Parasha Hanoucca 5769

Chabbath MIKETS - 27 décembre 2008 - 30 Kislev 5769 - Début : 16 h 41 - Sortie : 17 h 53.
publié le mardi 23 décembre 2008
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6ème jour de Hanoukah - 1er jour de Roch-Hodech Lectures de la Torah : 1er Rouleau : Genèse XLI, 1 à XLIV, 17 : JOSEPH, maître de l’EGYPTE. 2ème rouleau : Nombres XXVIII, 9 - 15. 3ème rouleau : Nombres VII, 42 - 47. Haphtara : ZACHARIE II, 14 à IV, 7 : « Non par la force, mais par mon esprit ! »

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Les visions du prophète ZACHARIE. Leurs particularités et leur enseignement pour notre époque.

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Raisons du choix de ce texte.

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Pour un événement tel que celui de HANOUKA, qui s’est produit environ deux siècles après la clôture du canon biblique, les anciens rabbins ayant pour charge de fixer la liturgie eurent entre autres, pour missions, celle de trouver des textes bibliques en rapport avec les lectures hebdomadaires de la Torah. Le choix de celles-ci s’est donc porté sur le passage biblique relatif aux sacrifices offerts par les chefs de tribus, lors de l’inauguration du Tabernacle. (Nombres VII). Chaque jour en effet, durant cette semaine de la fête de Hanoukah, nous lisons un passage tiré du texte relatif à l’inauguration du Tabernacle. Nous savons que lors de celle-ci, les princes d’Israël, au nombre de douze, représentant chacun une des tribus d’Israël, offrirent des sacrifices identiques à partir du premier Nissane, où fut célébré cette inauguration. Le huitième jour de la fête, on termine par citer à partir du huitième d’entre eux, les noms des princes ayant apporté leur contribution, pour parvenir au douzième.

Pour la Haphtara de ce chabbat qui se trouvera être le sixième jour de Hanoukah, on a donc choisi le texte du prophète ZACHARIE décrivant sa vision d’un chandelier (ZACHARIE IV, 2), ce qui était tout à fait en rapport logique avec l’histoire de notre fête.

Il convient d’abord d’expliquer le mot HANOUCCA. Selon l’étymologie, il s’agit d’une inauguration. Laquelle ? La réponse à cette question nous permettra en effet de comprendre le choix de nos textes de Torah et de celui des prophètes pour la période des huit jours de la fête. Le Rav ZEVIN, auteur de l’ouvrage "les fêtes selon la Halacha" examine les interprétations que nous offre la littérature halachique. Après avoir étudié les explications offertes par le Midrash telles que l’expression "ils se sont reposés le 25" = ’HANOU KAH, (ABOUDRAHAM, RAN, TOUR SCHOUL’HAN AROUKH) on peut aussi utiliser la méthode des abréviations suivantes :

’Hèth = huit jours Neroth = les lumières Vehala’ha = et la règle (est comme) Kebeth = la maison Hillel = de Hillel. (une lumière supplémentaire chaque jour, allant de une à huit).

Rav ZEVIN apporte une troisième explication et il écrit ceci :"c’est la plus simple et la plus conforme, à savoir qu’il s’agit de l’inauguration à l’époque des HASMONEENS. La source la plus ancienne relative à cet événement se trouve dans le second livre des MACCABEENS, chapitre 10, versets 5 à 8 : "et le jour où le Temple fut souillé par des étrangers, il fut à nouveau purifié le 25 du mois de Kislev. Ils fêtèrent les huit jours dans la joie comme la fête des Tabernacles en se souvenant que lors de cette fête ils eurent beaucoup à souffrir en se cachant dans des grottes et des cavernes comme des bêtes sauvages. C’est pourquoi ils se présentèrent avec des branches de palmiers, de myrte et des cédrats pour rendre grâce d’avoir été sauvés et d’avoir réussi à purifier le sanctuaire. Avec l’assentiment de tous, on fixa pour l’ensemble du peuple d’Israël cette solennité de Hanouka."

