Minute de Torah - 21 ’Hechvan 5768

publié le samedi 3 novembre 2007
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B"H

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La sidra que nous lirons ce chabat, sidra " ’Hayyé Sarah ", s’ouvre sur l’annonce du décès de Sarah, à ’Hevrone. Avraham entame alors une démarche pour acquérir une portion de terrain pour en faire une sépulture. Pour ce faire, il s’adresse en des termes apparemment contradictoires, aux enfants de ’Hèt : "Je suis un étranger et résidant [à la fois], parmi vous : accordez-moi la propriété d’une sépulture parmi vous" ( Béréchit, 23, 4).

Etranger ? ou résidant ? Comment Avraham peut-il être les deux à la fois ? A moins que ce soit la volonté même d’Avraham, celui dont le projet divin requiert une relation paradoxale à la terre, qu’il faut alors expliquer.

Rachi apporte une première explication à cette formulation ambivalente. L’intention d’Avraham est de contraindre les enfants de ’Hèt à lui accorder la propriété, quel qu’en soit le prix à payer. Certes, Avraham vient d’un autre pays, ce qui fait de lui un étranger au moment où la transaction doit avoir lieu. Mais qu’ils se rappellent que H’ a promis à Avraham : "A ta postérité, je donnerai ce pays" (Béréchit, 12, 7). La parole divine donne plein droit à la descendance d’Avraham, à être résidant sur cette terre. De gré, ou par la force du droit divin, Avraham leur propose de lui céder cette terre.

Que peut-on en retenir à notre niveau, et à notre génération ? Quelle leçon en tirer dans notre relation à la terre (que l’on peut aussi appeler "matérialité") ?

La ’Hassidout explique que nous n’avons pas à fuir le monde matériel : c’est ici-bas, et nulle part ailleurs, que nous pouvons accomplir les mitsvot de la Torah, toutes liées au matériel. Notre place dans le monde, notre droit à résidence, se justifie ainsi. Pour autant, nous refusons de nous en contenter. Nous aspirons, toujours, et jusqu’à l’aboutissement complet du projet divin, à progresser vers un monde plus élevé, ici-même mais hors des contraintes matérielles. Un monde où la matière ne voile plus la présence divine, mais dévoile chaque parcelle de divinité qu’elle contient. Tant que nous ne sommes pas à ce stade, nous refusons de nous "installer", de nous poser par suffisance. Nous nous proclamons étrangers à cette terre d’exil jusqu’à ce que, transformée, cette même terre devienne une résidence éternelle pour le divin.







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