La double nature de ‘Hanouka et son actualité

publié le jeudi 14 décembre 2006
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La fête de ‘Hanouka commémore deux événements miraculeux : le miracle de l’huile, et la victoire militaire.

Le miracle de l’huile a été à la fois défini et confiné dans son étendue et dans sa portée. Il a eu lieu dans la partie la moins visible du Temple, et il n’a été observé que par un nombre très restreint de personnes, à savoir les kohanim qui assuraient le service du sanctuaire.

La victoire militaire, en revanche, a été très étendue dans son impact, tant en termes de nation qu’en termes de territoire. Elle s’est étendue à travers le pays tout entier, et chacun des citoyens y a été impliqué et a été concerné par elle.

Ces deux éléments reflètent les deux foyers qu’a occupés le miracle : l’huile s’est concentrée sur le Temple, alors que la guerre a concerné la nation dans son ensemble. En dépit de la disparité apparente entre ces deux éléments, il existe entre eux un lien très fort.

Le Temple est, d’une certaine manière, le symbole de la nation. Cette idée est reflétée dans la prière de Salomon lors de l’inauguration du premier Temple (I Rois 8, 12 à 53). Elle est également traduite dans les livres des prophètes qui parlent des yeux de chacun tournés vers le Temple. Le Guemara (Chabbath 22b et Torath Kohanim, Emor 13, cités par Rachi ad Wayiqra 24, 3) parlent de la menora en tant que « témoignage » pour tous les hommes, affirmant que la chekhina réside en Israël.

Dans un autre sens, la « lumière » émerge et se propage à partir du Temple. En d’autres termes, le Temple constitue la source d’inspiration et d’instruction pour le peuple juif. De la même façon, la nation se réunit et se concentre autour du Temple. L’existence de la nation dépend de sa fidélité aux principes du Temple, à sa pureté absolue, symbolisée par de l’huile d’olive rigoureusement pure (chémèn zayith zakh).

Ces éléments sont appelés à coexister, et leur dissociation conduit à de graves dangers. Certaines personnes sont reliées au Temple et impliquées dans son service, mais elles sont en même temps comme débranchées de la nation, comme si elles ne se sentaient pas concernées par le destin de celle-ci. Elles se concentrent sur « l’huile d’olive rigoureusement pure » oubliant parfois ceux parmi lesquels elles vivent. D’autres se situent aux antipodes de ce problème : Ils se désolidarisent du Temple et de son « huile rigoureusement pure ».

Le Temple ne peut pas exister sans la nation, de même que le peuple juif ne peut pas exister sans s’identifier au Temple et à ses lois.

Il n’existe qu’un seul ‘Hanouka, pendant lequel nous nous rattachons à ces deux thèmes et à leur interdépendance. Nous devons nous raccorder à la communauté juive tout entière, et formuler une seule approche globale intégrée.

Le Hasmonéens étaient consacrés au service du Temple et à la prêtrise, et ils ont également réussi en termes militaires et diplomatiques. Ramban (Berèchith 49, 10) les critique cependant pour s’être emparés des commandes politiques, violant ainsi l’avertissement donné par Jacob : « Le sceptre ne se séparera pas de [la tribu de] Juda. » Ils n’en ont pas moins pris le pouvoir, reconnaît ce commentateur, parce qu’ils avaient conscience des graves dangers que pourrait provoquer une séparation entre ces deux éléments.







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