moïse : Le peuple fait surabondamment d’offrandes, au-delà de ce qu’exige l’ouvrage que l’Eternel a ordonné de faire. Sur l’ordre de Moïse, on fit circuler dans le camp cette proclamation : que ni l’homme ni la femme ne préparent plus de matériaux, pour la contribution des choses saintes ! Et le peuple s’abstint de faire des offrandes. Les matériaux suffirent, et par delà, pour l’exécution de tout l’ouvrage. » (EXODE, XXXVI, 5-7). De plus, on nous relate que les femmes firent des offrandes et exécutèrent des ouvrages. « Toutes les femmes industrieuses filèrent elles-mêmes, et elles apportèrent, tout filés, l’azur, la pourpre, l’écarlate et le lin ; et toutes celles qui se distinguaient par une habileté supérieure, filèrent le poil de chèvre. » (EXODE XXXV, 25). Par rapport à l’accent mis sur le volontariat et la spontanéité des offrandes, nous voyons une situation totalement opposée dans les premiers versets de notre Haphtara. « Le roi SALOMON leva un contingent sur la totalité d’ISRAËL, contingent qui se monta à trente mille hommes. Il les envoya au Liban, dix mille hommes par mois à tour de rôle ; ils passaient un mois sur le Liban et deux mois dans leurs foyers ; ADONIRAM dirigeait le service. » (I ROIS V, 27). Dans le livre de l’EXODE (esclavage d’EGYPTE), nous apprenons que les EGYPTIENS avaient imposé un contingent et une servitude pénible au peuple hébreu. Or, à présent, c’est le roi d’ISRAËL qui impose un service de trois mois à une partie de son peuple. Il est d’ailleurs intéressant de noter que la TORAH nous parle de la manière généreuse et volontaire par laquelle les femmes oeuvrèrent pour réaliser certaines tentures et parties du Tabernacle. Dans la Haphtara au contraire, le Roi SALOMON est contraint de mobiliser un contingent indispensable pour la construction du Temple. Dans son commentaire en langue anglaise, le Grand-Rabbin HERTZ émet l’hypothèse selon laquelle le Pharaon, beau-père égyptien de SALOMON, a dû enseigner à son gendre l’usage de conduire durement son peuple, méthode de gouvernement utilisée plus tard et permettant de comprendre l’origine de la révolte à laquelle fut ensuite confronté son fils ROBOAM.  L’historien YAAVETZ tente d’atténuer cette mauvaise image du roi SALOMON relative aux esclaves qu’il employa (Toledoth Israël, 2ème partie, page 64, note 1). Il dit notamment : « GRAETZ (historien juif allemand du 19° s.) veut donner des esclaves du temps de SALOMON l’image qui était celle de la servitude en EGYPTE, et il cherche ainsi à compatir à leurs souffrances. S’il en avait réellement été ainsi, comment comprendre alors que ceux-ci n’aient pas été obligés de suivre le roi SEDECIAS en exil alors qu’ils sont restés très nombreux à JERUSALEM ?. Le texte dit bien : « Le chef des gardes ne laissa dans le pays que des gens de la basse classe comme vignerons et laboureurs." (II Rois XXV, 12). C’est au-moins la preuve que les sujets du Roi n’étaient pas si opprimés que cela. » Il conviendrait cependant de faire remarquer que même durant la période du Premier Temple, on ne manqua pas de noter combien le peuple, très spontanément, se porta volontaire. C’est ce que nous apprenons de la prière formulée par le Roi DAVID : "Je sais, mon D.ieu, que tu sondes les coeurs et aimes ce qui est équitable : or moi, c’est dans la droiture de mon coeur que je t’ai consacré tous ces dons ; et de même, ton peuple ici réuni, je l’ai vu avec joie t’offrir ses dons."(I CHRONIQUES , XXIX, 17) . L’examen du début de nos deux textes, celui de la Torah et celui de la Haphtara, nous permet de constater une autre différence importante. L’érection du Tabernacle dans le désert fut entièrement réalisée par le peuple d’ISRAËL. Toutes ses composantes se portent volontaires et en assurent la réalisation. A l’époque de SALOMON par contre, grâce à la sagesse que lui accorda D.ieu, et par suite de la paix régnant entre HYRAM et SALOMON, les habitants de TYR unirent leurs efforts pour l’approvisionnement en matériaux de construction. D’un côté, nous trouvons donc une oeuvre populaire, simple mais dominée par l’enthousiasme et un dévouement sincère pour ériger le Tabernacle. De l’autre, il s’agit d’un édifice magnifique dû à l’initiative prise au temps du roi SALOMON. Sa réalisation nécessite donc l’utilisation d’une main-d’oeuvre forcée et une