Parasha Bemidbar 5768

Chabbath 31 mai 2008 - 26 Iyar 5768 - Début : entre 20 h 06 et 20 h 21 - Sortie : 22 h 42.
publié le lundi 26 mai 2008
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PEREK V - Bénédiction du mois

Lecture de la Torah : Nombres 1, 1 - 4, 20 : Dénombrement ; campements. Haphtara : (veille de ROCH-HODECH) : I Samuel 20, 18 - 42 : DAVID et JONATHAN.


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Commentaires sur la Torah :

« Rangés chacun sous une bannière distincte, d’après leurs tribus paternelles, ainsi camperont les enfants d’Israël ; c’est en face et autour de la Tente d’assignation qu’ils seront campés. » (Nombres 2, 2). Nous commençons cette semaine le quatrième Livre de la Torah, connu sous le nom de BEMIDBAR. Il débute par le recensement des enfants d’Israël. Il est effectué sur ordre divin par l’intermédiaire des princes des douze tribus. Pour compléter ce dénombrement, celles-ci sont réparties en quatre groupes et disposées selon les points cardinaux, chacune de ces tribus s’étant vue assignée sa place, tout comme ce sera le cas lors du partage par tirage au sort lors de l’entrée des Hébreux en Terre Sainte. Dans le désert où ils resteront durant quarante années, le centre de ce rassemblement sera constitué par le Sanctuaire au milieu duquel se trouve l’Arche Sainte. Dans la TORAH, il est fait état de plusieurs dénombrements. On peut s’en étonner. Mais la raison de ces multiples recensements auxquels procèdera MOÏSE tient à l’amour que D.ieu éprouve pour la communauté d’Israël. C’est ce que nous explique notamment le commentaire de RACHI sur le premier verset de notre paracha, celui de Nombres I, verset 1. Mais nous devons savoir que ce n’est pas uniquement la collectivité qui est ainsi prise en considération. Chaque individu a lui aussi sa place marquée, ainsi que le font ressortir de nombreuses maximes talmudiques. Cependant, pour donner plus de cohésion aux efforts de chacun, les enfants d’ISRAËL sont tenus individuellement de se regrouper derrière l’emblème de leurs ancêtres. Il ne s’agit pas là d’une disposition à caractère militaire comme on pourrait l’imaginer. Il s’agit surtout de suivre l’ordre des bénédictions telles qu’elles furent prononcées par le patriarche JACOB lorsqu’il prit congé de ses douze fils. (Genèse XLIX, 1 - 27). Quand nous lisons attentivement les premiers versets de notre paracha relatifs à ce dénombrement, nous constatons que les douze tribus furent classées en quatre groupes. Ils se composaient chacun à sa tête, d’une direction puissante menée par la tribu de JUDA (Nombres II, 3), d’une garde vigilante à l’arrière, dirigée par la tribu de RUBEN (Nombres II, 10), d’une force inébranlable à sa droite avec à sa tête la tribu d’EPHRAÏM (Nombres II, 18), et enfin celle de DAN au Nord, représentant la richesse spirituelle à sa gauche. (Nombres II, 25). Ces divers éléments constitutifs du peuple d’Israël à sa sortie d’Egypte, se complètent et permettent de cimenter l’unité du peuple. Il ne s’agit pas ici de définir une communauté liée par des liens du sang en raison de son origine familiale, mais d’un ensemble d’individus, animés par un même idéal, celui d’entourer le Sanctuaire et d’y servir D.ieu, en accomplissant la Loi qu’Il a donnée. En examinant de près les dispositions énoncées par la Torah, nous nous rendons compte que c’est cette unité de pensée, liée à un projet et à un objectif commun, qui a permis à nos ancêtres de résister à toutes les attaques, tant celles venues de l’extérieur que celles se trouvant à l’intérieur, ayant pour objectif de le faire dévier de la route que lui avait assignée D.ieu. En prenant cela en considération, nous comprenons alors la raison pour laquelle il est indispensable de nous regrouper autour de notre Loi, véritable sanctuaire, où nous pouvons puiser la force susceptible de nous stimuler dans nos efforts pour maintenir intacte la communauté d’Israël, dont nous faisons partie, sans distinction aucune. Il résulte de cela, que nul ne peut donc se dispenser d’y consacrer le meilleur de soi. C’est cette réflexion qui doit nous guider en ces jours qui vont nous mener à la fête de CHAVOUOTH, anniversaire du don de la Loi et de la promulgation des Dix Commandements. Agir tous ensemble pour préserver la TORAH, notre patrimoine commun, c’est réaliser cette recommandation d’un grand Sage en Israël, HILLEL qui disait : « Ne te sépare pas du public, du TSIBOUR » (Pirké Aboth, chapitre 2, michna 4 - Talmud de Babylone - TAANITH 11 a). Il serait bon d’y réfléchir sérieusement en ces jours où sur sa terre ou partout ailleurs dans le monde, le peuple juif connaît de grandes difficultés. Plus que jamais, nous devons resserrer nos rangs en faisant taire nos divisions, pour qu’à l’instar de nos ancêtres au pied du Mont SINAÏ, nous soyons tous « comme un seul homme, avec un cœur uni » (RACHI sur Exode XIX, 2).

