Les zemiroth de Chabbath - Chalom ‘aleikhem

publié le samedi 20 septembre 2008
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On entonne ce chant le vendredi soir, avant de passer à table et de réciter le Qiddouch.

Le nom de son auteur, qui a vécu au dix-septième siècle, est resté inconnu.

En quatre strophes (chalom ‘aleikhem, boakhem le-chalom, borekhouni le-chalom et tsèthkhem le-chalom), plus une cinquième (bechivthekhem le-chalom) selon certaines versions, nous accueillons les « anges de service », auxquels nous demandons de nous bénir et de repartir en paix.

Ce chant trouve son origine dans un verset de la Tora (Chemoth 31, 13) : « Toutefois vous garderez mes Chabbathoth... »


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Pour expliquer ce pluriel inattendu, la Guemara (Chabbath 119b) nous apprend que le maître de maison, lorsqu’il revient de la synagogue le vendredi soir, est accompagné de deux anges, l’un bienfaisant et l’autre funeste. Ces deux anges, une fois entrés dans sa maison, examinent si elle a été apprêtée comme il se doit pour accueillir Chabbath. Si elle est accueillante, le bon ange bénit la famille qui y demeure et lui souhaite de passer beaucoup d’autres Chabbathoth aussi dignes de ses éloges. Et il ne reste plus à l’ange du mal qu’à répondre, même à contrecœur : Amen.

Si au contraire la table familiale n’est pas correctement préparée pour accueillir le Chabbath, c’est le mauvais ange qui intervient et qui maudit les habitants qui ont négligé leurs devoirs, ce à quoi est obligé d’acquiescer son bon collègue.

Peut-être est-ce pour cette raison que, selon certaines versions, après avoir salué les maleakhei ha-chareth (« anges du service ») dans la première strophe, on les appelle maleakhei ha-chalom (« anges de la paix ») dans les suivantes : Ils ont admiré notre table et nous ont désormais bénis.

Ce que nous apprend ici la Guemara, c’est que l’observance d’un seul Chabbath offre la garantie que beaucoup d’autres Chabbathoth seront observés ensuite.

Il convient de signaler ici que certains de nos Maîtres, comme rabbi Ya‘aqov Emden et rabbi ‘Hayyim de Volozhin critiquent cet usage de chanter Chalom ‘aleikhem.

Le premier a fait valoir qu’il est contraire à l’essence même du judaïsme d’adresser une prière à des anges, et non à Hachem Lui-même. Quant à rabbi ‘Hayyim de Volozhin, il a regretté que ce chant dénature la nature même des anges, qui ne sont que des automates programmés par Hachem pour s’acquitter de missions spécifiques. Ils ne possèdent pas de libre-arbitre ni d’une aptitude à pouvoir apprécier ce qui peut nous valoir une bénédiction ou une malédiction.

Le ‘Hatam Sofèr, en revanche, approuve cet usage, expliquant que l’intention de ce chant est au contraire « d’illuminer la face » de Hachem. C’est pour cela que les Sages séfarades ont enseigné qu’il ne faut pas dire mi-mélekh (« du Roi ») mais mélekh, afin de bien marquer que nous nous attachons directement à Hachem, sans faire intervenir quelque intermédiaire.

C’est pour marquer cette différence essentielle entre Hachem et Ses anges que l’on récite souvent, après Chalom ‘aleikhem, les versets 91, 11 et 121, 8 du livre des Psaumes :

« Car Il a ordonné à Ses anges de te garder en toutes tes voies, Hachem gardera ta sortie et ta venue, dès maintenant et à toujours. »

On s’est parfois étonné de la strophe finale de Chalom ‘aleikhem, celle où l’on souhaite aux anges de « partir en paix » (tsèthkhem le-chalom). N’est-il pas incorrect, au moment de se mettre à table, de donner congé à ses invités et de les inviter à sortir de chez soi ?

Diverses réponses ont été proposées, dont la suivante : Il est certes particulièrement discourtois de chasser de chez soi un invité au moment où l’on va prendre un repas. Cependant, dans le cas des anges, la situation est différente : Ce sont des créatures immatérielles, et donc ils ne mangent jamais, ainsi que nous l’apprenons au sujet des trois anges qui sont venus rendre visite à Abraham (voir Berèchith 18, 8 et Rachi ad loc.). Voilà pourquoi il ne serait pas correct que l’on mange en leur présence. Mieux vaut se séparer d’eux avant de se mettre à table.

On a souvent l’habitude de faire suivre Chalom ‘aleikhem de la récitation chantée d’une partie du dernier chapitre du livre des Proverbes (Michlei), consacré à la « femme vertueuse » (ècheth ‘hayil), façon de rendre hommage à la maîtresse de maison et de la remercier des efforts qu’elle a déployés pour préparer Chabbath.







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