alliance avec un roi étranger. Il y a lieu de faire ici état de l’interrogation que soulève ABRAVANEL à la fin de la Haphtara. Dans son commentaire sur le Livre des ROIS, il pose la question suivante : "Pourquoi, dit-il, l’auteur de ce texte, a-t-il jugé, nécessaire d’introduire au milieu du récit relatif à la construction, la prophétie adressée à Salomon en disant : « Et l’Eternel parla ainsi à Salomon : Cette maison que tu édifies, j’y résiderai, si tu te conformes à mes lois, si tu obéis à mes statuts, si tu as soin d’observer et de suivre tous mes commandements ; alors j’accomplirai en ta faveur la promesse que j’ai faite à David, ton père ; je résiderai au milieu des enfants d’Israël, et je n’abandonnerai point Israël, mon peuple. » ABRAVANEL est d’avis que ce passage aurait dû précéder l’annonce de la construction ou sa conclusion. Il paraphrase la prophétie en disant : « Ne crois pas, SALOMON, que cet édifice subsistera à jamais, que pour cette raison tu dois le construire de façon durable et solide. Son maintien sera conditionné par ton obéissance à mes lois, ainsi que celle de tes successeurs. C’est alors que je réaliserai mes promesses faites à DAVID de résider au milieu des enfants d’ISRAËL. » Selon Mendel HIRSCH (fils de S.R. HIRSCH), cette mise en garde vient surtout faire ressortir le fait que ce n’est pas l’aspect extérieur ni le caractère majestueux qui embellissent l’édifice, mais la proximité de la présence divine qui doivent constituer le but ultime. Aussi, y a-t-il un lien entre la fin de la Haphtara et le début de la Paracha, même si l’intention dans le projet est différente. Dans cette dernière, s’il est simplement question d’une promesse, celle de faire résider la présence divine liée à la construction du Tabernacle, dans la Haphtara, cette présence est fonction d’une mise en garde et d’une sorte d’admonestation Elle conclut donc par ces mots : « Je résiderai au milieu des enfants d’Israël, et je n’abandonnerai point Israël, mon peuple. » (I ROIS, VI, 13)

Le ROI et le SANCTUAIRE

Le Roi SALOMON est celui qui élève et construit le premier Temple. Il l’inaugure par une prière magnifique. Nombreux furent les rois s’étant souciés du maintien de ce Sanctuaire en cherchant à le remettre en état quand cela s’avérait nécessaire. Nous savons également qu’il y eût des rois ayant fauté en tentant de mêler aux objets sacrés des éléments divers. Il serait donc intéressant, à propos de notre Haphtara, de consacrer notre étude à la place du Roi par rapport au Sanctuaire. On sait que la Torah ne limite pas les obligations du ROI.. Elle lui fixe certaines contraintes particulières. Dans notre commentaire sur la Haphtara MIKETS dans laquelle nous parlions du Roi en tant que Juge, nous avions déjà vu que la Bible, nous montre une image claire concernant les devoirs du Roi, ses actions en vue d’accomplir les commandements de la TORAH. Au début des lois relatives aux ROIS, MAIMONIDE (se fondant sur Sanhédrin 20 b) nous apprend que le Rroi est tenu de construire le Sanctuaire. Voici ce qu’il dit (Yad Ha’hazaka, Lois sur les Rois, Chap. I, hala’ha 1 et 2) : « Israël reçut trois commandements à son entrée en Terre Sainte : de désigner un Roi, (DEUTERONOME, XVII, 15), d’anéantir la descendance de AMALEK (DEUTERONOME. XXV, 19), de construire un sanctuaire (DEUTERONOME. XII, 5). La désignation d’un Rroi précède l’anéantissement de la descendance de AMALEK, selon I SAMUEL XV, 1-3. Ensuite vient la construction du Temple ainsi qu’il est dit : « Or, comme le roi vivait tranquille en sa demeure, et que, par la protection divine, tous ses ennemis d’alentour le laissaient en paix, il a dit à Nathan le prophète : vois, j’habite un palais de cèdre, et l’arche du Seigneur est logée sous une tente. » (II SAMUEL, VII, 1-2). Par MAIMONIDE, qui en tire une règle religieuse, nous nous rendons compte que le Roi a le souci d’ériger un Temple. C’est d’ailleurs par le prophète NATHAN que DAVID est informé qu’il ne doit pas y procéder lui-même, mais qu’il doit laisser ce soin à son fils SALOMON. Dans son commentaire sur NOMBRES XVI, 21, NACHMANIDE considère que toutes les dirigeants d’ISRAËL ainsi que leurs sujets ayant vécu durant les générations précédant celle du roi DAVID sont fautifs de n’avoir pas été déterminés à construire la maison de D.ieu.

