Minute de Torah - 15 ’Hechvan 5767

publié le lundi 6 novembre 2006
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B"H

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La sidra que nous allons lire ce chabat, sidra Vayéra, dévoile différents aspects de la grandeur de Avraham, les uns plus émouvants que les autres : sa manière d’accourir auprès de ses hôtes pour les accueillir de la meilleure façon, ses démarches répétées pour trouver désespérément des mérites à Sédom et l’épargner de la destruction, son empressement à accomplir l’ordre de H’ dans l’épisode de la ’akedat Yts’hak, etc.

Avraham s’illustre particulièrement par son caractère de bonté (midat ’héssed). Sa tente était ouverte aux quatre directions, pour pouvoir acceuillir généreusement tous les éventuels hôtes de passage, et en profiter pour leur enseigner d’en finir avec l’idôlatrie qui caractérisait cette génération. Les commentaires racontent que Avraham était endolori par la circoncision qu’il venait d’accomplir pour sceller l’alliance éternelle avec H’, ce qui risquait de l’affaiblir s’il accomplissait comme à son habitude la mitsva de "akhnassat or’him" (prescription divine d’accueillir chez soi des hôtes).

La sidra débute en nous annonçant que H’ apparut à Avraham. Mais au moment où Avraham s’apprète à acceuillir la présence divine (chékhina), il vit au loin des voyageurs de passage. Le dilemme est énorme : vaut-il mieux accueillir la présence divine et connaître ainsi une haute élévation spirituelle personnelle ? Ou plutôt accueillir des hommes de passage, pour se conformer à la prescription divine de akhnassat or’him ? Pour Avraham, la réponse est évidente : faisant fi des douleurs physiques de la circoncision encore récente, et mettant en suspens une occasion exceptionnelle de connaître un élévation intense en accueillant H’, Avraham décide de s’occuper des autres. Selon l’interprétation midrachique, Avraham supplia H’ de patienter, pour qu’il puisse d’abord s’occuper des voyageurs de passage, les nourrir et les accueillir de la meilleure façon.

Mus par l’égoïsme ou par l’ignorance, certains auraient pu considérer que cette préséance de l’acte matériel de bienfaisance sur l’élévation spirituelle, traduirait une descente de l’âme (néchama), là où elle eut put se satisfaire des hautes sphères spirituelles. Ils auraient eu raison ! Mais c’est précisément la raison d’être de l’âme, doivent-ils savoir. Car il n’est possible d’accomplir les mitsvot de H’ que dans ce monde matériel, en dépit des souffrances physiques que l’on peut parfois éprouver. Ici-bàs seulement, il est possible de raffiner le monde physique, et de transfomer la terre, en sanctaire éternel pour H’. C’est pourquoi, contrairement à certaines idées reçues, " La Néchama attend, là-haut, le moment où elle pourra avoir le mérite de descendre dans un corps physique. Car elle a conscience de tout ce qu’elle pourtra accomplir ici-bàs [...] Alors pourquoi la retarder ?" (cf. Hayom Yom du 15 ’Hechvan).

Par son ’Hessed, Avraham aura bâti les fondations du monde matériel. Avraham est conscient que la plus haute élévation, celle qui suppose la transformation du monde qu’il a initiée, passe par une "descente de l’âme". Mais cette "descente" n’est qu’illusoire puisqu’elle est la préparation indispensable à la plus haute élévation.







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