« Quelle bénédiction pour la Tsedaka ? »

BILLET DU 25 NOVEMBRE 2007
publié le dimanche 25 novembre 2007
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Bonjour,

C’est aujourd’hui la journée de l’appel national pour la Tsedaka à l’initiative du Fonds Social Juif Unifié. On ne dira jamais assez à quel point le FSJU accompli une œuvre importante en récoltant les dons qui seront ensuite distribués avec justesse aux plus nécessiteux au sein de la communauté juive française notamment. 200 lieux de collecte de dons sont aujourd’hui ouverts en France, vous les trouverez sur le site internet du FSJU ou en appelant le 0820 820 808. Cette année, c’est un duo exceptionnel qui en appelle à notre générosité en la personne du Président de la collecte, Gil Taïeb et du chanteur Michel Jonasz. Le décor est planté mais venons-en à l’essentiel : l’importance de la Tsedaka. Le mot « Tsedaka » ne signifie pas « charité » mais plutôt « générosité ». On sait que la racine hébraïque signifie un acte de justice. Etre charitable c’est prendre en pitié le nécessiteux. C’est certainement un sentiment louable mais qui s’accommode peu avec l’exigence de la Mitsvah, du précepte positif qu’est la Tsedaka. Faire la Tsedaka c’est vouloir rétablir la justice entre les hommes à défaut de l’équité. C’est agir, plutôt que souhaiter. Oui il y a en France des Juifs dans la misère, qui vivent sous le seuil de pauvreté, ils sont nombreux. Oui il y a des familles surendettées. Oui il y a des chômeurs en fin de droits. Oui encore il y a des Juifs sans domicile fixe. Tout cela existe et nous avons le devoir de les aider, comme nous avons le devoir d’aider tout homme à vrai dire.

La Tsedaka est une Mitsvah, cela signifie que nous avons le devoir de la pratiquer, de la même façon que nous respectons les fêtes, le Shabbath ou la casherout. La réflexion que j’aimerais partager avec vous est la suivante : lorsque nous accomplissons une Mitsvah, il est d’usage de l’accompagner par une bénédiction. Ainsi lorsque l’on allume les bougies du Shabbath, ou bientôt celles de Hanoukka. Lorsque nous mangeons. Lorsque nous revêtons le talit ou les tefilines. Lorsque nous lisons dans la Torah. Lorsque l’on étudie. Alors pourquoi, lorsque nous accomplissons la Mitsvah de la Tsedaka ne disons-nous pas ou ne dirions-nous pas une bénédiction ? Je ne prétends pas apporter une réponse mais simplement contribuer à faire germer une réflexion. La bénédiction, si elle nous honore est aussi une contrainte. Elle nous obligerait à l’acte de la Tsedaka. Dans la tradition juive, l’intention n’est que le vecteur de l’action. On peut donc à l’envie dire les bienfaits de la Tsedaka, cela n’a aucun sens tant qu’on ne la pratique pas. Faire, agir est ce qui importe réellement. C’est pourquoi il nous faut appeler maintenant le 0820 820 808. Alors, et seulement alors, nous aurons accompli notre devoir et notre Mitsvah.

Shavouah tov, bonne semaine à tous et à dimanche prochain.



Gabriel Farhi
Rabbin
AJTM - Alliance pour un Judaïsme Traditionnel et Moderne
Aumônier israélite des hôpitaux de l’AP-HP
Chroniqueur sur Judaïques FM 94.8




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