« Le cessez-le-feu est juste une tactique »

Communiqué de Ambassade d’Israël en France, 18 décembre 2006
publié le mercredi 20 décembre 2006
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Mahmoud al-Zahar, le ministre des Affaires étrangères de l’Autorité Palestinienne (AP), a déclaré le 10 décembre dernier que le cessez-le-feu signé avec Israël (le 26 novembre 2006) ne constitue pas un acte de reconnaissance d’Israël, mais seulement une démarche tactique parmi d’autres pour obtenir la « complète libération » de la Palestine.

« Nous, les musulmans, sommes les propriétaires uniques de toute la Palestine et nous n’abandonnerons aucune partie de ce territoire » a-t-il dit devant les étudiants de l’Université islamique de Gaza, ajoutant que l’établissement d’un Etat palestinien serait suivi d’une « entreprise culturelle islamique ».

Al-Zahar a demandé que l’AP renonce à tous les accords signés avec Israël et a rejeté toute coordination sécuritaire avec lui.

Le vice-ministre palestinien des Affaires religieuses, Salah Alrakab, présent avec Al-Zahar, a dit quant à lui aux étudiants que l’islam interdit de signer un traité de paix avec les Juifs, car « le conflit avec les Juifs est religieux, existentiel et n’a rien à voir avec les frontières. » Au plus, a-t-il concédé, les lois islamiques permettent de signer une « hudna », un cessez-le-feu temporaire (voir plus bas).

Il a ajouté que la libération de la terre sera accomplie uniquement par la voie du jihad et grâce à la mobilisation de la nation islamique, ce qui représente le chemin le plus court pour restaurer les droits des Palestiniens et faire reculer « l’avarice des Juifs ».

Quelques jours auparavant, alors que le Premier ministre palestinien Ismaël Haniyeh était à Damas et à Téhéran (début Décembre), il a répété que l’AP dirigée par le Hamas ne reconnaîtrait jamais Israël et continuerait le jihad contre lui, jusqu’à sa disparition.

Il a aussi déclaré que durant sa mandature, il n’avait pas agi contre les groupes armés ni ne les avait empêchés de commettre des actions contre Israël.

Le concept de hudna

Le terme de hudna signifie en arabe trêve.

La référence à ce terme prend sa source dans la vie de Mahomet lorsqu’il signa le traité d’Hudaïbiya.

Le traité d’Hudaïbiya

En 629, la huitième année de l’hégire, Mahomet était loin d’avoir répandu l’islam sur l’ensemble des tribus d’Arabie. Avec ses disciples, il voulut entrer dans La Mecque, mais la tribu des Qurayish l’en empêcha. N’étant pas en mesure de combattre les Qurayish, il alla s’installer un peu plus loin, dans la plaine d’Hudaïbiya. C’est là que le traité d’Hudaïbiya fut signé par le Prophète et les Qurayish. Le traité instaurait une paix pour une période de 10 ans, pendant laquelle les musulmans pouvaient aller à La Mecque et les Qurayish pouvaient aller en Syrie en passant par les zones conquises par les musulmans. L’accès à la Mecque ouvert, Mahomet respecta le traité tant que le rapport de force était en sa défaveur. Quand il eut conquis assez de monde pour s’opposer aux Qurayish, il les attaqua et conquit La Mecque, deux ans après le traité d’Hudaïbiya.

Le précédent d’Hudaïbiya est si important qu’il définit même la durée maximum d’une trêve temporaire : 10 ans.

En Juin 2003, alors qu’il était Premier ministre, Mahmoud Abbas avait déjà péniblement conclu une trêve avec la plupart des factions terroristes (il s’agissait alors de ce que les Palestiniens appelèrent non hudna, mais taliq, terme arabe plus faible qui désigne une suspension temporaire des actions hostiles). Le Hamas annonçait déjà à ses militants qu’il avait signé la trêve simplement pour préserver l’unité du peuple, et que cela n’était qu’une étape stratégique (il an alla de même pour le Jihad islamique).







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