Dans un autre passage du Livre des MACCABEENS, on parle de la fabrication de nouveaux ustensiles, parmi lesquels un chandelier pour le Temple (I Mac. IV, 42-52). De même, dans le Talmud (Avoda Zara 52 b) on nous raconte que les HASMONEENS cachèrent les pierres de l’autel que les Grecs avaient souillées. Un auteur plus tardif, le OR ZAROUAH écrit : "c’est pourquoi, on nomma cette fête HANOUKA à cause de l’inauguration de l’autel qui avait été détruit et reconstruit." A propos d’une michna dans Meguila 30 b, Rachi fait la remarque suivante : "A Hanouka, on reconstruisit l’autel".

Rabbi Jacob EMDEN, (18) s.), dans son ouvrage "MOR OUKETSIA", pour expliquer le choix d’un texte de ZACCHARIE, contemporain du prophète HAGGAI, nous dit, selon Rav ZEVIN (page 155) : "il s’agit de l’inauguration du sanctuaire" selon la prophétie de HAGGAÏ II, 18) : "Observez donc avec soin ce qui va se passer, à dater de ce jour et ultérieurement, à dater de ce jour qui est le vingt-quatrième du neuvième mois, jour où ont été jetés les fondements du sanctuaire de l’Eternel. Oui, prenez-le bien à coeur !"

Et nous savons que dès le lendemain furent à nouveau apportés des sacrifices et que l’on alluma le chandelier, car l’inauguration ne pouvait se faire qu’à partir du crépuscule. C’est notamment de ce texte que certains tirent l’usage de faire chaque soir, un repas de fête,

Nous possédons une autre agada, selon laquelle le service du Temple fut organisé et mis en relation avec ce que firent plus tard les HASMONEENS. C’est ce que nous dit le Yalkout Chimoni sur le Livre des Rois (paragr. 184). Il rapportteun texte de la Pessikta Rabbati, disant : "le Tabernacle fut terminé le 25 Kislev, mais ne fut mis en place et monté que le 1er jour du mois de nissane, ainsi qu’il est écrit : (EXODE XL, 2) : "Le premier mois, le premier jour du mois, tu dresseras le Tabernacle". En raison de ce décalage, les Hébreux murmurèrent contre Moïse, en disant que si le Tabernacle n’a pas été monté immédiatement, c’est sans doute qu’il s’y trouve un défaut. On pense également que D.ieu voulut faire coïncider la joie de la mise en place du Tabernacle avec le mois durant lequel naquit Isaac le patriarche, ainsi qu’il est écrit : (GENESE XVIII, 6) "Pétris et fais un gâteau"

et le verset 10 dans lequel un ange annonça à Sarah qu’elle aurait un enfant. Du coup, le mois de KISLEV se trouvait perdant, et D.ieu le consola en lui disant qu’il serait plus tard le mois durant lequel aurait lieu l’inauguration du Temple.

Selon les Cabbalistes, dont l’opinion est également rapportée par Rav ZEVIN, lorsque l’on allume le chandelier, cette lumière provient de celle qui est cachée et enfouie, à savoir la lumière du Messie. On veut expliquer de la sorte qu’il s’agit par cette fête de HANOUKA de procéder à l’éducation (’HINOUKH) pour la libération à venir du peuple juif.

Enfin pour mieux comprendre les motivations du choix de notre Haphtara pour le Chabbat Hanouka, l’on peut faire un rapprochement entre le texte où le prophète ZACHARIE a la vision d’un chandelier et celui de la Torah. En effet, dans ce dernier, (EXODE XXV, 37), il est écrit :"Tu fabriqueras un chandelier à sept branches".

Ce qui paraît mystérieux quant au chiffre sept, nous est ensuite expliqué dans le passage de ZACHARIE IV, 10, pour signifier que les sept branches désignent la providence divine s’étendant à toute la terre, conformément à une vision annoncée dans le chapitre III, verset 10 de ce même prophète. Je cite : « ces sept-là sont les yeux de l’Eternel qui parcourent toute la terre »

Toutefois, dans notre Haphtara, comme dans de nombreux autres textes, on ne souligne pas uniquement les points de comparaison mais également les dissemblances entre la Torah et les textes prophétiques, pouvant ainsi jusqu’à souligner des formes contradictoires. A l’inverse de la libération réussie grâce aux HASMONEENS, qui fut très active, et dans laquelle fut démontrée la bravoure du peuple juif dans toute sa virulence sur le champ de bataille, la libération de Babylonie quelques siècles plus tôt, fut obtenue comme une sorte de don ; de cadeau. En effet, ce furent des rois étrangers, CYRUS et DARIUS, qui donnèrent l’autorisation au peuple juif de retourner en Terre Sainte pour y reconstruire le Temple, autorisation qui fut par la suite à nouveau remise en cause.

