Pierre Rehov contre Arte

publié le vendredi 1er août 2003
Partagez cet article :



Pierre Rehov

BP 51

94122 - Fontenay Sous Bois CEDEX

A l’attention de Monsieur Thierry Garel

Unité de Programmes Documentaires

ARTE France

8 rue Marceau

92500 - Issy Les Moulineaux Cedex 9


publicité

Monsieur,

J’accuse réception de votre lettre me signifiant le refus d’Arte de se porter acquéreur des droits de mon dernier film, " La route de Jénine ".

Il va sans dire que je respecte totalement votre décision, dans un pays de droit, où la liberté d’expression est censée être totale, ce qui inclue, à votre niveau, la liberté de choix des programmes à diffuser.

Cependant, en me référant plus précisément à votre lettre, je suis interpellé par les raisons que vous invoquez.

Mon film, donc, ne correspondrait pas aux " exigences de votre ligne éditoriale ".

Vous me pardonnerez, j’espère, de m’interroger sur ce que sont ces " exigences " lorsque je sais, par ailleurs, que vous vous êtes portés acquéreur du film mensonger et raciste de Mohammed Bakri ( Jenin-Jenin ) réalisé sur le même sujet.

En effet, si vous vous êtes donné la peine de visionner cet autre film, interdit en Israël pour cause d’incitation à la haine raciale, vous y découvrirez plusieurs faits intéressants.

Le premier, c’est que l’allusion à un massacre qu’auraient commis les troupes israéliennes y est permanente (alors que Palestiniens et Israéliens s’entendent sur le nombre réduit et quasi équitable de morts des deux coté ), conduisant un des intervenants du film à affirmer ( je cite ) " Ils ( les Juifs ) n’ont pas pu être créés par Dieu. Ce sont des monstres. Ils ont dû se cloner eux-mêmes ".

Le second, et non des moindres, est la capacité de mensonge du docteur Raed Abhu Gali, l’un des principaux intervenants, qui affirme qu’une aile de l’hôpital aurait été détruite par Israël pendant l’invasion.

Vous constaterez que ce mensonge éhonté est dévoilé dans mon propre film, puisque j’ai également eu l’honneur d’interviewer ce personnage édifiant.

Enfin, les allusions constantes et de pure fantaisie aux actions sadiques des brutes sanguinaires israéliennes, pendant le siège de Jenin ne servent, hélas, que l’auteur du film dans ses intentions propagandistes. Si les Palestiniens souffrent, ce qui est intolérable évidemment, ce n’est pas leur faire honneur ni justice que d’inventer des exactions spectaculaires ou d’exagérer à l’extrême les résultats des actions militaires israéliennes, même si ce procédé se trouve être dans l’air du temps.

Sachez que, malgré les affirmations du film de Bakri, les Israéliens - j’en ai eu la preuve durant mes longs séjours au Moyen Orient - ne s’amusent pas à écraser des enfants sous leurs tanks ni à tirer sur des bébés à bout portant. Quant au vieux monsieur, for émouvant, qui prétend avoir été blessé par un Sniper dans le film de Bakri, celui-ci se trouve avoir, en fait, été pris en charge par l’armée israélienne après une ( et non pas deux ) blessures accidentelles, comme il est prouvé dans mon investigation.

Si je me permets d’attirer votre attention sur ces divers éléments, c’est que je crois justement en la liberté d’expression. C’est au nom de cette dernière que Monsieur Bakri a pris l’initiative, personnelle, de tenter de faire censurer mon propre film en Israël, par une action en Justice devant le Court Suprême. Je m’interrogerai longtemps sur les véritables intentions d’ARTE s’il s’avérait que le dangereux brûlot de haine de Monsieur Bakri fût diffusé par votre chaîne sans qu’un autre document puisse lui apporter contradiction.

En vous remerciant pour l’attention que vous voudrez bien apporter au présent courrier, je vous prie d’agréer, Monsieur, l’expression de mes meilleurs sentiments.

Pierre Rehov



David Levy
webmaster




blog comments powered by Disqus



Articles incontournables