Parasha Toledoth 5769

Chabbath 8 Novembre 2008 -
publié le mardi 4 novembre 2008
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La discussion (disputation), une des formes de la rhétorique del’Ecriture (Composition du Livre de Malachie) Malachie I, 1 à II, 7 ROLE DU PRETRE TORAH : XXV, 19 - XXVIII, 9

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RESUME :

Notre passage traite deux sujets différents : 1) l’amour de D.ieu pour Israël dans la construction du pays. 2) le mépris envers les sacrifices à l’époque du second Temple. I. 1 : L’adresse et l’identité : "Enoncé de la parole de l’Eternel adressée à Israël par l’intermédiaire de Malachie. I, 2 - 5 : L’amour de D.ieu pour JACOB et sa haine envers ESAU. I. 6-14 : Le mépris de l’autel de D.ieu. II, 1-3 : Le châtiment. II, 4-7 : L’alliance avec la tribu de Lévi.

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Relation entre la Paracha et la Haphtara

Il convient d’abord de rechercher les expressions semblables et les sujets communs. La Paracha nous relate l’histoire des deux frères ESAU et JACOB, elle nous parle d’amour et de haine. De même la Haphtara débute par les mots (I, 2) : "Esaü n’est-il pas le frère de Jacob" ? alors que dans la paracha il est écrit : (Gen. XXV, 28) : "Isaac préférait Esaü car celui-ci lui apportait du gibier, tandis que Rebecca aimait Jacob." On nous relate ensuite la haine d’Esaü pour Jacob à cause de la bénédiction que ce dernier avait obtenue de leur père (Gen. XXVII, 41). Autre parallélisme : Dans la Haphtara il est dit : I, 2 : "Le fils honore son père" Il s’agit d’Esaü qui honore son père en le servant et cherche à combler ses désirs. Dans le texte de la Torah, Esaü répète à trois reprises l’expression "mon père" (XXVII, 31) - (XXVII, 38) - (XXVIII, 8-9). Esaü respecte également sa mère, puisque le texte nous dit en passant (XXVII, 15) : " Rébecca prit les plus beaux vêtements d’Esaü, son fils aîné, lesquels étaient sous main dans la maison (il les lui avait confiés). RACHBAM explique l’expression les plus beaux en disant qu’Esaü avait autant de respect pour sa mère que pour son père, car c’est avec de beaux vêtements qu’Esaü avait l’habitude de venir servir son père.au moment des repas. Mais malgré les expressions et les phrases qui peuvent se ressembler, la Haphtara diffère de la Paracha sur deux parties essentielles. Tout d’abord, Esaü et Jacob dont il est question, sont enfants uniques en leur genre, chacun avec ses défauts ou ses qualités. Et la Torah s’efforce de montrer le côté positif d’Esaü. Elle continuera de le faire dans la section Vayischla’h, lorsque les deux frères se retrouvent après de nombreuses années. Jacob est effrayé et craint une vengeance de la part d’Esaü, alors que ce dernier se comporte en l’occurence comme un vrai frère (cf. Genèse XXXIII, 4), où il est écrit : "Esaü courut à sa rencontre, l’embrassa, se jeta à son cou et l’embrassa, et ils pleurèrent." Rachi fait la remarque suivante : "Rabbi Chimone bar Yo’haï affirme : c’est une règle (HALA’HA) : Esaü hait Jacob, mais dans le cas présent, il fut remué et il l’a embrassé de tout coeur." Il est possible que par rapport à ce texte, notre Haphtara utilise les noms de ces deux frères comme prototypes, JACOB représentant le peuple choisi par D.ieu d’une part et ESAU représentant le monde des idoles, s’opposant à D.ieu et refusant d’accepter le joug divin d’autre part. Par ailleurs, nous constatons l’amour et la haine, ou l’absence d’amour, la complication tragique qui en résulte, et dont parle la Paracha. S’agit-il là de sentiments et de relations chaleureux entre êtres humains quand on voit l’excès d’amour de la mère pour l’un de ses fils, la haine d’un frère s’estimant trahi par l’autre ? Si l’on prend en compte la haine et l’amour décrits dans la Haphtara, il n’est plus question de sentiments entre humains mais de ceux que peut témoigner la Providence divine. Ceux-ci sont d’une toute autre qualité et dimension. L’amour témoigné par D.ieu ne peut donc concerner qu’un être qu’Il aime parce qu’il est digne de cet amour, tandis que la haine envers un mauvais sujet conduira à son châtiment. En conséquence, quelle est la relation entre nos deux textes ? L’amour et la haine sont placés dans deux sphères différentes, d’un côté, au foyer des patriarches, on nous présente des êtres humains avec leurs faiblesses, et de l’autre, dans une sphère supérieure, D.ieu récompense les uns en fixant la destinée d’Israël et en punissant les autres, à savoir Esaü. Nous trouvons également un autre aspect semblable et dissemblable entre la Haphtara et la Paracha. Dans les deux textes, il est question de dispute et de dialogue d’une coloration précise. Dans la Paracha, il y a les différents dialogues, celui d’Isaac avec Esaü, ensuite les paroles que Rebecca adresse à Jacob et sa réponse, la conversation entre Isaac et Jacob recouvert des vêtements d’Esaû et enfin entre Isaac et Esaü. Que de conversations prises sur le vif au caractère dramatique ! De la même façon, dans notre Haphtara, nous voyons comment le prophète a choisi une méthode particulière pour lancer son message et son admonestation, par la DISPUTE. Dans ce texte, nous trouvons surtout une forme de rhétorique dont les prophètes se servent de temps à autres.