Nous savons que ZEROUBAVEL, chef politique, voulut se révolter contre l’Empire Perse. C’est à ce propos que notre prophète, dans le texte de la Haphtara, utilisa le langage suivant, d’ailleurs bien connu pour être souvent cité et pour figurer notamment sur le frontispice de la Synagogue de la Paix à Strasbourg. En effet, nous lisons dans ZACHARIE IV, 6 : "Ceci est la parole de l’Eternel à ZOROBAVEL : ni par la puissance ni par la force, mais bien par mon esprit ! dit l’Eternel-Cebaot".

A ce sujet, RACHI nous donne un commentaire d’ordre politique en disant : "Je place mon esprit sur DARIUS afin qu’il vous donne l’ordre de construire et qu’il agisse avec les moyens qu’il mettra à votre disposition, de manière à procéder à la reconstruction. Grâce à lui, vous aurez du vin, de l’huile et du bois, sans avoir recours à qui que ce soit d’autre."

Ainsi, de ce passage, nous pouvons constater qu’il existe plusieurs possibilités de délivrance pour le peuple juif. Tantôt c’est D.ieu lui-même qui vient au secours de son peuple, même lorsque celui-ci ne fait rien pour se tirer d’affaire, et tantôt la puissance de D.ieu se manifeste par l’intermédiaire de la force des armées juives, réussissant avec un petit nombre à vaincre des armées plus fortes. (cf. prière de Al Hanissim).

Il me semble utile enfin de donner quelques repères relatifs à cette période la reconstruction du second Temple détruit en 586 av. J.C. par NABUCHODONOSOR Au mois d’août 520 av. J.C., un prophète nommé AGGEE (HAGGAÏ) s’exprimant de la part de D.ieu, mit en demeure les chefs et le peuple de JUDA, d’entreprendre la réédification du Temple. Cela correspondait aux événements politiques du moment. En effet, l’empire perse était en proie à la plus violente agitation. Il y avait alors beaucoup de prétendants au trône central, à la suite de la mort de Cambyse au printemps 522. Les désordres durèrent jusqu’en avril 522.

C’est dans ce contexte que le prophète AGGEE a pu considérer que les heurts qui s’étaient produits entre les nations étaient en quelque sorte un présage de l’écroulement de l’empire perse et de l’ébranlement final de la terre. Il en déduisit le devoir pour les juifs de reconstruire sans tarder le Temple. Devant les lenteurs rencontrées auprès de ses frères, il leur fit des reproches (AGGEE. I, 9). Bientôt, un autre prophète, ZACHARIE joignit ses appels à ceux de AGGEE et dit (I, 3) : "Revenez à moi, et je reviendrai à vous."

Aussi, la première pierre du nouveau Temple fut-elle posée solennellement en décembre 520 (AGGEE II, 18 - ZACHARIE. IV, 9). Le Temple fut achevé en quatre ans et demi (août 520 à mars 515).

Ayant ainsi présenté le contexte historique de cette Haphtara, nous allons à présent faire une analyse plus précise du texte tiré du prophète ZACHARIE. Il me semble utile de rappeler ici que cette même Haphtara est lue le chabbat de la paracha BEHAALOTE’HA. Nous aurons sans doute l’occasion d’y revenir.

Les visions de ZACHARIE : leurs particularités et leur enseignement pour notre époque.

Pour bien nous éclairer sur la différence existant entre les prophètes en général et le plus grand d’entre eux, MOÏSE, nous disposons de deux citations bibliques. Pour les premiers, il est écrit : « Je me manifesterai à lui par une vision » (Nombres XII, 6).

