Roch-hachana 5768

1er jour - Jeudi 13 Septembre 2007 - 1er Tichri 5768
publié le lundi 10 septembre 2007
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1er jour - Jeudi 13 Septembre 2007 - 1er Tichri 5768

Lecture de la Torah : Genèse XXI : Naissance d’ISAAC 2ème rouleau : Nombres XXIX, 1-6 : Sacrifices de la fête. Haphtara : I Samuel 1, 1 - II, 10 : Naissance de Samuel ; prière de HANNAH.

2ème jour de ROCH-HACHANA : 2ème jour - vendredi 14 septembre 2007 Lecture de la Torah : Genèse 22 : Ligature d’ISAAC. 2ème rouleau : Nombres XXIX, 1-6, comme le jour précédent. Haphtara : JEREMIE, XXXI, 2-20 : L’espoir en l’avenir d’Israël.


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Commentaire de la Torah :

En ce premier jour de la fête de ROCH-HACHANA, il faut se souvenir que l’une des raisons pour lesquelles on sonne le CHOFFAR, tient au fait que l’on rappelle par ce moyen le sacrifice du patriarche ISAAC. Nous sonnons le Choffar avant la prière de Moussaf et selon certains rites, également durant cette grande prière. En relisant les passages bibliques et liturgiques durant cette fête de Roch-Hachana, nous nous rappellerons que D.ieu voulut éprouver la confiance qu’ABRAHAM avait en Lui, en lui demandant d’offrir ce qu’il avait de plus cher au monde, alors qu’il avait pourtant attendu si longtemps, pour avoir le bonheur de célébrer la naissance de son fils unique ISAAC. Disons immédiatement que ce n’était qu’une mise à l’épreuve pour savoir jusqu’à quel point ce patriarche, jusqu’ici comblé, était disposé à manifester sa foi en D.ieu. Il n’était nullement question, comme le souligneront plus tard tous les maîtres de la Tradition, de réaliser un sacrifice humain, ce qui est tout à fait contraire à l’esprit et à la lettre du Judaïsme. Par conséquent, en se soumettant à l’ordre divin, ABRAHAM, connaissant le prix de l’effort et du sacrifice qui lui était imposé, du fait même de perdre ainsi tout espoir de voir assurée sa descendance, pouvait sans équivoque, témoigner de sa totale soumission à la volonté divine. C’est bien ainsi que le Midrash nous rapporte l’empressement avec lequel cet homme hors de pair, que fut le père de tous les croyants, exécuta l’ordre donné par D.ieu. C’est la raison pour laquelle, poursuit le texte, l’ange chargé d’empêcher ABRAHAM d’aller jusqu’au bout de son geste consistant à porter la main sur son fils ISAAC, dut appeler le patriarche à deux reprises, tant celui-ci était absorbé par la mission importante qui lui avait été confiée. Aussi, lorsque retentit la sonnerie du CHOFFAR, notre désir profond est que ses différents sons et timbres puissent directement monter vers D.ieu et que par eux, le Créateur toujours miséricordieux, veuille bien nous accorder une année nouvelle, concernant notre vie et notre bonheur. Par ces sonneries, nous venons donc rappeler le sacrifice d’ISAAC déjà mentionné plus haut, comme si à ce seul titre, sans tenir compte de nos propres efforts de repentance, nous pourrions espérer voir diminuer la peine pouvant nous frapper pour les fautes commises, alors que nous aimerions tant les voir effacées par le Souverain Juge. Cette attitude de soumission, à l’exemple du patriarche ABRAHAM, nous est indiquée par un texte talmudique : « Rabbi ABAHOU enseigne : « pourquoi doit-on sonner à l’aide d’une corne de bélier ? Le Saint Béni soit-Il dit : Faites retentir le CHOFFAR, afin que je me souvienne du sacrifice d’ISAAC ! Par cette sonnerie, je considèrerai que vous aussi, vous vous êtes sacrifiés. » (Talmud Roch-Hachana 16 a). Là est donc la question. Car, pour nous, il ne s’agit pas de se rattacher uniquement par la pensée à l’attitude de nos patriarches. Dans leur cas précis, ils ne se contentaient pas uniquement de manifester une intention, si noble et généreuse fut-elle. Pour eux, ils s’agissait bien davantage de traduire en actes leur volonté sincère de servir D.ieu. Ils étaient prêts pour cela à aller jusqu’au sacrifice suprême, sans arrière-pensée aucune. C’est bien l’attitude de soumission à la volonté divine qui valut à ABRAHAM le mérite de pouvoir sauver son fils unique. Ceci devrait nous permettre d’en rappeler à notre tour la grandeur, pour obtenir de la part de D.ieu, la rémission de nos propres fautes. La soumission à la volonté et à la parole de D.ieu reste donc la condition indispensable destinée à nous faire obtenir plus favorablement le pardon divin de nos fautes. Dans ce domaine si particulier consistant à transformer notre conscience en juge impartial, la seule intention de ne plus récidiver serait insuffisante pour traduire la sincérité de notre retour vers D.ieu. Notre prise de résolutions doit être sans ambiguïté. Cela dut-il coûter de la peine ou de l’argent, toute la valeur de notre sacrifice pour rentrer en grâce auprès du Souverain Créateur et mériter Sa miséricorde ne saurait être prise en compte, qu’à la condition de témoigner par nos actes, notre volonté profonde de changement. L’exemple de notre patriarche, rappelé par la lecture de ce jour, est donc clairement décrit. Il vient nous indiquer le chemin à suivre, même dans les conditions les plus difficiles qui puissent se présenter à nous.