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La "dispute" , une des formes de la sentence dans l’Ecriture. (construction du Livre de Malachie)

Nous allons ici tenter d’expliquer de quelle manière la Bible se sert de la forme de la dispute comme moyen d’expression littéraire, qui constitue précisément la trame du Livre de Malachie. Nous verrons peut-être si c’est son époque qui voulait celà et si cela était lié à sa personnalité.

Nous trouvons le même principe dans d’autres livres prophétiques. Ainsi, dans le Cantique de la Mer Rouge, le texte bien qu’il ne s’agisse par à proprement parler d’une forme de dispute, nous rapporte cependant les paroles des ennemis, leurs pensées au moment d’être engloutis dans les flots, et face à cela la réaction de D.ieu et la description de son action contre eux. Que lisons-nous en effet dans Exode XV, 9-l0 ? "Il disait, l’ennemi, : « Courons, atteignons ! partageons le butin ! que mon âme s’en repaisse ! tirons l’épée, que ma main les extermine :.. » Comme s’il ne convenait pas que D.ieu réplique lui-même, c’est Moïse qui intervient, et s ’adressant à D.ieu dit : « toi, tu as soufflé, l’océan les a engloutis : ils se sont abîmés comme le plomb au sein des eaux puissantes."

De même, dans le Cantique de Moïse, à la fin du Deutéronome, nous voyons la relation entre l’argument et la réponse. On nous y rapporte les paroles des nations qui maltraitent Israël ainsi que la réponse qui leur est donnée. Nous lisons d’abord (Deut. XXXII, 37 : "Alors il dira : où sont leurs dieux, ces rocs tutélaires ?" et D.ieu répond (v. 39) : "Reconnaissez maintenant que c’est Moi, qui suis D.ieu, moi seul, et nul à côté de moi ! Que seul je fais mourir et vivre, je blesse et je guéris, et qu’on ne peut rien soustraire à ma puissance". Dans le Cantique de Deborah (Juges V, 7), existe une sorte de dialogue forgé par la poétesse (Deborah. Il se peut que pour s’opposer à la mère de Sisera (général en chef des Philistins), que l’auteur de notre texte (Haphtara de Bechala’h), se soit posée comme étant une "mère en Israël" (v. 7). Le texte nous relate surtout les inquiétudes de la mère de Sisara. Il nous rapporte ceci (v. 28-30) : "Elle a regardé par la fenêtre, la mère de Sisara ; à travers le grillage elle a jeté sa plainte : "Pourquoi son char tarde-t-il à paraître ? Qui retient donc la course de ses chariots ? " Ses sages compagnes la rassurent ; elle-même trouve réponse à ses plaintes : "Sans doute ils enlèvent, ils partagent le butin ; une jeune fille, deux jeunes filles par guerrier : pour Sisara, les étoffes richement teintes, la dépouille de broderies éclatantes, des broderies doubles qui brillent au cou des captives." Tout ceci veut nous montre l’ambiance dépravée de cette époque, dans la cours des ennemis, et c’est donc une sorte d’admonestation indirecte qui doit guider le peuple juif dans son comportement.