Mais pour MOÏSE il est clairement écrit : « Je lui parle face à face, dans une claire apparition et sans énigme » (Nombres XII, 8)

Dans son commentaire, RACHI souligne ceci en disant : « La Divinité ne se manifeste pas à eux dans un miroir bien poli mais dans un rêve et une vision. » Nous avons des exemples chez AMOS, JEREMIE ou EZECHIEL. Ce dernier nous parle de l’épée (XXI, 10), des ossements desséchés (XXXVII). Mais quand nous examinons les huit visions de ZACHARIE, nous y trouvons quelque chose de particulier, par leur unité interne, nous permettant de comprendre à travers elles, les problèmes de notre époque.

Lorsque nous lisons les six premiers chapitres de ZACHARIE sur les quatorze que nous avons de lui, nous sommes frappés par deux points : 1° Le prophète lui-même décrit son expérience en disant : « L’ange qui conversait avec moi revint : il me réveilla comme un homme qu’on réveillerait de son sommeil » (IV, 1)

Il s’agit donc d’un témoignage sur ses propres sensations, comme s’il s’éveillait d’un profond sommeil, voulant exprimer son émerveillement de ce qui lui a été annoncé dans la visions. 2° Nulle part ailleurs que chez ZACHARIE nous ne trouvons l’expression particulière « l’ange qui parlait avec moi » (I, 9 - II, 2 et 7 - IV, 1, 5 et 10 - VI, 4). Les explications permettant de comprendre les différences le séparant des autre prophètes sont nombreuses. RACHI souligne le fait que les visions de ZACHARIE sont énigmatiques et difficiles à expliquer.

Elles ont cependant l’avantage de présenter une unité, chacune d’entre elles complétant l’autre, et elles vont toujours par deux. Voyons donc cet ensemble : 1)Vision des chevaux (I, 7 et 17). 2)Vision des cornes et les quatre forgerons (II, 1 - 4) 3)Vision de l’arpenteur tenant son cordeau (II 5- 17) 4)Vision des habits souillés et leur remplacement par des vêtements de prix (III, 1-10) 5)Vision du candélabredevant le Grand-Prêtre (IV, 1-14) 6)Vision du rouleau volant (V, 1-4) 7)Vision de l’EPHA (mesure - V, 5-11) 8)Vision des quatre chars (VI, 1-8). Ces huit visions sont réparties en quatre groupes. La première et la dernière exprime la même idée du rapport des peuples envers ISRAËL et celui de D.ieu aux nations. Le second groupe concerne les visions 2 et 3 et traite du châtiment des nations et de la renaissance de la capitale et de son extension. Les visions 4 et 5 s’adressent aux dirigeants des peuples. Enfin, les visions 6 et 7, la situations morale du peuple et la punition qui résultera pour son inconduite.

GROUPE UN : Il s’agit des visions 1 et 8. Dans la première (I, 8 - 11), il voit quatre chevaux. Ce nombre quatre apparaît également au chapitre II, versets 1 à 3 au chapitre VI, verset 1. Dans la huitième vision, le texte dit clairement VI, 5) : « L’ange me répondit : ce sont les quatre vents du ciel qui sortent, après s’être présentés devant le Maître de toute la terre. » Dans la quatrième vision (II, 10) nous retrouvons également l’image des quatre vents du ciel : « Hola ! Hola ! Fuyez du pays du Nord, dit l’Eternel, car comme aux quatre vents du ciel, je vous ai dispersés , dit l’Eternel ».

