« Deux peuples : trois Etats ? »

BILLET DU 17 JUIN 2007
publié le dimanche 17 juin 2007
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Bonjour,

Alors que Shimon Peres vient d’être élu Président de l’Etat d’Israël, cet homme de paix, récompensé par un prix Nobel qu’il partagea avec Yitzhak Rabin et Yasser Arafat, reste le seul témoin vivant, parmi les trois récipiendaires, de ces efforts vers un dialogue entre Palestiniens et Israéliens. Souvent l’on a pensé possible une paix entre ces deux peuples jusqu’à concevoir que le slogan « deux peuples : deux Etats » pouvait s’imposer au plus grand nombre. La fonction de Président de l’Etat d’Israël est honorifique. Shimon Peres ne disposera pas d’un pouvoir d’action ou d’influence qui pourrait être déterminant dans le processus de paix. Et puis, force est de constater que les événements actuels entre le Fatah et le Hamas ne permettent pas d’espérer des jours meilleurs.

Le moins que l’on puisse dire c’est que les Palestiniens se livrent actuellement une guerre fratricide. Tant qu’Arafat était en vie, il parvenait tant bien que mal à contenir les ardeurs de pouvoir du Hamas. Les palestiniens n’ont plus de chef, de figure emblématique et historique. La guerre des chefs est donc ouverte divisant la Palestine en deux territoires distincts : la bande de Gaza et la Cisjordanie. Le Hamas règne en maitre sur Gaza et le Fatah sur Ramallah. Les morts se comptent par dizaines, et Israël ne peut que déplorer cet état dont il est totalement étranger. La question de l’ingérence diplomatique d’Israël dans les affaires palestiniennes peut se poser. Entre deux maux l’on choisit généralement le moindre et, depuis longtemps, le moindre mal est le Fatah. Le Hamas est plus que jamais disqualifié pour être un interlocuteur crédible dans des efforts de paix. Reste donc le Fatah qui ferait presque figure de modéré. Pourtant pour Israël l’exercice est périlleux. Soutenir le Fatah se serait exacerber les haines du Hamas non seulement contre Israël mais également contre le Fatah qui semblerait pactiser avec l’ennemi. Israël n’a d’autres alternatives que de constater le drame humain qui se déroule à ses frontières et de se protéger. L’ONU presse Israël d’ouvrir le poste de contrôle de Rafah pour éviter un « drame humanitaire » en confinant un peuple déjà dans la misère dans ses frontières exigües. Comment peut-on raisonnablement concevoir un instant qu’Israël ouvre ses frontières et permettent par là-même aux activistes du Hamas de se répandre non seulement en Israël mais aussi et surtout en Cisjordanie ? La position d’Israël tant politique que géographique lui ordonne de contenir les activistes des deux camps sans prendre part au conflit. C’est là un exercice périlleux. Souvenons-nous que l’année dernière, exactement à la même période, le gouvernement israélien avait opté pour des choix militaires qui l’avaient plongé dans un bourbier durant tout l’été au Liban et dans ses frontières Nord. Plus que jamais Tsahal doit demeurer une force de défense qui n’a comme seul mission de protéger sa population. Gageons que ce nouveau mois de Tammouz qui s’ouvre aujourd’hui soit celui qui verra l’apaisement dans la région.

Shavouah tov, bonne semaine à tous. Etant à Jérusalem dimanche prochain, je ne vous retrouverai sur Judaïques FM que le dimanche suivant.



Gabriel Farhi
Rabbin
AJTM - Alliance pour un Judaïsme Traditionnel et Moderne
Aumônier israélite des hôpitaux de l’AP-HP
Chroniqueur sur Judaïques FM 94.8




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