Parasha Tolédoth 5768

Chabbath 10 novembre 2007 - 29 Heshvan 5768 - Début : 17 h 00 - Fin : 18 h 04
publié le mercredi 7 novembre 2007
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Bénédiction du mois Lecture de la Torah : Genèse XXV, 19 - XXVIII, 9 : JACOB et ESAÜ. Haphtarah (veille de Roch-Hodech) I Samuel XX, 18 - 42 : DAVID et JONATHAN.

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Remarque préliminaire : Depuis la fin des dernières fêtes de Tichri, il nous a été impossible de faire parvenir notre commentaire hebdomadaire habituel. Nos fidèles lecteurs voudront bien nous en excuser. Nous espérons pouvoir à nouveau vous faire parvenir régulièrement nos commentaires et nos réflexions, avec l’aide de HACHEM. 

Commentaires sur la Torah :

Pour qu’une bénédiction soit exaucée, il semble nécessaire que les aspirations de celui qui la reçoit rejoignent les pensées de celui qui l’accorde. Dans un passage du ZOHAR sur notre paracha, nous lisons qu’au moment de se faire donner la bénédiction paternelle (voir Genèse XXVII), JACOB aspirait aux biens du ciel, alors qu’ESAÜ aspirait aux biens de la terre. Rabbi JOSSE,fils de Rabbi SIMEON, petit-fils de LAGOUNYA, demanda à Rabbi ELEAZAR : « N’as-tu jamais entendu de ton père la raison pour laquelle la bénédiction qu’ISAAC donna à ESAÜ se réalisa, alors que celle qu’il donna à JACOB ne se réalisa pas ? » Rabbi ELEAZAR répondit : « Toutes les bénédictions accordées à JACOB par ISAAC aussi bien que par le Saint, béni soit-Il, ‘ont pas été abolies, mais elles sont suspendues sur la tête de JACOB...... Après l’arrivée du roi Messie, JACOB jouira et des biens d’en haut et des biens d’ici-bas, alors qu’ESAÜ périra.... Ainsi qu’il est dit : « La maison de JACOB sera un feu, la maison de JOSEPH une flamme, et la maison d’ESAÜ une paille sèche. » (OBADIA I, 18) » Certes, JACOB avait aspiré à la bénédiction spirituelle et il l’a obtenue, tandis que son réussit, malgré les obstacles redoutés, à obtenir la bénédiction matérielle. Mais nous devons savoir que la bénédiction de JACOB est plus difficile à conserver, car l’effort demandé à nous ses descendants pour son maintien dépasse souvent nos possibilités, surtout en raison de l’influence de l’entourage qui nous conditionne, ayant pour conséquence de nous écarter de la voie d’ABRAHAM qui est celle du droit et de la justice (Genèse XVIII, 19). Selon l’enseignement de nos Sages, l’harmonie messianique devrait permettre de nous réaliser pleinement. Alors, la bénédiction des patriarches deviendra intégrale elle aussi, du fait que dans un monde parfait n’ayant rien de comparable à celui où nous nous trouvons pour le moment, il n’y aura plus de rivalité possible entre l’esprit et la matière.

Ce monde-là, ESAÜ sera toujours dans l’incapacité de le connaître. Il a dès l’abord opté pour la matière et devra un jour se rendre compte qu’il finira anéanti sous le règne de la spiritualité. On l’imagine difficilement, tellement nous sommes conditionnés par le triomphe apparent de ceux qui privilégient le matériel par rapport au spirituel. La période idyllique de l’ère messianique nous est suggérée entre autres par cet autre passage biblique tiré du prophète OBADIA I, 21 disant : « Ceux qui doivent sauver le peuple, monteront sur la montagne de SION pour juger la montagne d’ESAÜ, et le règne demeurera au Seigneur. »

Le Midrash insiste sur les méfaits d’ESAÜ. Il estime que même en entrant chez ISAAC pour recevoir la bénédiction que celui-ci s’apprêtait à lui donner par erreur, ESAÜ fut escorté par une force infernale ce qui explique la grande frayeur qui saisit alors le patriarche. (Tan’houma). « ISAAC voulait maudire JACOB, en raison de la supercherie dont celui s’était rendu coupable, mais le Saint, béni soit-Il, lui dit : Si tu maudis JACOB,tu te maudiras toi-même, puisque tu lui avais dit : « Que celui qui te maudira soit maudit, et que celui qui te bénira sera béni ». (Genèse XXVII, 29 - ZOHAR sur TOLEDOTH). JACOB atteignit le degré de sainteté et de chasteté méritée, mais ses descendants n’ont pas toujours réussi à suivre son exemple.

