« Un temps pour tout... »

BILLET DU 28 OCTOBRE 2007
publié le samedi 27 octobre 2007
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Bonjour,

Aujourd’hui, nous « gagnons » une heure. Quelle étrange expression, aussi étrange au moins que celle de « tuer le temps » ! Quel est donc ce gain si considérable ? Est-ce que nous gagnons une heure de vie en plus ? Une heure de travail ? Une heure de repos ? Nous gagnons une heure. Une heure que nous perdrons dans six mois et ainsi de suite. A vouloir gagner ou perdre une heure, nous tournons en rond. Il paraît que c’est bon pour les économies d’énergie dont on nous a tant parlé durant le Grenelle sur l’environnement. Soit. Reste que pour ceux qui ont travaillé cette nuit eux, ils ont perdu une heure, et pour la majorité d’entre-nous c’est un gain d’une heure de sommeil. On s’y perd et le regretté Raymond Devos aurait été bien inspiré de nous éclairer sur les leçons à tirer de ces aiguilles qui tantôt reculent et tantôt avancent.

Notez que le Roi Salomon avait lui résolu ce problème en estimant dans l’Ecclésiaste : « Il y a un temps pour tout ». Les hommes peuvent essayer d’avoir une maitrise sur le temps, le soleil se couchera ce soir et la lune apparaitra, comme d’habitude, comme toujours. Une petite heure de plus ou de moins dans l’ordre de la Création divine est une chose bien négligeable. Quoique, Shabbath prochain il faudra hâter le pas pour se préparer et allumer les bougies à temps. Ce soir il faudra convaincre nos enfants de se coucher plus tôt, et les tractations risquent bien de durer au moins...une heure. Nahmandide dans sa sagesse disait ceci : « Mange à l’heure du repas, et dors à l’heure du coucher ». Le problème était ainsi résolu avant même que l’on ne parle d’heure d’hiver ou d’heure d’été. Ce serait donc le bons sens qui devrait nous aider à nous adapter à ce changement. Nous ne maitrisons pas le temps mais nous maitrisons nos vies, tout au moins le devrions-nous. C’est ce que nous enseigne l’Ecclésiaste dont à tort, me semble t-il, on en fait l’emblème de la fatalité. C’est tout le contraire, chaque chose à sa place et arrive en son temps, le bon comme le mauvais. Fatalité certes pour celui qui décline, mais espoir merveilleux pour celui qui voit son sort s’améliorer. Le Roi Salomon était parvenu au bout de sa vie lorsqu’il écrivit ce livre. Il avait connu tous les honneurs, toutes les richesses, tout ce dont un homme peut rêver. Et pourtant il savait mieux que quiconque que face au deuil, à la souffrance ou à la maladie, les hommes sont égaux. La leçon de l’Ecclésiaste doit nous préparer à toutes les choses que nous pourrons rencontrer dans la vie. La fortune ou la pauvreté ne nous destinent pas forcement vers un destin évident. Chaque homme connaît dans sa vie les rires ou les larmes, la vie ou la mort. Ce qui importe c’est notre capacité à appréhender les événements qui se présentent à nous. Alors disons qu’aujourd’hui nous avons une heure de plus pour nous y préparer.

Shavouah tov, bonne semaine à tous et à dimanche prochain.



Gabriel Farhi
Rabbin
AJTM - Alliance pour un Judaïsme Traditionnel et Moderne
Aumônier israélite des hôpitaux de l’AP-HP
Chroniqueur sur Judaïques FM 94.8




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