Le premier des rois d’Israël, SAUL, n’a fait aucun effort dans ce sens. Il savait sans doute et se rendait compte que tout n’était pas encore réglé avec les ennemis de son peuple, pour être en mesure d’accomplir ce devoir de construction, puisqu’il fallait être parvenu à un état de délivrance des ennemis alentour et vivre en sécurité. (DEUTERONOME. XII, 9). DAVID pour sa part, semble y faire allusion en disant : « Puis nous transférerons près de nous l’arche de notre D.ieu, car nous ne nous en sommes pas inquiétés du vivant de SAUL. » (I CHRONIQUES. XIII, 3). DAVID, ainsi que nous venons de le dire, voulait construire le Temple, mais ce droit lui fut refusé. C’est uniquement à travers les recommandations qu’il fit à son fils pour qu’il procède à cette construction, que nous apprenons que cela lui fut interdit. Il en donna même la raison, en disant : « DAVID dit donc à son fils (mon fils), SALOMON : c’était mon désir à moi d’édifier une maison au nom de l’Eternel, mon D.ieu, mais la parole divine s’adressa à moi en ces termes : « Tu as versé beaucoup de sang et fait de grandes guerres ; ce n’est donc pas à toi à élever une maison en mon honneur, car tu as fait couler beaucoup de sang devant moi sur la terre. Mais un fils te naîtra, qui sera un homme pacifique et qui, grâce à moi, sera en paix avec tous ses ennemis à l’entour. Il s’appellera SALOMON, et sa vie durant, j’assurerai la paix et la tranquillité à ISRAËL. C’est lui qui élèvera une maison en mon honneur ; il me sera un fils, je lui serai un père, et j’affermirai à jamais le trône de sa royauté sur ISRAËL." (I CHRONIQUES XXVIII, 3). SALOMON, tenant compte de l’interdiction de construire un autel avec un objet en fer, pouvant servir d’arme (EXODE, XX, 25 et DEUTERONOME XXVII, 5), ainsi que de ce que lui avait dit son père, s’efforça de faire réaliser le travail dans des conditions particulières, ainsi qu’il est dit : « On n’employa à la construction du temple que des pierres intactes de la carrière : ni marteau, ni hache, ni autre instrument de fer ne fut entendu dans le temple durant sa construction. » (I ROIS VI, 7). DAVID, s’il avait eu le mérite de construire la maison de D.ieu, aurait eu à coeur de l’établir avec toute la force dont il aurait été capable. La Providence divine ne lui en pas donné les moyens. C’est ce que décrit le texte du PSAUMES CXXXII, 3-5 : « Si j’entre dans la tente qui me sert de demeure, si je monte sur le lit qui me sert de couche, si je permets le sommeil à mes yeux, à mes paupières le repos, avant que j’aie trouvé un lieu pour l’Eternel, une résidence pour le Fort de Jacob !... » DAVID a consacré au trésor royal d’où sera ensuite utilisé l’argent nécessaire à la construction du Temple, tout le butin pris lors de ses guerres. C’est ce que nous apprenons en lisant les textes de II SAMUEL VIII, 7 et 11. Dans le Livre 1er, chapitre XXIX, 2-3, nous apprenons de quelle manière DAVID s’est préparé à la construction du Temple. Mais en fait, l’action de DAVID en faveur du sanctuaire était beaucoup plus importante que les préparatifs proprement dits. Les chapitres XXIII, XXIV, XXV et XXVI dans le LIVRE I des CHRONIQUES nous décrivent les grandes actions de DAVID pour organiser le service, les tours de service des prêtres et des lévites. Quant à DAVID, chantre merveilleux au service de D.ieu, il a encouragé et développé le chant dans le Temple. YAAVETS dans TOLEDOTH ISRAEL, 2ème partie, page 14, conclut son étude sur DAVID en disant : « Le grand roi eut l’intelligence d’imposer à certains, aussi bien la prophétie que la prêtrise. Il donna à la prophétie une place devant l’arche sainte, près de l’autel. » Au temps du roi JOSIAS, presque à la fin du premier Temple, il y avait encore des arrangements introduits par DAVID et SALOMON, comme en témoigne le texte suivant : « Soyez prêts par