HAPHTARA :

Notre paracha débutait par le dénombrement des enfants d’Israël, car, selon le commentaire de RACHI, après la faute du veau d’or, D.ieu voulut connaître le nombre des Hébreux qui survivaient, après la mort des coupables liés à cet acte d’idolâtrie. Le prophète OSEE, en s’inspirant de ce récit biblique, et auquel nous empruntons le texte de notre Haphtara, compare ISRAËL à une épouse infidèle. A travers lui, D.ieu parle ici le langage de l’amour bafoué qui ne se résigne pas à haïr, mais qui, par une série de châtiments, tente de ramener l’infidèle. Il y parvient, il la reprend avec la ferveur ressentie lors des fiançailles, et pour finir, il la comble de biens. Rappelons au passage, que les derniers versets de notre Haphtara, sont récités chaque matin lorsque l’on met les Tephilines (phylactères) et que pour finir, on enroule la lanière autour du doigt majeur. Pour illustrer notre texte, nous nous bornerons à donner un enseignement portant sur le verset 1 disant : Et le nombre des enfants d’Israël sera comme le sable de la mer, qui ne se compte ni se mesure. » Au lieu de leur dire : « vous n’êtes pas mon peuple » , on les appellera « fils du D.ieu vivant. » Nous savons que le sable se trouve en très grande quantité au bord de la mer. Comment peut-on alors en comparer le nombre de grains avec le nombre relativement restreint qui compose le peuple d’Israël ? Dans son discours, le prophète OSEE ne veut pas donner une signification matérielle. Il veut surtout dire que malgré sa faiblesse numérique, ISRAËL, par l’exemple qu’il donnera, amènera à sa croyance des hommes en un nombre si grand, que tous ceux qui adhèreront à la Foi du D.ieu Unique, ne pourront pas être comptés, pas plus qu’on ne saurait compter les grains de sable. ISRAËL en tant que peuple juif ou en tant que nation, doit avant tout considérer qu’il est porteur d’une Vérité éternelle, capable de sauver l’humanité toute entière. Si, malgré son expérience de la Galouth, Israël prend conscience de la mission dont il est investi, la propagation de cette Vérité dont il est porteur, en particulier son aspect social, l’amour du prochain et la justice, permettra à ses défenseurs d’être universellement reconnus comme étant les « fils du D.ieu vivant ». Ce sera le triomphe final annoncé dans le verset suivant : « car il sera grand le jour de Yzréel ». (verset 2). Certains lisent d’ailleurs ce terme en deux mots ; « YZRA EL », c’est-à-dire que notre rôle consistera à être la semence de D.ieu, pour qu’un jour lointain sans doute, elle finisse par donner des fruits. C’est là tout le sens de nos efforts, malgré les difficultés que cela nous cause.



Alain Goldmann
Grand Rabbin




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