Minute de Torah - 16 ’Hechvan 5767

publié le mardi 7 novembre 2006
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B"H

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Nous avons mis l’accent dans le Minute de Torah d’hier sur le caractère dominant de la personnalité d’Avraham : le ’Héssed (Bonté). C’est effectivement le trait de personnalité à travers lequel on a pris l’habitude de le définir, mais ce ne peut être limitatif d’un Tsadik, de "notre père", "père des nations", seul à affirmer l’Unité de H’, envers et contre tous les idolâtres.

En fait, Avraham est un être complet : il n’est pas seulement celui que l’humanité aura retenu pour incarner le ’Héssed.

Tester une personne sur ses points forts ne permet pas d’apprécier la grandeur de sa personnaité sous tous ses aspects. Or le Maître du monde, qui veille sur chaque détail du monde qu’Il règle à chaque instant, a souhaité pour Avraham que des aspects pour lesquels on le soupçonnait moins, s’avèrent parfaitement accomplis. Nos Sages expliquent que même les Justes connaissent des épreuves (qui peuvent passer par des souffrances). Ce sont alors, de manière systématique, des "épreuves par amour". Elles visent en particulier à révéler la grandeur des Justes, leur foi inébranlable, et à apprécier toute la mesure de leur attachement à la Volonté divine. Ces personnes d’exception, les Tsadikim, deviennent par leur comportement irréprochable dans leur rôle dans le monde, les fondements de celui-ci. Le Tsadik est ainsi qualifié de "fondement du monde".

La sidra de la semaine, Vayéra, relate l’épisode de la "ligature d’Yts’hak" (’Akedat Yts’hak). En deux mots, H’ décide d’éprouver celui qui aura toute sa vie incarné le ’Héssed, l’hospitalité, l’amour du prochain, la défense des menacés. Il décide de l’éprouver non pas sur ce qui n’est plus à prouver, mais sur ce qui révèlera au monde la force de l’engagement de Avraham, même lorsque les principes de sa vie semblent en question, jusqu’à risquer d’affecter ce qu’il a de plus cher : son fils. H’ demande à Avraham de "élever" son fils pour offrande pour H’ !

Est-ce qu’une personne emplie de Bonté peut témoigner d’une droiture, d’une rigueur aussi affirmée ? Peut-on demander à une personne pour qui la vie et l’amour du prochain prédomine sur (presque) tout ? Oui si c’est un Tsadik comme Avraham. Oui si c’est pour le service du Maître de toutes choses. Oui pour ceux qui savent que l’épreuve n’est là que pour élever l’homme, pour ceux qui prennent conscience que H’ nous considère comme son enfant, unique, né dans les vieux jours de manière quasi-inespérée. Et là, l’épreuve a atteind son but. Elle n’a donc plus lieu d’être, et disparaît comme si elle n’avait jamais existé. H’ envoie un ange pour expliquer à Avraham qu’il a atteind sa mission, et qu’elle a pleinement abouti. L’ordre d’H’ apparaît, à la lumière de H’, comme n’ayant dès l’origine nullement recherché le sacrifice d’Yts’hak, mais seulement son "élévation", sans atteindre à sa vie. Au contraire, ne peut consacrer sa vie pour H’ que celui qui a une vie, dans ce monde matériel, avec toutes ses composantes. Ici-bas, amour et crainte ne s’oppposent plus, bonté et rigueur trouvent une harmonie, tant qu’ils sont tournés pour la sanctification du Saint Nom.







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