maisons paternelles, selon vos divisions, suivant le programme de David, roi d’Israël etcelui de Salomon, son fils. Tenez-vous dans le sanctuaire selon les sections des maisons paternelles, pour vos frères, les enfants du peuple, et selon le partage des maisons paternelles des Lévites. » (II CHRONIQUES XXXV, 4-5). Le personnage essentiel pour la construction du Temple, fut le Roi SALOMON. Il apparaît également au coeur des prières qui seront élevées lors de l’inauguration et lorsque de très nombreux sacrifices furent alors offerts. (cf. I ROIS VIII, 62-64). Il était guidé en cela par le Haut-Tribunal Rabbinique et n’agissait pas de son seul chef. A ce propos, il convient de remarquer, selon le texte de I ROIS VIII, 1-4 (Haphtara du second jour de Souccoth), que fidèle à la Torah dont ils étaient les premiers défenseurs, ce sont les membres du Sanhédrin que SALOMON plaça en tête de ceux qui inaugurèrent le Temple avec lui. Ils étaient ainsi placés avant les princes des tribus et les chefs des maisons paternelles. Le récit biblique nous montre que les rois étaient ceux qui se préoccupaient des réparations nécessaires, selon les circonstances. Le Roi JOAS fut le premier dont il est indiqué dans II ROIS XII et dans II CHRONIQUES. XXIV, qu’il eût le souci de faire procéder aux réparations, en organisant de façon intelligente la perception auprès du peuple, des sommes nécessaires à cet effet. C’est dans II CHRONIQUES. XXIV, 4-5, que nous apprenons les raisons exactes de ces réparations. Nous lisons en effet : « Plus tard, JOAS conçut le projet de restaurer la maison du Seigneur. Il réunit prêtres et Lévites et leur dit : allez visiter les villes de JUDA, recueillez de l’argent dans tout Israël, pour réparer la maison de votre D.ieu, (selon Rachi, cela se passa 125 ans après la construction du Temple par SALOMON), d’année en année, et accélérez la chose ! Mais les Lévites n’y mirent aucun empressement. » La suite du texte nous apprend que la Reine ATHALIE avait tout pris, et que les objets sacrés avaient même été destinés à servir BAAL, après avoir laissé le Temple tomber en ruines. RADAK est d’avis que cela se passa 150 ans après sa construction. Cette différence chronologique entre RACHI et RADAK selon l’Encyclopédie Talmudique, Volume II, page 364, s’explique par le fait que selon le premier, il ne s’agissait que de fissures au mur extérieur, et que selon le second, le roi JOAS aurait exigé une inspection très sérieuse de l’ensemble du bâtiment, à une période plus tardive, puisque nous savons que JOAS a régné quarante années. Le roi EZECHIAS a également oeuvré à la consolidation du Temple, et ce par divers moyens. On sait que son père, ACHAZ avait bouché les portes du temple et érigé des autels dans tous les coins de JERUSALEM. (II CHRONIQUES. XXVIII, 24). La première mesure prise par son fils EZECHIAS fut donc d’ouvrir ces portes et de les restaurer. (II CHRONIQUES. XXIX, 3). La suite du chapitre nous apprend qu’il purifia le Temple de toute souillure, restaura le service sacré conformément aux prescriptions de la TORAH. (II CHRONIQUES. XXIX, 5-7). Les versets 25-26 nous apprennent qu’il rétablit le service musical, par l’usage d’instruments semblables à ceux utilisés du temps de DAVID. L’action principale de EZECHIAS reste cependant celle d’avoir éliminé les Hauts-Lieux et les autels externes se trouvant dispersés dans tout JERUSALEM. Pour ce qui est de la restauration du Temple, nous savons que le Roi JOSIAS occupe une place importante. Par la Haphtara lue le second jour de Pessach (II ROIS XXIII, 1-25), nous apprenons qu’il eût à coeur de tout remettre en ordre, alors que son grand-père MANASSE, fils de EZECHIAS, avait laissé pratiquer l’idolâtrie. (II ROIS XXI, 3-7), de même que AMON, le propre père de JOSIAS. (II ROIS XXI, 20-25). Pour mieux souligner le rôle exemplaire de ce roi, le texte dit : « Nul roi encore n’était, autant que lui, revenu à l’Eternel de tout son coeur, de toute son âme et de tout son pouvoir, selon la doctrine entière de Moïse ; et nul, depuis, ne s’éleva son égal. »

