Chavouoth 5768

1er Jour : - Lundi 9 juin 2008- 6 Sivane 5768
publié le jeudi 5 juin 2008
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Premier jour de fête : Lundi 9 juin 2008 - 7 Sivane 5768 : Lecture de la Torah : Exode XIX et XX : acceptation et promulgation de la Loi au SINAÏ ; les Dix Commandements. 2ème Rouleau : Nombres XXVIII, 26-31 Haphtara : EZECHIEL, 1,1 - 28 et III, 12 : Le Char Céleste

Second jour de fête : Mardi 10 juin 2008 - 7 Sivane 5768 : Lecture de la Torah : Deutéronome XIV, 22 - XVI, 17 : Assistance aux pauvres ; offrandes des premiers-nés ; les Trois Fêtes. 2ème Rouleau : comme la veille. - Haphtarah : HABACUC, III : Jugement divin.


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Commentaire de la Torah pour la lecture du premier jour de fête.

« Partis de REPHIDIM, ils entrèrent dans le désert de SINAÏ et y campèrent ; ISRAËL y campa en face de la montagne. » (Exode XIX, 2). Ce texte relatant la promulgation de la Torah sur le Mont Sinaï, est traditionnellement lu à Chavouoth, jour anniversaire de cet événement. Nos Sages voient dans les noms de lieux énumérés dans ce passage biblique, une allusion à la conduite d’Israël durant les jours précédant ce grand moment de notre Histoire, au cours duquel D.ieu propose Sa Loi aux esclaves d’hier, à présent affranchis. En effet, demandent nos Sages, pour quelle raison est-il nécessaire d’utiliser à deux reprises l’expression « camper » ? La réponse est la suivante : En vérité, les Bné Israël, bien que descendant des patriarches, ne méritaient pas de recevoir la Torah, car à ce moment précis, la PAIX ne régnait pas au milieu du peuple. Or, l’objet essentiel de la Torah et de nous inciter à favoriser la concorde entre les hommes, ainsi qu’il et dit : « Ses voies sont des voies pleines de délices, et tous ses sentiers aboutissent au bonheur. » (Proverbes 3, 17). Nos Sages considèrent qu’une fois les premiers moments de liberté passés, après la sortie d’Egypte, les Hébreux sont restés divisés. En effet, nous savons que la Torah ne fut donnée qu’au troisième mois suivant celle-ci, c’est-à-dire au mois de SIVANE, placé sous le signe astrologique des Gémeaux. Bien qu’Israël, selon l’enseignement du Talmud, ne soit pas soumis au déterminisme astrologique, puisqu’il est directement placé sous la protection divine, une certaine discorde régnait alors, peu compatible avec l’esprit de concorde et d’amour que doit normalement procurer la Torah. Mais au moment précis où il va recevoir la Torah, comme à aucun autre moment de son histoire, une union étroite se manifeste entre les membres du peuple d’Israël. Cette union nous est d’ailleurs suggérée par l’image des deux tables de la Loi. On ne peut les dissocier, car tous les commandements prescrits sont d’égale importance, aussi bien les lois régissant nos rapports avec D.ieu que ceux envers nos semblables. En disant qu’Israël partit de REPHIDIM (dans le désert du Sinaï), nos maîtres veulent faire un jeu de mots, pour nous indiquer le lieu où avait encore régné la discorde. Mais en parvenant au pied du Mont Sinaï, Israël s’est trouvé uni comme jamais dans son Histoire. C’est donc la raison pour laquelle il est écrit : « Israël campa » (d’un même cœur, comme un seul homme, selon la remarque de RACHI), dans un campement où tous étaient unis et ne formant pas de clans. Cette remarque est importante, car la Torah a pour but de nous associer pour une même cause, le service du D.ieu Un. C’est ainsi que le premier commandement du Décalogue commence par ces termes : « Je suis l’Eternel ton D.ieu » et le dernier : « tu ne convoiteras pas ». Un effort sans cesse renouvelé peut nous permettre de nous élever progressivement du dernier - le détachement des biens matériels, source de tant de dissentiments entre les hommes — pour parvenir à la compréhension de l’unité du Nom Divin, par l’intermédiaire de Sa Loi, facteur de paix, selon l’expression du psalmiste : « un grand bonheur attend ceux qui aiment Ta Loi : pour eux point de cause chute ». (Psaume CXIX, 165). C’est donc à l’amour de la loi divine, et par conséquent à notre Créateur, que nous devons nous attacher, si nous voulons trouver la véritable source de bonheur. Aussi, seules les luttes pour défendre nos valeurs religieuses et spirituelles valent la peine d’être menées, ainsi que nous l’enseignent les Pirké Avoth : « Toute discussion qui s’élève dans des vues pieuses et pures conduit au but qu’on s’est proposé. (Chapitre 4, michna 11). Défendre notre patrimoine et le transmettre, avec pour objectif essentiel de favoriser la paix entre les hommes, est la mission que nous suggère l’évocation de la promulgation de la Torah, en ce jour anniversaire de Chavouoth.

HAPHTARA :

Elle est tirée du premier chapitre du livre de EZECHIEL, seul prophète ayant vécu en Babylonie, à partir de laquelle il a exercé sa fonction. Il s’agit ici du prophète de l’exil qui a vécu après la destruction du premier Temple. Le choix de ce texte, dans lequel nous apprenons qu’il eut la vision d’un char céleste est lié à celui que nous avons lu dans la Torah faisant état de l’apparition de la splendeur divine au Mont Sinaï, lors de la promulgation des Dix Commandements. C’est d’ailleurs ce qu’il dit au chapitre 1, verset 28 : ‘C’était quelque chose ayant l’aspect de la gloire de l’Eternel. » Après ce chapitre d’introduction à sa mission, EZECHIEL décrira les raisons pour lesquelles le Temple fut détruit, dénoncera les péchés d’Israël, annoncera le châtiment. Il était prêtre ce qui explique la raison pour laquelle il parle du Temple. Dans les chapitres 4 à 24 de son livre, il exprime presque uniquement des reproches à Israël avant le siège de Jérusalem. Les chapitres XXV à XXXII contiennent des oracles contre les nations où le prophète étend la malédiction divine aux complices et aux provocateurs de la nation infidèle. Dans les chapitres XXXIII à IXL, pendant et après le siège, le prophète console son peuple en lui promettant un avenir meilleur. Enfin, dans les chapitres XL à XLVIII, il prévoit le statut politique et religieux de la communauté future, rétablie sur sa terre. Beaucoup de ces textes sont utilisés comme haphtara durant l’année liturgique. Ils soulèvent bien des questions. Comme dans le texte de la Torah lu ce jour pour rappeler le don de la Loi, celui de notre Haphtara vient souligner la présence de D.ieu dans le monde, et nous invite à réfléchir à nos devoirs de croyants et d’hommes.



Alain Goldmann
Grand Rabbin




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