« Betancourt-Shalit : même combat ! »

BILLET DU 9 DECEMBRE 2007
publié le samedi 8 décembre 2007
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Bonjour,

C’est avec beaucoup d’émotion que nous avons pris connaissance, la semaine dernière, des images qui constituent une « preuve de vie » de l’otage Ingrid Betancourt. La franco-colombienne, française par son premier mariage en 1981, est retenue dans des conditions insupportables par les FARC depuis le 23 février 2002. Avec raison, la France s’est mobilisée pour exiger sa libération. Nous sommes familiers des photos d’Ingrid Betancourt sur l’Hôtel de Ville à Paris et ailleurs. Nicolas Sarkozy semble faire de la libération de l’otage une affaire personnelle et souhaiterait qu’elle soit parmi les siens pour les fêtes de Noël. Gageons que cette médiation porte ses fruits. Chacun le souhaite.

Mais comment ne pas mettre en parallèle, et surtout pourquoi, le sort tout aussi tragique de l’otage franco-israélien Guilad Shalit ? Ce jeune caporal de l’armée israélienne est détenu depuis plus d’un an par des militants d’une branche armée du Hamas. Serait-il plus légitime d’être détenu par le Hamas que par les FARC ? Si la France a pris fait et cause pour Ingrid Betancourt, elle devrait réserver le même traitement à l’un de ses compatriotes. Récemment, c’est le député et vice-président de l’Assemblée National Rudy Sallès qui s’est ému du sort du jeune Guilad en déclarant : « Parce qu’il y a rien de pire que l’oubli, et parce que nous sommes sans nouvelle de Guilad depuis un an et demi, il faut que les autorités françaises jouent leur rôle pour la libération de cet otage ». Il est en effet grand temps que la France prenne toutes ses responsabilités dans ce dossier. La République ne saurait tolérer qu’il puisse y avoir deux poids deux mesures pour l’un des siens.

Nicolas Sarkozy s’était aventuré à déclarer qu’il ramènerait lui-même les militants de l’Arche de Zoé qui viennent d’entreprendre une grève de la faim. Son intervention avait permis de libérer les « infirmières bulgares » détenues en Lybie et dont l’emblématique Président-Colonel-dictateur est reçu pendant 5 jours à Paris. Mais l’on a l’impression que le cas du soldat Shalit ne concerne pas la France qui pourrait pourtant assez aisément le faire libérer. Ne soyons pas dupes, il est peu probable que la France déploie les grands moyens diplomatiques pour accéder à cette libération. Et pourtant, je suis convaincu que la pression et la mobilisation de la communauté juive et des hommes et femmes de bonne volonté pourraient concourir à éclairer nos dirigeants.

Ce soir il nous faudra être nombreux, à l’appel de SIONA, du CRIF, du Consistoire de Paris, du KKL, du Bnai Brith et des CCJ pour participer à l’allumage de la 6ème bougie de Hanoukka, dédiée aux 3 soldats israéliens détenus en otages, Eldad Regev, Guilad Shalit, Oudi Goldwasser, qui aura lieu au Parc Itzhak Rabin, allée Paul Belmondo à Paris à 17 heures. Les lumières de la hanoukkia permettront, souhaitons-le, d’éclairer les ténèbres que sont l’indifférence.

Hanoukka Saméah, Shavouah tov, bonne semaine à tous et à dimanche prochain.



Gabriel Farhi
Rabbin
AJTM - Alliance pour un Judaïsme Traditionnel et Moderne
Aumônier israélite des hôpitaux de l’AP-HP
Chroniqueur sur Judaïques FM 94.8




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  • « Betancourt-Shalit : même combat ! »
    9 décembre 2007
    Hazak Monsieur le Rabbin !


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