Il arrive parfois que le prophète veuille faire une mise en scène avec ses paroles comme si nous nous trouvions dans une salle de tribunal. D.ieu ou son prophètes apparaît alors comme un accusateur et Israël ou les nations jouent le rôle d’accusés. C’est ainsi que nous trouvons chez Isaïe (I, 18), le passage suivant : "Oh ! venez, réconcilions-nous, dit l’Eternel ! vos péchés fussent-ils comme le cramoisi, ils peuvent devenir blancs comme neige ; rouge comme la pourpre, ils deviendront comme la laine." RACHI explique l’expression "Oh ! venez" comme voulant dire "Vous et moi" et nous saurons qui doit se plaindre de l’autre, car si vous avez à vous plaindre de moi, je vous donnerai encore une chance de faire pénitence". Nous trouvons cependant au chapitre XLI, v. 1, de ce prophète, une invitation lancée aux nations à venir en justice. Et ensuite verset 21 : "Présentez votre cause, dit l’Eternel, produisez vos arguments, dit le Roi de Jacob".(vos arguments forts selon RADAK). Mais il existe également chez Isaïe une autre forme de jugement par laquelle le peuple se sent assuré de son bon droit face aux nations. En voici un exemple : "Celui qui défend mon droit est proche, qui osera plaider contre moi ? comparaissons ensemble : qui est ma partie adverse ? qu’elle s’avance contre moi ! (L, 8). Nous trouvons chez le prophète Michée un passage particulièrement marquant relatif à l’accusation dont fait l’objet le peuple d’Israël de la part de D.ieu. Voici ce passage : "Ecoutez donc ce que dit le Seigneur : Lève-toi, plaide (ma cause) devant les montagnes, que les collines entendent ta voix ! Montagnes, écoutez le litige du Seigneur, et vous géants, fondements de la terre ! car l’Eternel est en discussion avec Israël : O mon peuple ! que t’ai-je fait ? Comment te suis-je devenu à charge ? expose (tes griefs) contre moi". (VI, 1-3). La discussion se poursuit, comme si Israël posait la question (VI, 6-7) : "Mais quel hommage offrirai-je au Seigneur ? Comment montrerai-je ma soumission au D.ieu suprême ? me présenterai-je devant lui avec des holocaustes, avec des veaux âgés d’un an ? Le Seigneur prendrait-il plaisir à des hécatombes de béliers, à des torrents d’huile par myriades ? Donnerai-je mon premier-né pour ma faute, le fruit de mes entrailles comme rançon expiatoire de ma vie ?" Et le prophète donne la réponse de D.ieu, dont les significations sont nombreuses. Il dit (VI, 8) : Homme, on t’a dit ce qui est bien, ce que le Seigneur demande de toi : rien que de pratiquer la justice, d’aimer la bonté et de marcher humblement avec ton D.ieu ! "

Comme une sorte de lance nous apparaît la manière par laquelle les prophètes s’attaquent aux idées fausses. Il nous suffit de prendre un seul exemple. En effet, pour avoir une image, les habitants de Jérusalem pensaient que leur ville était comme un chaudron très fort et qu’eux-mêmes, semblables à de la viande, seraient épargnés et ne partiraient pas en exil. Sur une telle fausse idée, le prophète Ezechiel (XI, 2-7 et 11) leur en fait le reproche et leur déclare ensuite (v. 11) : Elle ne sera pas pour vous un pot où vous serez la viande (vous ne serez pas protégés) ; sur le territoire d’Israël je vous jugerai."

