Parasha Vaethanane 5768

Chabbath 16 août 2008 — 15 AB 5768 - Début : 19 h 36 à 19 h 51 - Fin : 21 h 51
publié le lundi 11 août 2008
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CHABBAT NA’HAMOU Lecture de la Torah : Deutéronome III, 23 - VII, 11 : Suite du discours de MOISE ; répétition du Décalogue ; Chema Israël. Haphtara : ISAIE XL, 1 - 26 : La consolation.

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Commentaires sur la Torah :

MOÏSE poursuit le récit des quarantes années d’errances dans le désert qui viennent de s’écouler. Il rappelle les journées grandioses du SINAÏ. Dans notre paracha, le Décalogue, qui y est indiqué, légèrement différent du texte de la paracha YITHRO, ne contient que les dix préceptes religieux fondamentaux. Ils constituent la Charte de l’Humanité. Toutefois, selon la définition donnée par MAIMONIDE, nous savons que nous sommes par ailleurs, en tant que peuple d’ISRAËL, soumis à un ensemble de 613 commandements. Pour nous inciter à les respecter tous, sans y apporter la moindre modification, la Torah juge nécessaire de nous lancer l’avertissement suivant : « Vous n’ajouterez rien..... vous ne retrancherez rien. » (Deutéronome IV, 2). Ainsi par exemple, nous savons que les TEFILLINES que nous portons chaque matin des jours de semaine, comportent quatre textes tirés de la Torah, écrits sur des parchemins. Il ne saurait y en avoir trois ou cinq. De même, seul un vêtement à quatre coins, c’est-à-dire le TALITH, doit avoir des franges, des TSITSIOTH. Si ce vêtement comportait trois ou cinq coins, nous serions dispensés d’y placer les franges. « KOL HAMOSSIF GOREAH - Celui qui augmente c’est comme s’il diminuait. » disent nos Sages (Talmud Sanhedrin 29 a). Nous trouvons là un enseignement profond à présenter à ceux qui, voulant en faire trop, par excès de zèle, même s’ils paraissent bien intentionnés, risquent au contraire de provoquer une grave défaillance dans l’application des préceptes religieux. En conséquence, toute falsification ou modification, fut-elle inspirée par de bonnes intentions, serait en fait contraire à l’esprit et à la lettre de la Loi. Vouloir apporter un changement quelconque à nos règles religieuses comme cela a souvent été proposé sous prétexte de nous mettre en adéquation avec la période moderne, serait remettre en question l’origine divine même de nos préceptes. Agir de la sorte reviendrait à vouloir les tenir pour imparfaits, ce qui semble inimaginable. C’est donc dans un élan d’enthousiasme, que le Roi DAVID s’écrie : « La doctrine de l’Eternel est parfaite ; elle réconforte l’âme. Le témoignage de l’Eternel est véridique ; il donne la sagesse au simple. » (Psaume XIX, 8). Il paraît donc essentiel de savoir respecter la forme et l’esprit des lois. Les modifier serait porter atteinte à leur valeur éternelle. Elles restent valables en tous temps et en tous lieux, sans exception aucune, sauf cas de force majeure, maladies graves par exemple ou danger de mort.

HAPHTARA :

Avec cette Haphtara débute une série de textes de consolations. Si le début de ce chapitre indique ce que l’on peut appeler la vocation du prophète, la suite des textes qui seront lus durant les semaines à venir, nous donnera une vision radieuse d’un avenir meilleur pour le peuple d’ISRAEL. Pour y parvenir, celui-ci tout autant que l’humanité toute entière devront reconnaître en fin de compte la Toute-Puissance de D.ieu. Au verset 6 nous lisons : « Une voix ordonne : « Crie » et il répond : « Que crierai-je ? Toute chair est comme l’herbe et tout son amour est (périssable) comme la fleur des champs. » Ce dialogue entre D.ieu et son prophète montre l’hésitation de ce dernier à entreprendre une mission qu’il juge désespérée et vaine, face à une humanité qui refuse globalement d’entendre le message divin. Nous avions déjà connu pareille situation et ce même sentiment de refus et d’hésitation chez MOISE. (Exode III, 1 et 17). Notre verset semble par ailleurs indiquer que tout acte de bonne volonté serait exclu chez l’homme, puisqu’il est appelé à disparaître, et par conséquent incapable de tenir ses promesses à l’encontre de D.ieu. (RACHI). Cependant, malgré ce pessimisme apparent, ISRAEL est assuré de pouvoir faire connaître la parole de D.ieu à l’ensemble de l’humanité, car « la parole de notre D.ieu demeure toujours. » (ISAIE XL, 8). C’est la raison pour laquelle, malgré les difficultés qui peuvent se présenter sur notre route, nous devons être convaincus que la cause de D.ieu finira par triompher. En effet, nous sommes sous la protection constante de Celui dont notre prophète déclare qu’Il est « comme le berger qui fait paître son troupeau. (verset 11). On comprend donc qu’après l’anniversaire de la destruction du Temple, le 9 AB, cette Haphtara soit bien à sa place pour venir nous rappeler si besoin était, qu’ISRAEL, héraut de D.ieu ne succombera point, à condition de bien se pénétrer de l’idée selon laquelle nous avons à défendre une cause sacrée. Pour cela il faut être prêts à nous sanctifier et à nous sacrifier pour D.ieu. Toute autre cause ne serait que futile et passagère, avec le risque de ne déboucher que sur le néant. Ce que le prophète tient surtout à nous enseigner, c’est que toute la nature peut être modifiée par l’avènement du Messie. Pour que cela réussisse, il faut au préalable parvenir à une transformation morale. C’est donc dans la méditation et la contemplation liées à l’action positive que doit être préparé le chemin du progrès final. Celui-ci nivellera toutes les classes. Tous les yeux s’ouvriront alors pour que tous puissent un jour admirer la gloire du Seigneur. Grâce à elle, l’homme percevra mieux cette élévation et cette noblesse qui ne peut émaner que de D.ieu.



Alain Goldmann
Grand Rabbin




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