Parasha Nitzavim 5768

Chabbath 27 septembre 2008 - 27 Eloul 5768 - Début : 18 h 25 à 18 h 40 - Fin : 20 h 22
publié le mardi 23 septembre 2008
Partagez cet article :



Lecture de la Torah : Deutéronome XXIX, 9 - XXX, fin : Dernier appel à l’obéissance à la loi divine. Haphtara : (7ème des consolations) : ISAÏE LXI, 10 - LXIII, 9 : Le triomphe de SION et son salut.

publicité

Commentaires sur la Torah :

En général, nous avons l’habitude de lire ensemble les texte de Nitsavim-Vayélekh. Mais cette année, comme cela se produit tous les deux ou trois ans, soit sept fois en dix-neuf ans, nous ne lirons que la première de ces sections hebdomadaires, à savoir celle de NITZAVIM. Celle-ci nous fait part du grand rassemblement organisé par MOÏSE, le jour où il devait disparaître. Ce faisant, ce prophète unique en son genre voulait se séparer de son peuple en lui adressant ses ultimes recommandations pour lui indiquer son avenir et ses succès futurs. Pour ce faire, il rassembla tout le peuple, hommes, femmes, vieillards, enfants, avec à leur tête, les chefs, les princes du peuple. NACHMANIDE fait remarquer qu’au départ, les familles avaient laissé les nourrissons de côté, mais MOÏSE exigea de parler à l’ensemble du peuple, sans aucune exception. Il considérait en effet que la place des nourrissons était au milieu des adultes. Ceux-ci en avaient la responsabilité physique et spirituelle. Il fallait que tous, indistinctement, entendent le message divin transmis par MOÏSE. Les modes modernes de communication tel qu’Internet n’existaient pas encore. Ainsi, en les rassemblant tous, MOÏSE avait surtout la vision future selon laquelle les enfants et les jeunes générations seraient éloignées voire étrangères par rapport aux sources spirituelles que pouvait leur offrir la Torah. Il fallait donc les associer au message divin reçu par leurs parents. MOÏSE définit en conséquence l’utilité d’associer les enfants aux adultes en disant : « que leurs enfants, qui ne savent pas encore, entendent aussi, et qu’ils apprennent à révérer l’Eternel, votre D.ieu, tant que vous vivrez sur le sol pour la possession duquel vous allez passer le Jourdain » (Deut. XXXI, 13). MALBIM fait remarquer que tout rassemblement religieux auquel est associée la jeunesse, même en bas-âge, est utile en ce sens que cela permet de transmettre le message des anciens, des maîtres et des parents. Il est regrettable de constater de nos jours l’absence du moindre respect pour le lieu sacré qu’est la synagogue, quand on voit avec quelle insouciance et légèreté on laisse courir les enfants, chahutant autant que certains adultes durant les offices et les sermons rabbiniques. Selon nos Sages, cette association entre les générations constitue un mérite pour les adultes, celui de guider les plus jeunes dans la voie de la Torah. En effet, nous savons bien que par définition, leur éducation commence dès le plus jeune âge. Il convient d’y veiller avec une très grande attention. C’était là le dernier et le plus solennel des messages que MOÏSE avait donc tenu à adresser à son peuple avant de prendre congé de lui. En se référant au verset cité plus haut, insistant sur l’importance de l’écoute des textes traditionnels pour éprouver la crainte révérencielle de D.ieu, Rabbi ELAZAR ben AZARIAH, dans le traité talmudique de ‘HAGUIGA 3 a nous livre l’enseignement suivant : « Les hommes viennent pour étudier, les femmes pour écouter, quant aux enfants venant à la maison de prières ou d’études, cela favorise les mérites de ceux qui les y amènent. » De toutes évidences, il s’agit donc d’enfants n’ayant pas encore atteint leur majorité religieuse et qui sont en principe dispensés de toutes les obligations incombant normalement aux adultes. Quand les Hébreux sortirent d’Egypte, ils étaient au nombre de six cents mille hommes adultes, les enfants âgés de moins de treize ans ne figurant pas dans ce décompte. Ce que le texte du Talmud que nous venons de citer veut souligner, c’est l’importance de l’éducation qu’il faut donner aux jeunes enfants, dès le plus bas-âge. Ils finiront par en être mparqués et influencés. Au moment où nous nous apprêtons à nous retrouver dans nos lieux de prières à l’occasion de nos solennités de TICHRI, il convient donc de rappeler combien il est important que chacun prenne ses responsabilités dans le domaine religieux en s’engageant notamment à associer davantage les plus jeunes dans la voie de la Torah. Il ne suffit pas de se rendre dans une synagogue pour y retrouver les airs liturgiques auxquels chacun tient particulièrement. On n’y vient pas non plus pour y échanger des banalités ni pour montrer les dernières tenues à la mode. Il s’agit de bien autre chose et d’une importance supérieur. Il convient surtout d’enseigner aux enfants et de transmettre aux plus jeunes ce que nous avons rçu en héritage de nos anciens. Nos airs et nos mélodies sont généralement sources d’émotion. Il nous incombe de les partager avec tous ceux qui nous sont chers.Mais ce n’est qu’une partie infime de tout ce que nous avons à transmettre à tous ceux qui viendront après nous. Comme nous sommes le dernier chabbat de cette année religieuse, je forme le vœu que l’année 5769 dans laquelle nous allons entrer, nous apporte à tous, joies, bonheur et satisfactions de tous ordres. Puisse-t-elle nous permettre de vivre encore plus intensément selon nos préceptes religieux, pour mériter d’être inscrits dans le Livre de la Vie et du Bonheur.