Mais comme nous l’avons prévu dès le début, s’il est une oeuvre prophétique pouvant démontrer de façon claire la méthode de la harangue, de la dispute, c’est bien dans le dernier des livres prophétiques, celui de Malachie que nous la trouvons. Il se situe au début de la période du second temple. Il se compose de six parties ou thèmes. 1° Il traite de la relation entre D.ieu et Jacob d’une part, et les nations d’autre part. Il pose la question de savoir pour quelle raison nous sommes dans une situation si précaire, alors que nous sommes le peuple choisi par D.ieu. La réponse est la suivante : C’est plutôt Esaü, malgré son apparente force qui est en état de faiblesse, alors que nous, bien que plus faibles actuellement, nous triompherons. Le prophète parlant au nom de D.ieu s’écrie "Je vous ai pris en affection." Et sur un ton désespéré, Israël réplique : "en quoi nous as-tu témoigné ton amour ?" Comme pour mieux consoler le peuple juif, le prophète décrit la manière par laquelle D.ieu interviendra dans l’histoire pour que le sort futur d’Israël soit amélioré. 2° I. 6 à II, 9 : Il met en cause la manière dédaigneuse et méprisante par laquelle on s’occupe des sacrifices. Malachie condamne également les mauvaises actions des prêtres. Utilisant l’expression "vous dites" qu’il met dans la bouche des prêtres, le prophète leur reproche d’apporter des sacrifices impropres et inaptes à cet usage. 3° II, 10-16 : nous trouvons d’abord une question de forme rhétorique et la mise en garde sévère contre les mariages avec des femmes étrangères et l’abandon de femmes juives. Nous lisons à cet effet : "N’avons-nous pas un seul père ? N’est-ce pas un seul D.ieu, qui nous a créés ? Pourquoi commettrions-nous une trahison l’un contre l’autre, de façon à déshonorer l’alliance de nos pères ? Judah a trahi, une abomination s’est perpétrée en Israël et à Jérusalem ; oui, Judah a profané ce qui est sacré devant l’Eternel, ce qui lui est cher : il a épousé la fille d’un dieu étranger. En parlant d’un D.ieu commun à toute l’humanité, le prophète souligne une idée constante dans le Judaïsme, celle de l’universalisme, mais en même temps il veut mettre l’accent sur la nécessaire solidarité qui doit unir tous les membres du peuple juif. mais pour dénoncer les sacrifices impurs qu’offrent les juifs, le prophète met l’accent sur ceux offerts par les nations et qui sont mieux acceptées, car elles veulent honorer le D.ieu de l’humanité. Il dit à cet égard : "Certes ! du levant du soleil à son couchant, mon nom est glorifié parmi les peuples : en tous lieux, on me présente de l’encens, des sacrifices, de pures offrandes,car mon nom est grand parmi les peuples, dit l’Eternel-Cebaot". 4° II, 17 à III, 6 : Ce passage débute à nouveau par un argument très sévère mais obscur en disant : "Vous excédez l’Eternel par vos discours, et vous demandez : par quoi t’excédons-nous ?, à la suite de quoi le prophète fait remarquer que ceux qui mettent en cause la justice divine dans la marche du monde, commettent une faute grave. Il leur annonce ensuite une amélioration de la situation. 5° III, 7-12 : la harangue change de ton. Cette fois-ci, nous assistons à une autre forme d’interrogation plus directe. Le prophète déclare : "Dès le temps de vos ancêtres, vous avez dévié de mes lois et n’en avez tenu compte. Revenez à moi, et je reviendrai à vous." A la question, comment revenir ? le prophète donne la réponse : "Apportez toutes les dîmes dans le lieu du dépôt, pour qu’il y ait des provisions dans ma maison, et attendez-moi à cette épreuve." (v. 10). 6° III, 13-21 : ce passage revient sur la quatrième partie de ce commentaire sur Malachie. Il concerne la notion de rétribution. A la question : "vous dites, c’est une chose vaine de servir D.ieu, que gagnons-nous à à observer son culte et à cheminer tristement dans la crainte de l’Eternel-Cebaot ? Et à présent, nous estimons heureux les impies, vraiment ils sont solidement établis, ceux qui font le mal." Face à ceux qui tiennent un tel langage aigri, nous savons qu’il y eût ceux que le texte qualifie de "craignant D.ieu". Ceux-là seront moins nombreux, mais triompheront à la fin du compte. Le texte poursuit en disant : "Cependant les adorateurs de l’Eternel s’exhortèrent mutuellement : l’Eternel écouta et entendit, et un registre du souvenir fut dressé devant lui en faveur de ceux qui craignent l’Eternel et qui respectent son Nom. (v. 16). Et il les rassure en disant : "Car le voici venir le jour, brûlant comme une fournaise ; impies et ouvriers d’iniquité seront tous comme du chaume, et ce jour qui vient va les consumer........" Avec ce dernier prophète, nous avons également la transition entre la loi écrite et la loi orale. Nous savons que durant le premier Temple, le peuple s’était très souvent laissé entraîné vers les idoles et les faux dieux. Le cercle des fidèles était donc restreint. La Loi orale était préservée par les prophètes et leurs disciples, ainsi que nous le lisons dans le Traité des Pères, Chapitre I, Michna I : "Moïse a reçu la Torah au Mont Sinaï, l’a transmise à Josué, celui-ci aux Anciens et les Anciens aux Prophètes. Cette transmission s’était faite de façon orale. Mais après la destruction du second temple, la situation a changé en s’améliorant. En effet, aussi bien chez les prophètes HAGAI, ZACHARIE et MALACHIE d’une part, et dans les textes laissés par EZRA et NEHEMIE, il n’est plus alors fait mention d’idolâtrie Et si la Torah (Deut. VII, 3-4) met en garde contre les unions ionterdites de crainte que l’on soit entraîné vers l’idolâtrie, beaucoup plus tard, Nehemie craint surtout une atteinte à la pureté de la langue hébraïque. Il dit : "En ces temps-là, aussi, je vis les Judéens qui avaient épousé des femmes d’Asdod, d’Ammon et de Moab. La moitié de leurs enfants parlaient la langue d’Asdod ; ils ne savaient point parler le judéen, mais se servaient de l’idiome de tel ou tel autre peuple.

