« Mazal Tov ... »

BILLET DU 15 JUIN 2008
publié le dimanche 15 juin 2008
Partagez cet article :



La saison des mariages est ouverte ! En effet, durant les sept semaines qui séparaient Pessah de Shavouoth, la période du Omer nous interdisait la célébration de réjouissances et donc de mariages. Petite exception faite pour les Juifs séfarades qui, au trente-troisième jour de l’Omer ont repris les célébrations nuptiales. Le dimanche est traditionnellement un jour de mariages, il est à noter que le jeudi l’est souvent aussi, et par conséquent ce 15 juin marque officiellement la reprise des unions religieuses.

publicité

Période de courte durée si l’on considère que celle-ci fera une trêve durant trois semaines d’ici le mois prochain. Au fond, les futurs mariés qui entendent se marier sous le soleil, ou tout au moins sous des températures clémentes, ont quatre semaines pour le faire !

Le mariage dans le Judaïsme est une institution mais n’est en aucun cas un sacrement. Il n’est pas question d’un pacte scellé par Dieu mais plutôt d’une union sous le regard de Dieu. Les hommes en sont témoins et valident un contrat religieux entre deux parties qui ont pour envie commune de fonder un foyer Juif. Car un mariage juif, dans sa partie religieuse, est avant toutes choses un contrat dont on ne peut que souhaiter qu’il engage les fiancés le plus longtemps possible. Mais puisqu’il s’agit d’un contrat il peut, de la même façon qu’il a été fait, être défait. En principe cela est vrai mais dans la réalité les choses sont bien plus compliquées considérant que dans une perspective orthodoxe du Judaïsme il appartient au mari de libérer, pour reprendre la terminologie, sa femme, cette dernière n’ayant pas vraiment droit de citer. C’est très injuste et plus encore anachronique. Peut-on réellement concevoir un instant, de nos jours, qu’une femme soit la « possession », c’est là aussi la terminologie adéquate, d’un homme. Pourtant tel est le cas. A cet égard, Après 3 ans de travail effectué en collaboration avec Sonia Lipsyk et le Grand Rabbin Guggenheim, la Wizo vient de faire paraitre un guide du divorce religieux. C’est une initiative salvatrice pour ces femmes en prise avec un divorce religieux qui traine alors que le divorce civil a souvent été prononcé de nombreuses années auparavant. Leur statut d’agouna ne leur permet pas de se remarier et donc de fonder un foyer en faisant d’elles des otages de leurs anciens maris. Apparemment, le Consistoire semble bien déterminé à apporter une réponse humaine à ces cas de détresses.

Ayant dit cela, je veux surtout me réjouir pour les nombreux couples qui vont s’unir aujourd’hui ou dans les jours à venir. Ils vont ensemble contracter une « brith hahavah » une alliance d’amour et une « brith shalom », une alliance de paix. Voilà probablement la plus belle ambition pour un couple : faire vivre l’amour et la paix au sein du foyer. Alors à tous ces futurs couples mais aussi à ceux déjà formés : Mazal Tov !

Shavouah tov, bonne semaine à tous et à dimanche prochain.



Gabriel Farhi
Rabbin
AJTM - Alliance pour un Judaïsme Traditionnel et Moderne
Aumônier israélite des hôpitaux de l’AP-HP
Chroniqueur sur Judaïques FM 94.8




blog comments powered by Disqus



Articles incontournables