Parasha Haazinou 5769

Chabbath 11 octobre 2008 - 12 Tichri 5769 - Début :18 h 52 — Fin : 19 h 55
publié le mercredi 8 octobre 2008
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Lecture de la Torah : Deutéronome XXXII : Chant d’adieu de MOÏSE HAPHTARA : II Samuel XXII : Le Cantique de DAVID

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Commentaires sur la Torah :

Nous venons de célébrer la solennité de KIPPOUR, point culminant de l’année religieuse. Durant cette longue journée consacrée au repentir et au jeûne, nous avons demandé à D.ieu et aux hommes de nous accorder leur pardon, après avoir préalablement procédé à un sérieux examen de notre conscience. Aussi, le texte de notre Sidra n’en prend-il que plus d’importance. En effet, aucun autre passage de la Torah n’est aussi riche en visions claires de l’avenir, aucun autre n’atteint la grandeur se dégageant du dernier discours de MOISE. Il ne s’adressait pas seulement à ISRAEL. Bien plus, il prenait à témoin toute la nature, à commencer par les cieux et la terre. Ce genre de témoignage ne manque pas de nous surprendre. Divers commentateurs ont tenu à s’en faire l’écho.

RACHI, pour sa part, fait dire à MOISE que seuls les éléments de la nature tels que le ciel et la terre pourraient témoigner de la fidélité ou non d’ISRAEL, dans le cas où celui-ci nierait avoir reçu la Torah lui indiquant la nature des devoirs qui le concernent. En effet, la terre et le ciel étant par définition destinés à exister éternellement, constitueraient invariablement des témoins à charge ne devant jamais disparaître. Certes, le rôle de ces témoins, comme en général celui de tous les témoins, consiste à la fois à témoigner et à rester passifs. Ce rôle est pourtant redoutable. En effet, du fait même de leur présence permanente dans la nature, ils peuvent sans cesse proclamer la souveraineté de D.ieu. Si ISRAEL, en cas de désobéissance aux lois divines, refusait de reconnaître ses fautes, les éléments de la nature viendraient alors le rappeler à l’ordre pour sa conduite insensée, en témoignant contre lui..

C’est pourquoi, MOISE, à la fin de notre texte, tient essentiellement à nous recommander avec insistance le respect de la Loi. Le destin d’ISRAEL en dépend. Car, « cette Loi n’est pas une parole indifférente, c’est votre existence même ». (Deutéronome XXXII, 47). Nous avons beau nous interroger sur la raison de certaines prescriptions religieuses, principalement lorsqu’elles semblent nous gêner dans notre vie quotidienne, malgré tout, par définition, nous sommes incapables de juger de l’importance d’une Loi que nos ancêtres ont acceptée et nous ont transmise. Si nous estimons que nos difficultés sont différentes des leurs, rien n’est pourtant comparable. C’est davantage au mode de vie actuel toujours plus stressant et harassant, que nous devons imputer le caractère parfois en apparence incompatible entre une vie spirituelle et une vie généralement motivée par de pures raisons matérialistes.

Il est donc impensable de croire que D.ieu, en nous donnant Sa Loi, ait cherché en même temps à nous compliquer l’existence, bien au contraire. Il nous faut être persuadés que cette Loi, quoique l’on en pense, est avant tout destinée à notre bonheur. Elle émane de la bonté divine. Toutes ses prescriptions ne visent en fait qu’à nous guider dans une vie aussi harmonieuse que possible, pleine de santé, physique et morale.

En nous écartant parfois de la route qui nous est tracée, nous risquons de causer notre propre perte. Aussi, notre Sidra prend elle une importance particulière. Elle est précisément lue cette année quelques jours après la grande solennité de Kippour. Nous savons bien qu’en ce jour exceptionnel, nous étions invités à nous régénérer, non en nous contentant de nous mortifier et de nous répandre en gémissements, mais en essayant de rétablir la vérité suprême un instant bafouée, que notre inconduite a pu compromettre. Ce n’est que dans la mesure où nous aurons décidé sincèrement d’améliorer notre conduite par l’accomplissement des commandements divins, que nous nous rapprocherons davantage de D.ieu. Nous rendrons ainsi hommage à Sa souveraineté, de même que les cieux et la terre attestent de Sa toute-puissance, depuis le moment où ils furent créés et sans jamais varier depuis lors. Aussi, pour notre modeste part, sachons rester fermes et constants dans nos convictions les plus sacrées.



Alain Goldmann
Grand Rabbin




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