Il est intéressant de noter que c’est à cette époque que sont posées certaines questions qu’il fallait résoudre, que l’on pose à partir de la disapora en Babylonie. Prenons l’exemple des jours de jeûne à observer après la destruction du Temple, alors que le second a été restauré. Zacharie (VII et VIII) pose la question et donne ses recommandations. L’obligation d’expliquer la Torah au peuple remonte à cette époque. C’est donc en rapport avec l’ambiance de l’époque que le prophète Malachie cherche à influencer son auditoire, en se servant de l’imprécation comme nous l’avons à différentes reprises dans notre étude.

Ce prophète est le dernier de tous les autres. Nous comprenons donc, que pour clore la longue liste des prophètes ayant débuté avec SAMUEL, Malachie trouve nécessaire de lancer la phrase suivante : "Souvenez-vous de la Loi de Moïse, mon serviteur, à qui j’ai signifié, sur le Horeb, des statuts et des ordonnances pour tout Israël." (III, 22). Aussi, veut-il conclure par une expression très forte et qui soit en même temps remplie d’espérance, en disant : "Or je vous enverrai Elie, le prophète, avant qu’arrive le jour de l’Eterneel, jour grand et redoutable.’’ (III, 23).

Après cette étude portant sur l’admonestation, la mise en garde chez les prophètes, permettant de mieux comprendre la manière dont ils entendaient efficacement agir pour redresser le peuple défaillant, nous pourrons alors mieux expliquer le sens de cette phrase du Talmud disant (Baba Bathra 12 a) : "Le Savant est supérieur au Prophète". C’est lui en effet, depuis la fin de l’époque des prophètes, qui assume la charge d’enseigner au peuple la conduite à tenir.



Alain Goldmann
Grand Rabbin




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