Minute de Torah - 23 Adar 5767

publié le mardi 13 mars 2007
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B’’H

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Les donations pour la construction du Sanctuaire dans son ensemble telle qu’elle est décrite dans la sidra de la semaine Vayakel-Pekkoudei, mettent à contribution chacun selon son coeur, et sans limitation. Mais les matériaux offerts (de 13 ou 15 sortes selon les avis) étaient en si généreuse quantité, que les Juifs donnèrent plus que nécessaire pour la construction du Sanctuaire, au point que Moché intervint pour demander de cesser les dons relatifs au Sanctuaire. Hommes, femmes et enfants pouvaient ainsi participer, mais une fois de plus, les femmes furent les premières à vouloir contribuer dans la sainteté et apporter ce qu’elles avaient de plus précieux, ces mêmes femmes qui refusèrent de donner leurs bijoux pour la construction du veau d’or.

Lorsqu’elles souhaitèrent faire don de leurs miroirs de cuivre, Rachi (sur Chemot, 38, 8) explique que Moché hésitait à accepter une telle donation, dans la mesure où les miroirs sont faits pour satisfaire le mauvais penchant (porté sur l’apparence). Moché ne concevait pas, en toute logique, que de tels objets puissent servir pour la sainteté. Rachi poursuit son explication, disant que H’ s’adresse à Moché pour qu’il accepte ces miroirs, qui « Me sont chers plus que tous les autres objets », car les femmes s’en servaient pour une sainte intention, sanctifiant ainsi le miroir lui-même : elles les utilisaient pour se faire belles malgré le travail éreintant de l’exil égyptien, de sorte à plaire à leur mari et ainsi avoir des enfants en dépit des efforts que cela représente dans leur contexte, et instaurer la paix au sein du couple.

Les miroirs, font partie de ce que l’on pourrait appeller la Klipat Noga’. La Klipa (« écorce ») désigne le domaine étranger à la sainteté, et se rapporte à ce qui fait écran au Bien, à l’instar d’une écorce qui recouvre le fruit. Malgré tout, il y a une catégorie de Klipa qui conserve une possibilité d’élévation vers la sainteté. Cette catégorie est appelée la Klipat Noga’ (l’écorce neutre, ou littéralement, « l’écorce de l’éclat »). Tout dépend alors de l’usage qu’on en a. En faisant un saint usage de leurs miroirs, les femmes en ont littéralement élevé la nature, au même titre que le prélèvement de la peau d’un animal pur pour en confectionner un parchemin de mézouza ou de téfilines. Voilà ce qui rendait pour H’ ces miroirs si précieux.







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