HAPHTARA :

Le thème central de notre texte tient à la place que tient ‘HANNA, la mère du prophète SAMUEL. Il s’agit là d’une longue prière, traduisant la peine qu’éprouve cette femme désespérant avoir un jour un enfant. On se souvient que toutes les femmes des patriarches, SARA, épouse d’ABRAHAM, REBECCA, épouse d’ISAAC et RACHEL, épouse de JACOB furent longtemps stériles. Ce fut le cas également de HANNA. Seule, LEA, l’autre épouse de JACOB, n’eut aucune difficulté pour avoir des enfants. Dans la paracha lue ce jour, le texte biblique dit ceci : « L’Eternel s’était souvenu ( PAKAD) de SARA ». (Genèse 21, 1). C’est parce qu’au terme d’une longue attente, HANNA eut le bonheur d’avoir un fils prénommé SAMUEL. D.ieu s’était souvenu d’elle (I Samuel I, 19). Par comparaison avec la situation vécue par SARA et HANNA, nos Maîtres ont choisi ce texte pour la lecture de notre Haphtara. C’est surtout dans le chapitre II du premier livre de SAMUEL, dans les versets 1 à 10, que nous trouvons la prière très émouvante que peut exprimer toute mère, plus encore si elle est juive et voudrait transmettre un héritage spirituel. HANNA avait très confiance en D.ieu. Je recommande vivement la lecture de ce texte bibliqueà tous ceux voulant comprendre ce que représente le prix d’un enfant que l’on attend avec impatience. Il s’agit de donner la vie, à un être, comme SAMUEL, que sa mère veut mettre au monde, en le consacrant à D.ieu. Nous savons, que son souhait fut pleinement exaucé. C’est lui qui eut le mérite par la suite de consacrer les deux premiers rois d’ISRAEL que furent SAUL et DAVID. Cette femme dont la Haphtara nous relate la merveilleuse histoire, méritait de servir d’exemple. Discrète, vertueuse, confiante en l’avenir, il ne fait aucun doute que nous pourrions largement réfléchir et méditer, afin que d’autres générations en ISRAEL puissent elles-aussi avoir le rare privilège de donner naissance à des enfants possédant les qualités spirituelles du prophète SAMUEL. Ce n’étaient pas les titres ni les diplômes et encore moins la possession de biens matériels dont rêvait pour lui sa mère. Ce qui lui paraissait essentiel et ce à quoi elle tenait beaucoup, c’était de le voir toujours dans la proximité de D.ieu. Son vœu fut largement exaucé. C’est bien le plus grand bonheur que nous pourrions souhaiter de nos jours à toutes les femmes juives, celui de voir leurs enfants suivre toujours le droit chemin, celui que nous indique la Tradition juive.



Alain Goldmann
Grand Rabbin




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