Un homme dangereux : Bruno Megret

publié le mardi 15 décembre 1998
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Jean-Marie Le Pen veut reprendre son parti en main. Jean-Marie Le Pen a-t-il pour autant triomphé d’un Bruno Mégret velléitaire ?

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Ce qui oppose les deux hommes :

Ce qui oppose les deux hommes, c’est d’abord une affaire de génération et d’itinéraire. Mégret s’est rallié au Front National à l’heure du succès. Il n’a donc pas traversé l’histoire tourmentée des groupes et partis fascistes dans les années 70 et 80. Le Pen, a derrière lui plus de cinquante années de combat politiques et porte la marque d’une autre époque. Quant au Front National, il est et demeure pour l’instant l’unique propriété de Le Pen. La fin inéluctable du leader amorcera-t-« elle pour autant, le déclin du FN ?

Mégret est-il plus extrémiste que Le Pen ? L’actuel patron du Front cultive l’instinct et la provocation, Mégret, lui, intellectualise, démontre, raisonne. Il est un excellent stratège, un adroit tacticien. L’un est tripe, l’autre est cerveau. Dans son idéologie et dans ses actes, Vitrolles prouve que Mégret est plus radical encore Le Pen. Selon un ancien conseiller de Le Pen, Lorrain de Saint-Afrique, « Mégret est caractéristique de l’extrême-droite » et il y aurait « beaucoup à redouter si Mégret prenait les rênes du mouvement ». Mégret « c’est ce qu’il y a de plus grave (au FN). »

« Le FN est un instrument » explique Bruno Mégret. « S’il faut en changer pour que nos idées triomphent, je n’aurai aucun état d’âme. D’un côté, il y a ceux qui ont confiance dans la force de leurs convictions et de leur caractère. De l’autre il y a ceux qui craignent de perdre leur âme s’ils quittent la famille. Mon ambition n’est pas de diriger un parti, mais de réaliser pour mon pays ce pour quoi je me bats depuis des années. Je ne fais pas de politique pour témoigner,mais pour vaincre ! ».

M.Mégret et les siens fabriquent ce qu’ils pensent être le parti de demain : celui du « peuple français » contre « le mondialisme », celui de la culture « enracinée » contre « l’établissement cosmopolite », celui de la « puissance » contre les « droits de l’hommisme ». Il n’y a rien qui prête à rire. Sauf à risquer d’un jour à pleurer....

15 Décembre 1998



David Levy
webmaster




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