La population juive vivant hors d’Israël a baissé de 25 % depuis 1970

Où les Juifs de diaspora disparaissent-ils ? Par Eli Bardenstein
publié le samedi 13 octobre 2007
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Alors que la population juive d’Israël continue d’augmenter chaque année, le nombre des Juifs de diaspora est en baisse constante ● Même la communauté juive américaine n’a pas enregistré de croissance significative ● Deux raisons à cela : une forte assimilation et un taux de natalité bas

Maariv | 17-09-07


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Même si Madonna et ses amis de Hollywood manifestent un vif intérêt pour le judaïsme et la cabbale, le nombre de Juifs de diaspora est en déclin. Selon l’Institut de planification de la politique du peuple juif (Jewish People Policy Planning Institute - JPPPI) créé par l’Agence juive, le nombre des Juifs de diaspora a chuté de 2,3 millions au cours des 37 dernières années et s’élève actuellement à 7,76 millions.

On trouve aujourd’hui dans le monde entier, Israël compris, 13,1 millions de Juifs, soit un demi-million de plus qu’en 1970, ce qui représente une progression totale de 4 % seulement. La plus forte baisse constatée dans la population juive de diaspora a été enregistrée dans les pays de l’ex-URSS et en Europe de l’Est, d’où environ un million de Juifs ont immigré en Israël. La population juive de ces pays s’élève actuellement à 450 000 personnes : 221 000 en Russie et 79 000 en Ukraine.

Une baisse significative de 24 % est également intervenue en Amérique Latine où ne vivent plus à ce jour que 393 000 Juifs : 189 000 en Argentine, 96 000 au Brésil et 40 000 au Mexique. Une chute importante du nombre de Juifs résidant en Afrique du Nord a également été enregistrée, puisqu’il n’en reste aujourd’hui que 5000 contre 83 000 en 1970. Alors que quelque 100 000 Juifs vivaient dans les pays asiatiques en 1970, ils ne sont plus à l’heure actuelle qu’environ 20 000, vivant dans leur grande majorité en Iran. On trouve encore quelque 300 Juifs au Yémen et une dizaine en Syrie, mais il n’en reste plus qu’un seul en Afghanistan.

Le nombre de Juifs vivant en Amérique du Nord n’a pas connu de changement significatif, malgré les importantes vagues d’immigration juive vers les Etats-Unis en provenance d’Europe de l’Est, et il s’élève aujourd’hui à 5,6 millions de personnes. En Europe occidentale, la population juive a baissé d’environ 5 % et compte aujourd’hui un peu plus d’un million de personnes : 490 000 en France, 295 000 en Grande-Bretagne et 120 000 en Allemagne. La population juive n’a augmenté qu’en Australie et en Nouvelle-Zélande, où elle s’élève à 111 000 personnes contre 70 000 en 1970.

Contrairement au nombre de Juifs vivant en diaspora, qui est en net recul, la population juive d’Israël a doublé depuis 1970 pour atteindre aujourd’hui 5,4 millions de personnes et représente actuellement 40 % du judaïsme mondial.

L’une des principales raisons de la baisse du nombre de Juifs vivant en diaspora est bien sûr l’immigration. Mais il en existe une autre, au moins aussi significative, c’est l’assimilation. Le taux d’assimilation est estimé à 50 % aux Etats-Unis, à 70 % en Russie et à environ 45 % en Europe occidentale. Le taux de fécondité des femmes juives est également un facteur déterminant dans la baisse du nombre de Juifs dans le monde. Alors qu’en Israël on compte 2,75 enfants par famille juive, on n’en trouve que 1,5 par foyer dans le monde occidental. Et ce chiffre est encore plus bas dans les pays de l’ex-URSS, où il ne dépasse guère un enfant par famille.

D’après le président de l’Institut de planification de la politique du peuple juif, Avinoam Bar Yossef, le meilleur moyen de lutter contre les mariages mixtes est d’encourager l’immigration en Israël, et pour cela, les lois sur la conversion doivent être rendues plus flexibles avant que des changements inconsidérés ne soient apportés à la Loi du Retour : "Le peuple juif a subi suffisamment d’épreuves au cours du siècle passé", souligne-t-il.

"Il ne faut pas forcer les Juifs à immigrer"

Cependant, différents responsables dans les milieux dirigeants juifs de diaspora ne voient pas d’un bon œil les efforts d’Israël pour encourager l’aliya. Durant de longues années, l’élite de la communauté juive des Etats-Unis s’est opposée à la promotion de l’aliya, et c’est seulement récemment qu’elle a assoupli sa position sur cette question. Certains dirigeants des organisations juives françaises affirment que l’immigration en Israël affaiblit leur communauté.

"Entre les mariages mixtes et le faible taux de natalité, le déficit se creuse, chez les Juifs de diaspora, entre les naissances et les décès", explique Sergio Della Pergola, démographe en chef de l’Institut de planification de la politique du peuple juif. "L’immigration en Israël peut avoir une influence positive mais il faut pas forcer les Juifs à immigrer. Israël est intéressé à l’existence d’une diaspora forte et non à son élimination."



David Levy
webmaster




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