Minute de Torah - 23 ’Hechvan 5767

publié le mardi 14 novembre 2006
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B"h

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"Et Avraham était âgé, avancé dans les jours" ("VéAvraham zaken, ba bayamim...", Béréchit, 24, 1). Que signifie cette redondance apparente d’information ? Quelle différence y a-t-il entre "être âgé", et être "avancé dans les jours" ?

Le Midrach commente la distinction entre les deux expressions de la viellesse pour Avraham : certaines personnes ont atteint la vieillesse sans avoir atteint les jours. D’autres ont atteint les jours sans avoir pris de l’âge. Avraham pour sa part, avait atteint la plénitude.

Etre âgé ("zaken" en hébreu) signifie "avoir acquis la sagesse". D’ailleurs, précise Rachi, "zaken" est à rapprocher étymologiquement de "zé kana", c’est-à-dire "celui qui a acquis". Appliqué à Avraham, la Torah nous enseigne que son âme avait atteint la plénitude. Appliqué à nous, la ’hassidout explique que le juif qui étudie la Torah s’attache à la Sagesse de H’, et développe ainsi son âme en y intériorisant la sagesse de la Torah.

"Etre avancé dans les jours" fait référence à l’application des mitsvot. Appliqué à Avraham, chacun de ses jours était rempli de mitsvot (avant la lettre, puisqu’il est fait référence aux mitsvot qu’Avraham appliquait par inspiration divine avant même d’avoir reçu la Torah). Appliqué à nous, il s’agit d’accomplir chaque jour de notre vie, par l’accomplissement des mitsvot.

Etre âgé ("zaken" en hébreu) signifie "avoir acquis la sagesse".

"Les faits des Pères marquent une voie pour les enfants". A l’image de notre père Avraham, il nous incombe de (ré)concilier le monde spirituel avec le monde matériel. Il s’agit d’illuminer la matière par l’application des mitsvot pour la transformer en demeure pour H’. Nous avons pour cela la lumière de la Torah. Cette lumière ne doit pas rester tous les jours cloisonnée à la synagogue ou à la yéshiva, à l’image d’un feu qu’on allumerait mais sans s’en servir pour éclairer le monde.

Prendre une bougie pour faire profiter la lumière de la Torah "à l’extérieur", voici la manière d’éclairer le monde matériel de la lumière spirituelle. Car, nous dit le Roi Salomon, "la mitsva est [une] bougie et la Torah est [sa] lumière ("Ki Nèr Mitsva véTotah Or", Michléi, 6, 23). En ce sens, il est enfin possible d’imprégner la matière de spiriruel, de joindre l’esprit à la lettre. La pièce que l’on met chaque jour à la Tsédaka, la lanière de téfiline que l’on enroule dans son bras et autour du front, la mézouza que l’on fixe à sa porte, la pureté familiale, la cacheroute, les bougies allumées pour chabat, et toutes les autres mitsvot, puisent leur lumière de chaque minute passée à étudier la Torah, pour venir à bout du raffinement de la matière.







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