« Légiférer n’est pas légitimer... »

BILLET DU 7 DECEMBRE 2008
publié le dimanche 7 décembre 2008
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Bonjour,

La mission d’évaluation de la loi sur la fin de vie, présidée par le député Jean Leonetti a rejeté toute légalisation de l’aide active à mourir, même pour des malades incurables et dans la souffrance qui réclament la mort. Finie donc l’idée de l’instauration d’exception d’euthanasie en France.

On le sait, le Président Sarkozy a fait de la considération des soins palliatifs un objectif majeur de son mandat. Il n’en reste pas moins qu’il existe beaucoup de confusion sur les sujets relatifs à la fin de vie. Les soins palliatifs ne peuvent être comparés à un acte d’euthanasie. Cette dernière ne s’exprimant que de deux façons : le suicide assisté, médicalement s’entend, et le « geste actif » qui va conduire un patient vers la mort. Toute la question repose autour de ce « geste actif ».

Pour ce qui concerne les soins palliatifs, c’est à dire des soins qui ne sont pas curatifs mais qui visent à prendre en charge la douleur, ils sont vastes. Cela va de l’administration d’un simple antalgique jusqu’à la sédation. Dans tous les cas, il s’agit bien de renoncer à un traitement curatif et de faire un choix thérapeutique qui consiste à accompagner vers la mort quelqu’un en souffrance. Cela existe en France et chaque hôpital est doté soit, exceptionnellement, d’une unité de soins palliatifs soit d’une unité mobile. Mais chaque patient a le droit d’avoir un médecin, lorsqu’il est à l’hôpital, référent en soins palliatifs. C’est une grande avancée qui était inenvisageable il y a encore quelques années.

Alors si des cas, comme celui de Chantal Sébire, ont pu émouvoir la France, il est toujours mauvais de légiférer sous le coup de l’émotion. Qu’attendent certains du législateur ? Qu’il autorise l’acte qui permettra de mettre un terme à une vie ? Une société qui aurait le droit de mort sur un individu serait criminelle. Il y a ceux qui considèrent que la sédation n’est pas une réponse à la dignité qui prévaut en fin de vie. Peut-être, et cela n’empêchera pas que l’on considère chaque individu au cas par cas plutôt que de légiférer d’une façon globale. La mission Leonetti prône à cet égard la liberté de jugement et la clémence des magistrats en matière pénale lorsqu’un cas comme celui de Chantal Sébire se présente. En clair, des situations insoutenables sauront être entendues par la justice, nul besoin de généraliser une pratique qui doit rester exceptionnelle même s’il n’est pas un jour sans qu’un patient soit « débranché » ou aidé à en finir avec ses souffrances. Ca se passe en France dans la discrétion et l’intimité d’un médecin et de son patient. On peut comprendre le lien particulier qui existe entre un médecin et son patient. Ce lien est sacré lorsque la compassion se substitue à des actes médicaux qui n’ont plus aucune efficacité. Certains jugeront la pratique hypocrite, d’autres...humaine.

Shavouah tov, bonne semaine à tous et à dimanche prochain.



David Levy
webmaster




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