Minute de Torah - 10 Adar 5767

publié le mercredi 28 février 2007
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B’’H

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Pourquoi se déguise-t-on à Pourim ? Une réponse à cette question peut être déduite d’une comparaison entre la « Méguila d’Esther » lue à Pourim et la sidra Tétsavé, de cette semaine. Certes, la semaine de Pourim ne correspond pas systématiquement à la semaine de la section Tétsavé dans la Torah, mais est toujours à proximité, ce qui justifie une lecture « avec son temps ».

Tétsavé est la seule sidra parmi les 11 du Livre Chemot , où le nom de Moché n’apparaît pas même une fois. Moché n’en reste pas moins la personne principale, celle qui renforce le lien entre H’ et les Bnei Israel. Selon ce caractère de Moché, c’est précisément dans la sidra Tétsavé que l’on aurait pu attendre de lire le nom de Moché régulièrement. De fait, la racine du mot « tétsavé » signifie « lien » en hébreu (c’est du reste la même racine que « mitsva », dont l’application assure le lien avec H’). Le lien dont on parle unit les Bnei Israel, la « Torah de Moché » (appelée comme tel) et H’. L’absence du nom de Moché n’est pas l’absence de Moché lui-même. Au contraire, l’absence du nom nous incite à nous référer à son essence, qui n’a jamais été aussi présente que dans cette sidra.

Pourim est l’occasion de la lecture de la « Méguila d’Esther ». Là, de manière surprenante, c’est le nom de H’ qui n’apparaît pas même une fois. Pourim célèbre les miracles successifs (mais voilés) de H’ qui ont sauvé les Juifs de Babylone de l’extermination. Voilés, ces miracles n’en sont pas moins manifestes. L’absence du nom de H’, ne peut être Son absence. C’est précisément l’essence de H’, qu’aucun nom ne peut contenir, qui est présente dans la Méguila. La présence de H’ y est voilée, mais essentielle pourvu que les Bnei Israel cherchent à s’y lier. Une allusion à cela apparaît dans les termes mêmes de « Méguila d’Esther ». La racine hébraïque du nom « Esther » signifie « voilé », « caché ». Tandis que la racine hébraïque du mot « Méguila » signifie « dévoilé », « manifeste ». Le voilement de la présence divine nous incite à nous rattacher à son essence, et à en dévoiler son existence profonde.

Pourim est l’occasion de dérouler le rouleau d’Esther pour se rappeler que H’ est là à chaque instant pour veiller sur nous, même si nous ne pouvons le voir. Le déguisement de Pourim (voilement de notre visage) nous rattache à ce qui est plus profond que la simple apparence. Une fois cet attachement scellé, on peut ôter le masque...







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