Il y a 65 ans, l’étoile jaune

publié le lundi 4 juin 2007
Partagez cet article :



29 mai 1942 : il y a très exactement 65 ans, la huitième ordonnance allemande imposait en France, le port de l’étoile jaune à tous les Juifs de plus de six ans.

publicité

Cette opération de marquage, lancée à grande échelle, en zone occupée, n’était qu’une nouvelle étape de la " Solution finale ", une mesure supplémentaire d’exclusion et de répression antijuive, qui intervenait tout juste deux mois après la première déportation des Juifs de France vers Auschwitz, le 27 mars.

Des exemptions concerneront des cas isolés, en application du cadre dérogatoire de l’ordonnance : " Lors de circonstances spéciales, dans l’intérêt du Reich, des dérogations à l’ordonnance peuvent être prévues dans des cas isolés... " était-il prescrit. Seulement vingt-six exemptions seront accordées par les autorités d’occupation, le 25 août 1942, où figurent Jeanne-Louise de Brinon - l’épouse de l’ambassadeur à Paris du gouvernement de Vichy -, des amies du maréchal Pétain, des exemptions pour " motif économique ", pour " contre-espionnage " et les services de Renseignement, pour des indicateurs Juifs travaillant avec la police allemande... Des privilèges exceptionnels, des " passe-droits " inavouables. A ces protections peu glorieuses, il faut ajouter les demandes volontaires d’exemption qui, au contraire des précédentes, correspondaient à d’authentiques stratégies individuelles de survie. Elles invoquaient la dignité et l’humanité contre l’humiliation et la discrimination. Transmises aux administrations françaises ou allemandes, elles resteront vaines. Comme pour ceux qui refuseront de porter l’étoile, ou qui la dissimuleront, cette forme de résistance entraîna bien souvent arrestations et déportations.

N’oublions pas.

Thierry NOEL-GUITELMAN
journaliste






blog comments powered by Disqus



Articles incontournables