« Les pensées du péché qui sont pires, selon nos sages, que le péché, dues à la promiscuité générale, les empêchent d’acquérir la perfection nécessaire pour profiter de la bénédiction patriarcale et d’atteindre ainsi le spirituel, l’harmonie totale dans le monde. Souvent révoltés contre leur destin funeste, ils sont jaloux d’ESAÜ et s’appliquent à l’imiter. Toutefois, leurs jouissances ne peuvent être de longue durée, car ils terminent leur destinée inutilement. « Si je l’ai distingué, c’est pour qu’il prescrive à ses fils de pratiquer le droit et la justice » (Genèse XVIII, 19) Tous les trois patriarches qui nous sont donnés en exemple, tendaient vers un seul but : répandre dans le monde la croyance en D.ieu et conduire les hommes à l’amour pour D.ieu. C’est pourquoi ils parvinrent à ce haut degré de perfection, car leurs occupations étaient un grand et véritable culte. » (MAIMONIDE - Guide des Egarés III, chapitre LI).

A la fois humble et fier, JACOB qui avait reçu le nom de la CHEKHINA (voir ZOHAR sur Toledoth), sut dominer l’esprit du mal. « C’est parce que JACOB s’est fié au Sain, béni soit-Il, et qu’il s’est appliqué dans tous ses actes à contribuer à la gloire de D.ieu qu’il est parvenu à dominer ses ennemis - C’est SAMAËL qui constitue la force d’ESAÜ dont il est l’ange protecteur. »

De ce que nous de voir, il ressort que tant que le peuple juif n’aura pas vaincu dans ses pensées la mauvaise influence d’ESAÜ, à k’instar de son ancêtre JACOB, il n’aura guère la capacité de vaincre cet ennemi, physiquement et numériquement plus fort que lui, et dont l’attrait sur nos jeunes générations est toujours réel et plus que jamais dangereux. On peut en juger notamment par le nombre sans croissant d’unions civiles ou libres entre personnes de religions différentes, que le Judaïsme officiel refuse de reconnaître.

HAPHTARA :

Ce chabbat se trouvant à la veille de Roch-Hodech, nous lirons la Haphtara spéciale tirée du prophète SAMUEL relatant les derniers moments passés ensemble entre DAVID et JONATHAN. (I Samuel XX, 18 - 42). Nous préférons donc donner un bref commentaire relatif à la Haphtara normalement lue avec TOLEDOTH, à savoir le texte de MALACHIE, I,1 à II, 7). Nous y voyons le prophète s’indigner de l’incompréhension des enfants d’ISRAËL qui ne saisissent pas les marques d’amour que D.ieu n’a cessé de leur donner, de même qu’ils ne comprennent pas l’opprobre auquel est voué ESAÜ. « Je vous aime » a dit l’Eternel, et vous avez dit « où est ton amour ? » — ESAÜ n’est-il pas le frère de JACOB, dit l’Eternel, et c’est JACOB que j’ai aimé ! ESAÜ, je l’ai pris en aversion ».

Le manque de piété d’ISRAËL, son infidélité au Créateur est considéré comme étant plus grave que le comportement des autres peuples. Ceux-ci ont professé ou professent encore le paganisme, ce qui ne les empêche pas d’aimer D.ieu à leur manière. Mais quand ISRAËL, bien qu’ayant connu la présence divine, se livre à l’idolâtrie, comme ce fut notamment à certaines période de l’Histoire biblique, cela n’est pas concevable.

MAIMONIDE s’arrête sur la signification du verset 11 où il est question du culte rendu à l’Eternel par toutes les nations : « Et en tous lieux on présente de l’encens à mon nom ». Selon lui, les idoles sont adorées comme symbole, mais faussent malgré tout la croyance et empêchent l’élévation du peuple vers l’idéal divin. (Guide des Egarés, 1ère partie, chapitre XXXVI). La faute d’Israël qui imite les païens est doublement grave, car non seulement il trahit son D.ieu et sa vérité par des cultes erronés, mais il affiche en plus une négligence et une hypocrisie impardonnables.

A la fin, le prophète exhorte plus particulièrement les COHANIM et les avertit du MAL qu’ils auront répandu à la place du BIEN, s’ils ne se conforment pas à l’enseignement divin : « Je déchaînerai sur vous la malédiction, et vos bénédictions, je les rendrai funestes... Et certes, ainsi ferai-je, car vous ne prenez pas à cœur ». Le pacte conclu avec la tribu de LEVI a comporté : « de ma part, la vie et le bonheur.... - de la sienne, la piété.... C’est que les lèvres du pontife doivent conserver la science, c’est qu’à sa bouche on doit puiser la doctrine, ar il est un mandataire de l’Eternel Cebaoth ! »



Alain Goldmann
Grand Rabbin




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