Nous constatons, en lisant tous ces textes, qu’après une période de décadence religieuse profonde, vient ensuite une période davantage apportée à la restauration du Temple. La Bible y consacre de longs chapitres, pour bien faire ressortir que cela ne pouvait qu’être bénéfique au peuple d’ISRAËL. Les exemples à cet égard ne manquent pas d’ailleurs. Il est assez curieux de noter qu’après le schisme, le roi JEROBOAM, roi d’ISRAËL, pour s’opposer au royaume de JUDAH, eût pour souci d’empêcher, qu’à travers les pèlerinages vers JERUSALEM, le peuple ne soit tenté de faire allégeance au royaume légitimiste de JUDAH. Aussi, de façon indirecte, sommes-nous informés de l’importance que revêt le Temple, pour des considérations d’ordres politiques. C’est ce que veut souligner le passage de I ROIS XII, 26-33, en rappelant que ce Roi désigna même des prêtres non-descendants du Grand-Prêtre ARON, et organisa des services religieux dans sa capitale SAMARIE, pour tenter d’empêcher ses sujets de se rendre à JERUSALEM. Dans le royaume de JUDAH, il y eût même des rois qui voulurent réaliser un culte idolâtre dans le Temple. Mais il y eût également des rois qui souhaitaient concilier le rôle de Roi et de Prêtre. C’est notamment ce que nous apprenons de la lecture de II CHRONIQUES. XXVI, 16-21, où il est question du roi OZIAS (OUZZIA), qui, après avoir voulu offrir l’encens dans le Temple, se le vit reprocher par le Grand-Prêtre AZARIAHOU (descendant d’ARON) et fut atteint de lèpre jusqu’à la fin de sa vie. Il avait ainsi outrepassé l’interdit de LEVITIQUE V, 15 disant : "Si quelqu’un commet une faute grave en détournant, par mégarde, un des objets consacrés au Seigneur, il offrira pour ce délit, au Seigneur, un bélier sans défaut, choisi dans le bétail, valant en argent deux sicles, au poids du sanctuaire, comme offrande délictueuse." En conclusion à notre étude, destinée à montrer les relations entre le Roi et le Temple, les efforts tentés par les rois pour améliorer le maintien du Temple, leur souci d’y faire célébrer le culte, nous étudierons ici les paroles de NACHMANIDE nous permettant de mieux comprendre ce qu’il y avait de particulier dans la période des HASMONEENS. Les Rois de cette dynastie se distinguaient en effet par le fait qu’ils étaient de descendance du Grand-Prêtre AARON, et voulaient en même temps assumer une fonction royale. Sur le passage de GENESE XLIX, 10, où il est écrit : « le sceptre n’échappera point à JUDAH », NACHMANIDE dit notamment : « le châtiment des HASMONEENS eutt précisément pour cause le fait qu’ils voulurent à la fois être rois et prêtres. Certes, sans leur comportement courageux face aux Grecs, la TORAH aurait risqué d’être oubliée. Malgré ce mérite, ils furent punis, puisque quatre des fils du vieux MATHATIAS, malgré tout leur courage et leurs succès, moururent sous les coups d’épée de leurs ennemis, au point que le Talmud, faisant référence à MARIANE que voulut épouser HERODE, après que ce dernier eût exterminé toute la famille des HASMONEENS, nous dit (Baba Bathra 3 b) : « celui qui prétend être descendant des HASMONEENS est en fait un esclave » (comme l’avait d’ailleurs été HERODE). Les HASMONEENS, selon NACHMANIDE, auraient dû se souvenir de ce précepte de la TORAH où il est écrit : « vous veillerez à votre ministère, que vous avez à exercer pour toutes les choses de l’autel et dans l’enceinte du voile....... », et de conclure : "ils n’auraient pas dû régner mais se consacrer au service de D.ieu." (NOMBRES XVIII, 7).



Alain Goldmann
Grand Rabbin




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