Minute de Torah - 14 Kislev 5767

publié le mardi 5 décembre 2006
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B"H

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Suite au combat livré avec un ange (qui est la manifestation spirituelle de son frère Essav), Yaakov se voit attribuer un nouveau nom : Israel. Pourtant, cette nomination n’a pas effacé le prénom précédent, Yaakov. Et à plusieurs reprises, un nom est utilisé plutôt qu’un autre dans la suite du récit de la vie de Yaakov-Israel.

Par comparaison, Avraham avait aussi changé de nom selon l’ordre de H’ : "Ton nom ne sera plus Avram, mais ton nom sera Avraham"( Béréchit, 17, 5). Mais ce changement de nom est définitif, le nom d’Avram n’étant dès lors plus jamais utilisé pour le désigner. Au point même, disent nos Sages, que celui qui désigne Avraham par son ancien nom au lieu du nouveau attribué par H’, commet une transgression. Dans ce cas, pourquoi n’en est-il pas de même pour Yaakov-Israel ? Et pourquoi la Torah elle-même se réfère-t-elle selon les circonstances tantôt au nom "Yaakov" tantôt au nom "Israel" ?

A l’appui des commentaires du Midrach et du Rachi, la ’hassidout explique que "Yaakov" et "Israel" représentent deux formes de services divins, complémentaires. Selon les circonstances, chaque juif suivra telle forme de service correspondant à celui de Yaakov, ou telle autre correspondant au niveau de Israel.

Le service de Yaakov est à rapprocher à l’effort de transformation du monde matériel. Il met l’accent sur la lutte du juif pour élever la matière hors de sa grossièreté. Au sein même du monde matériel, habillé des "habits de Essav", nos actions (manger, boire, travailler) ne sont pas moins tournées pour le service de H’. Ce service correspond précisément à la vie de Yaakov jusqu’au jour où eut lieu la bataille avec l’ange d’Essav. D’ailleurs "Yaakov" est de même racine hébraïque que "’ékev", le "talon", indiquant le rapport avec le monde matériel ici-bas.

Quant à "Israel", il est fait référence à notre relation au spirituel. La matière, à ce niveau, est raffinée au point qu’elle n’est plus en conflit avec le service divin qu’elle ne voile plus. Ce niveau de service correspond à l’essentiel de la vie de Yaakov suite à la bataille avec l’ange. D’ailleurs les lettres hébraïques formant le corps du mot "Israel" (Rèch, Alef, Shine), forment le terme "rosh", la "tête", indiquant le rapport avec le monde spirituel.

"Un D.ieu Unique créa l’un et l’autre, avec une finalité commune, révéler la Lumière de la Sainteté Divine" (Hayom yom , 7 Kislev). De même que le corps lie la tête au pied, le spirituel et le matériel s’unifient pour ne former qu’une seule entité tournée vers le service divin avec ses diverses formes.







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