HAPHTARA :

Nous lisons cette semaine la septième et dernière Haphtara de consolation, qui succède ainsi à toutes celles que nous avons lues depuis le Jeûne du 9 AB. Emprunté au Livre du prophète ISAÏE, ce texte nous livre sa vision du monde dans lequel nous vivrons à la fin des temps. A cette lointaine époque, les nations finiront par reconnaître les mérites d’ISRAËL, ainsi que le dit le texte : « Alors les peuples seront témoins de ton triomphe et tous les rois de ta gloire, et on t’appellera d’un nom nouveau, qu’aura désigné la bouche de l’Eternel. » (Isaïe LXII, 2). Par les versets de notre Haphtara, nous sommes avertis de la manière dont s’exercera dans le futur la justice divine, alors que tous les autres peuples, par égoïsme et manque d’amour, auront fermé leur cœur à la parole divine sacrée. Or, nous savons que notre principale mission consiste à parachever l’œuvre de la Création, bien que nous en soyons souvent empêchés par ceux qui ne cherchent qu’à nous détruire en raison de tout ce que nous représentons. Dans la suite du texte, une autre parabole nous est présentée par le prophète. C’est celle du raisin que l’on presse pour en extraire le jus. Assez curieusement, nous sommes bientôt dans la saison des vendanges. Pour sa part, MALBIM relève le fait que de même que l’on foule le raisin pour en obtenir du vin, de même ISRAËL est lui aussi très souvent frappé pour qu’il consente à faire pénitence en donnant le meilleur de lui-même. Nous lisons bien dans Proverbes III, 12 : « car le Seigneur réprimande celui qu’Il chérit, comme un père son fils bien-aimé. » La note joyeuse et exaltée de notre Haphtara nous laisse heureusement espérer que le Jugement divin ne vise qu’à nous permettre de nous ressaisir et à nous amender. Aussi, cette lecture, à quelques jours de la fête de ROCH-HACHANA doit-elle nous inviter à améliorer notre comportement dans le domaine de la Foi et des pratiques religieuses pour que nous méritions les bénédictions promises à ceux qui seront fidèles à la parole de D.ieu. Puissions-nous nous en montrer dignes et en faire partie.



Alain Goldmann
Grand Rabbin




blog comments powered by Disqus



Articles incontournables