Nous pouvons ainsi comprendre que l’exemple des chevaux, symbole de vitesse (Jérémie IV, 13 et Habacuc I, 8) est utilisé ici pour décrire la situation, afin que l’on rende compte à « l’homme » (Zach. I, 8) appelé « ange (I, 11). Sur Zacharie I, 9, IBN EZRA nous explique ceci : « Les chevaux sont envoyés par D.ieu pour parcourir la terre comme le Satan de JOB qui était lui aussi un messager ». Que devaient faire ces chevaux ? Ils étaient chargés de dire : « Nous avons parcouru la terre, et voilà que toute la terre est tranquille et paisible. » On serait en droit de prétendre que la situation est totalement idéale. Maos la vision se poursuit en disant qu’après ce compte-rendu, l’ange prie en faveur d’ISRAËL en disant : « jusqu’à quand seras-tu sans pitié pour JERUSALEM et les villes de JUDA, contre lesquelles tu t’es irrité, voilà soixante-dix ans ? (I, 2)

Mais à la réponse formulée précédemment, selon laquelle la terre était tranquille et paisible, le prophète est chargé d’annoncer que D.ieu en veut à tous ces peuples qui vivent si paisibles, en coopérant à la ruine, alors qu’Il n’était que légèrement irrité. (I, 15). La vision et son interprétation nous indiquent que D.ieu, qui utilise pourtant les nations pour frapper ISRAËL, leur en veut, car elles son paisibles, et ne font rien pour aider à la délivrance d’ISRAËL. Nous retrouvons une situation analogue dans la huitième vision (VI, 1), dans laquelle, au lieu de nous parler des quatre sortes de chevaux, il est question de quatre chars partant dans des directions différentes (VI, 8). Il y a là une allusion à CYRUS et DARIUS, puisqu’il est question de BABEL, le Nord, à qui il est reproché de n’avoir pas suffisamment aidé ISRAËL à se réinstaller sur sa terre. Nous voyons ainsi que si dans la première vision, D.ieu blâmait la situation trop paisible des peuples, ne se souciant pas trop d’ISRAËL, dans la huitième par contre, ces nations vont davantage contribuer à la restauration d’ISRAËL sur sa terre.

GROUPE II : Il concerne les visions 2 et 3. On nous y montre d’une part, le châtiment qui frappera toutes les nations, et d’autre part, le secours nettement énoncé en faveur d’ISRAËL.C’est dans ces deux passages que sont clairement énoncées les idées contenues dans les passages que nous allons citer. D’une part, dans le chapitre II, versets 1 à 4, il est question de cornes et de forgerons, venus terrifier les habitants du pays, indifférents au sort du peuple juif. (verset 4). Mais après nous avoir relaté le châtiment destiné aux nations, la troisième vision par sa réponse, veut nous montrer le calme et la sécurité régnant dans le pays et dans sa capitale, JERUSALEM, et nous offre l’image de l’arpenteur qui indiquera des dimensions de plus en plus larges (v. 5). Comme pour montrer que la ville n’a nul besoin de murailles et que D.ieu est son unique protecteur, le prophète annonce : « JERUSALEM sera habitée à l’état de ville ouverte een raison de la multitude d’hommes et de bêtes qui s’y trouveront » (II, 8). D.ieu sera pour son peuple une muraille de feu (II, 9). Disons au passage, que cette idée a été formulée dans la AMIDA de l’après-midi du 9 Ab, dans la prière intercalaire de « NA’HEM - console). Dans cette dernière partie, nous trouvons déjà une idée consolatrice formulée par le prophète, selon laquelle les nations elles-mêmes viendront un jour aider ISRAËL.

GROUPE TROIS : (VISIONS 4 et 5) : nous y trouvons les problèmes politiques complexes que se posaient les dirigeants de l’époque. Il s’agit en fait du pouvoir à l ‘époque du second Temple. L’autorisation de retourner dans la patrie ancestrale fut donnée par CYRUS, sans pour autant aller jusqu’à l’indépendance politique. MAÏMONIDE, dans son commentaire sur la Mishna de MIDOTH ( chapitre I, Mishna 3, nous dit ceci : « Sur la troisième porte, devait être représentée la capitale SUSE, de manière à toujours faire sentir l’autorité de l’Empereur, et rappeler ainsi aux juifs qu’ils n’avaient pas à se révolter contre lui. En raison des liens politiques existante entre la Terre Sainte et le pouvoir de BABYLONE, le prestige de la prêtrise en fut rehaussé. »

