Silence on tue

publié le mercredi 21 mars 2007
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Face au génocide qui se déroule aujourd’hui au Darfour, on ne pourra pas dire, qu’on ne savait pas. Si l’on n’agit pas, c’est qu’on est complice.

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Quatre ans que cela dure. Quatre longues années où chaque jour, dans pratiquement l’indifférence générale, un massacre d’enfants, de femmes et d’hommes s’opère quelque part en Afrique, au Soudan, dans cette région désertique appelée Darfour. On cite des chiffres sans trop bien savoir s’ils sont fiables : 300.000 morts, plus de deux millions de personnes déplacées dans des camps, prisons à ciel ouvert. Il faudrait, nous dit-on, ouvrir les charniers pour connaître les chiffres exacts. Il y a aussi des milliers de villages brûlés, sur des centaines de kilomètres. Darfour c’est l’enfer. Ce 20 mars au soir, à la Mutualité à Paris, celles et ceux qui ne supportent plus de vivre avec ce drame dans leur conscience, et qui se battent au sein de « SOS Darfour » et du « Collectif Urgence Darfour » pour qu’enfin la communauté internationale intervienne, avaient appelé à un grand meeting de soutien invitant les candidats à l’élection présidentielle à venir signer un engagement pour sauver le Darfour. Jacques Chirac s’y est mêlé, sous la forme d’une lettre envoyée à Bernard-Henri Levy que ce dernier a lue devant une salle comble. Le président de la République y déclare exiger des sanctions du Soudan si rien ne bouge. Si cette menace est vraie, c’est un véritable changement de cap dans la politique présidentielle, alors qu’il y a quelques semaines, le Président soudanais, Omar al-Béchir, était reçu très officiellement au sommet France-Afrique de Cannes. Se sont succédés à la tribune, Laurent Fabius, Bernard-Henri Levy, François Zimmeray, François Bayrou, et Ségolène Royal (qui proposent tous deux de boycotter les Jeux Olympiques de Pékin, si la Chine persiste, pour des raisons purement économiques, à s’opposer aux sanctions de l’ONU), et Dominique Voynet. Nicolas Sarkozy avait envoyé Nicole Guedj pour le représenter. Marie-Georges Buffet avait fait parvenir un communiqué. Tous les candidats à la Présidence de la République présents ont signé l’Acte d’engagement pour le Darfour constitué de huit points. Assez surprenante et particulièrement courageuse a été la venue du ministre des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, dont le moins que l’on puisse dire est que sa politique par rapport au Darfour est très controversée (la France, en effet, s’est opposée récemment à des sanctions de l’ONU envers le régime soudanais). Il a tenté d’expliquer que sans l’unanimité des membres du Conseil de sécurité, rien ne serait efficace, et surtout pas d’aider à armer la guérilla qui tente de s’opposer au régime. La salle a répondu par des huées. De l’ensemble des prises de parole, il en est ressorti qu’il serait très facile d’agir pour que cesse l’horreur. Il suffit d’une simple volonté politique. La pression de l’opinion doit dès lors rester forte. Aussi, les organisateurs ont lancé une pétition d’urgence afin de provoquer très vite une réunion de la commission européenne. Un million de signatures sont nécessaires. La communauté juive est très présente dans ce mouvement de mobilisation : l’Hashomer Hatzaïr, le CRIF, nos « intellectuels », tels B-H. Levy, André Glucksmann, et bien d’autres personnalités. Normal, non ? Il en va de l’honneur de l’humanité. Pour signer la pétition :






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