« La gifle... »

BILLET DU 3 FEVRIER 2008
publié le samedi 2 février 2008
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Bonjour,

Au milieu d’une actualité riche la semaine dernière, un événement qui aurait pu passer inaperçu a pris des proportions démesurées. Les faits nous ont été ainsi rendus dans les médias : « Un professeur d’un collège technique près de Maubeuge dans le Nord a giflé lundi un de ses élèves âgé de 11 ans qui venait de l’insulter. L’enseignant, qui a passé 24 heures en garde à vue pour cette affaire, comparaîtra le 27 mars prochain pour "violence aggravée sur mineur". Le rectorat a suspendu le professeur estimant que, quelque soit la situation, il n’avait pas à gifler un élève. Ce dernier a lui été exclu trois jours ».

Scène pourtant ordinaire, semblerait-il, de la vie quotidienne scolaire. Sauf qu’un enseignant, un adulte, ayant autorité, ne doit jamais lever la main sur un élève. Il est vrai que la scène relatée est vive. L’enfant de onze ans, qui n’accepte pas d’être rappelé à l’ordre par son enseignant, le regarde fixement dans les yeux et le traite de « connard ». De manière « impulsive », c’est ce qu’a déclaré l’enseignant de 49 ans, il a saisi l’élève, l’a plaqué contre le mur et lui a donné une gifle. Le père de l’enfant, gendarme de profession, est venu immédiatement en tenue dans l’établissement et a déposé plainte. La suite est connue, et si la justice devait appliquer la sanction prévue par la loi, l’enseignant pourrait passer cinq années derrière les barreaux. Cinq ans pour une gifle !

Comme beaucoup, j’ai été choqué par la médiatisation de cette affaire et la disproportion entre cette gifle et les sanctions possibles, sans compter les 24 heures de garde à vue. Et puis j’ai entendu sur une radio un journaliste interroger une auditrice mère d’un enfant de onze ans, qui prenait fait et cause pour l’instituteur : « Et si c’était votre fils qui était giflé, seriez-vous aussi compréhensive » ? Silence radio de l’autre coté. Ce n’est donc peut-être pas tant la réaction d’un parent, choqué qu’un enseignant ait pu user de sa force sur son enfant, qui nous surprend plutôt que les suites judiciaires données à ce dossier. « Violence aggravée sur mineur ». Dire que nos ainés nous racontaient comment les enseignants appelaient les élèves indisciplinés à venir présenter leurs doigts pour y mettre des coups de règle. Le Talmud prévoit même qu’une remontrance physique puisse exister devant un enfant récalcitrant dans son apprentissage.

Le Ministre de l’Education, sans excuser le geste, s’est montré très indulgent vis-à-vis de l’enseignant. Tout cela pour une...tréha au fond. Reste qu’en France, l’histoire nous rappelle que l’affront d’un soufflet se réglait au petit matin par les armes. Il semblerait que la justice s’inscrive dans cette tradition en cherchant une peine sévère.

Shavouah tov, bonne semaine à tous et à dimanche prochain.



Gabriel Farhi
Rabbin
AJTM - Alliance pour un Judaïsme Traditionnel et Moderne
Aumônier israélite des hôpitaux de l’AP-HP
Chroniqueur sur Judaïques FM 94.8




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