Le Grand-Prêtre était donc considéré comme le représentant des habitants du pays, par rapport au pouvoir central. Il en résultait que très souvent les Grand-Prêtres n’étaient pas toujours dignes de leur charge et n’avaient pas nécessairement les connaissances requises ‘YOMA - chapitre I, Mishna 6). C’est notamment dans le texte de notre Haphtara, que l’on verra la figure du Grand-Prêtre JOSUE, comme s’il apparaissait devant un tribunal en situation d’accusé. Nous le voyons revêtu de vêtements souillés. Selon SANHEDRIN 93 a, ils représentent les enfants de ce personnage ayant contracté des unions illicites. C’est en fait la mauvaise conduite générale qui est ainsi mise en cause. Ce qui paraît plus difficile à comprendre, c’est la vision du CANDELABRE rapportée au chef politique ZOROBAVEL (IV, 2 et 3). On nous y fournit l’explication relatives aux deux oliviers en liaison avec la vision du candélabre. Celui-ci est construit par des mais humaines. L’olivier fournissant l’huile destinée à l’éclairer, pousse très loin. Pourtant, tout se tient. En effet, la réponse nous est fournie par les versets bien connus et célèbres : « non par la force, ni par la puissance mais par mon esprit, dit l’Eternel. » Sur ce texte, RACHI vient nous dire que de même que l’olivier pousse tout seul, sans le concours de l’homme, (car il nécessite peu d’eau), de même, le Temple ne pourra être reconstruit que par l’intervention de D.ieu auprès de CYRUS et DARIUS, sans avoir à utiliser la force. Ce discours fut adressé à ZOROBAVEL, pour lui montrer les limites de son pouvoir.

Cela revient à dire qu’en général, comme le souligne RACHI, les hommes font beaucoup d’efforts pour leur réussite personnelle, mais qu’en fin de compte, tout est dépendant de la volonté divine. Par cette vision dans laquelle il est question de deux oliviers alimentant directement le candélabre, on veut nous enseigner que les deux pouvoirs, politiques = ZOROBAVEL et religieux = Grand-Prêtres sont indissolublement liés, et c’est à ce prix que le Temple pourra être reconstruit, d’où l’expression de joie de la fin de notre Haphtara :

« qu’elle est belle ! qu’elle est belle !

GROUPE QUATRE : Le prophète est ici introduit dans l’univers messianique (III, 8) : « oui, certes, je vais faire apparaître mon serviteur, le Rejeton » (allusion à ISAÏE IV, 2 - JEREMIE XXIII, XXXIII, 15). Le rouleau volant dont il est question comporte les noms de tous ceux qui ont fauté et qui devront rendre des comptes à la fin des temps. Il indique entre autres que ceux-là n’auront pas leur place en Terre Sainte.

Le Talmud MEGUILA 14 a nous enseigne que « les prophéties utiles pour les générations à venir ont été écrites textuellement, celles qui ne sont pas utiles, n’ont pas été écrites.

Les époques ne se ressemblent pas toujours et les générations ne comprennent pas toujours la véracité de nombreuses prophétie. Mais il semble que l’on puisse trouver quelque peu matière à réflexion dans les prophéties de ZACHARIE. Notre époque n’est pas si différente de la sienne. Comme autrefois, une grande partie de l’existence de notre peuple est tributaire de l’existence du monde nenvironnant. La plupart des nations sont indifférentes, voire hostiles à notre sort. Pour qu’il y ait une existence nationale en Terre d’IsRAËL, il faut seulement compter sur la protection divine, seule capable d’élever une muraille de feu.

Une conduite conforme à l’esprit de la Torah doit inspirer la politique que mènent les dirigeants. Elle doit être fondée sur une volonté de paix entre tous. C’est la condition nécessaire pour une existence nationale normale. Les deux dernières visions nous invitent surtout à lutter contre toutes les perversions morales. Elles nous suggèrent de nous inspirer de cette devise du prophète : « Parlez loyalement l’un à l’autre, rendez des sentences de vérité et de paix dans vos portes ! Ne méditez dans votre cœur aucune méchanceté l’un contre l’autre, n’aimez pas le faux serment, car toutes ces choses, je les hais, dit l’Eternel................ « Chérissez la vérité et la paix » (Zacharie VIII, 16 et 19.



Alain Goldmann
Grand Rabbin




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