Parasha Chemini-atsereth 5767

Chabbath Samedi 14 Octobre 2006 - 22 Tichri 5767 - Début : 18h47 - Fin : 20h02
publié le mardi 10 octobre 2006
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KOHELETH - PRIERE de la PLUIE.

Lecture de la Torah : Deutéronome XIV, 22 - XVI, 17 : Assistance aux pauvres ; offrande des premiers-nés ; les trois fêtes. 2ème rouleau : Nombres XXIX, 35 - XXX, 1. HAPHTARA : I Rois VIII, 54 - 66 : Inauguration du Temple (fin).

SIM’HAT TORAH - Dimanche 15 Octobre 2006 - 23 Tichri 5767 Lecture de la Torah : Deutéronome XXXIII et XXXIV : Dernières bénédictions de MOISE ; sa mort. 2ème rouleau : Nombres XXIX, 35 - XXX, 1. HAPHTARA : JOSUE I : JOSUE, successeur de MOISE.

ERRATUM : J’avais indiqué dans mon commentaire précédent, que lors de la fête de SOUCCOTH, à l’époque du Temple de JERUSALEM, on offrait publiquement soixante-dix taureaux pour les soixante-dix nations considérées alors comme constituant l’ensemble des nations, face à ISRAEL. Ce dernier avait le privilège de n’offrir qu’un seul taureau le jour de la fête de CHEMINI-ATSERETH. Pour parvenir au chiffre de 70, il fallait commencer le premier jour de la fête par offrir 13 taureaux (Nombres XXIX, 13) et non 14 comme indiqué par erreur. Ainsi de 13 et par ordre dégressif jusqu’à 7 (le jour de HOCHANA RABBAH), on parvient bien au total de 70. DONT ACTE.


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Commentaire de la Torah :

« Oh ! Que tu es heureux, Israël ! Qui est semblable à toi, peuple sauvé par l’Eternel ? Bouclier qui te sauve. Il est aussi le glaive qui te fait triompher : tes ennemis ramperont devant toi, et toi, tu fouleras leurs hauteurs. (Deutéronome XXXIII, 29).

Les solennités de Tichri s’achèvent par la lecture du passage relatant les dernières paroles que MOISE adressa aux enfants d’Israël. Tel un père sur son lit de mort, faisant ses ultimes recommandations à ses enfants, comme l’avait déjà fait le patriarche JACOB avec ses douze fils, MOISE, s’adressant à chacune des douze tribus, s’exprime tour à tour par des paroles tantôt douces et tantôt sévères. Il connaît bien les moindres défauts de ceux qu’il eut la charge de guider durant quarante ans. Grâce à ses dons de prophéties, demeurés intacts jusqu’à son dernier souffle, il est en mesure d’annoncer l’avenir, en se fondant sur les expériences du passé.

La principale leçon pouvant se dégager de ces ultimes recommandations, c’est qu’ISRAEL ne doit pas désespérer de son sort. Les difficultés qu’il rencontrera tout au long des étapes de son histoire, ne doivent pas le décourager pour autant. En effet, placé sous la constante protection du Très-Haut, il n’aura pas à craindre l’adversité et les attaques de ceux qui ont juré sa perte. Ils sont hélas nombreux et se cachent souvent sous des traits hypocrites. Tant que nous aurons en vue le combat mené en faveur de D.ieu, nous pourrons être assurés de notre force. Tel est bien le sens du verset : « Ta droite est magnifique en force. » (Exode XV, 6). Aussi longtemps que nous aurons conscience de l’importance pour nous de suivre la voie de D.ieu, nous pourrons nous sentir soutenus dans nos difficultés.

Ce soutien divin sera permanent, si nous voulons rechercher dans la loi de D.ieu, des raisons d’espérer en Son salut. Qui, mieux que MOISE, pouvait nous y inciter, lui qui contribua de toutes ses forces à forger le caractère d’ISRAEL, lui qui fit passer les préoccupations collectives avant les siennes. Il s’est identifié à son œuvre, et l’on ne saurait oublier les luttes qu’il eut à soutenir pour propager la Torah et pour l’enseigner.

Par son action, la Torah est donc devenue l’héritage des générations successives, la source et le modèle de nombreuses doctrines religieuses et philosophiques. « MOISE nous a donné la Loi, héritage de l’assemblée de JACOB ». (Deutéronome XXXIII, 4).

Cette loi que nous fûmes les premiers à avoir acceptée, nous fait quoiqu’on le veuille, obligation d’en être les plus ardents défenseurs. Nous savons d’expérience qu’elle permet de donner un sens à notre vie. Elle nous offre des raisons de croire en la valeur absolue de notre destin. Quel que soit le pays où nous vivons, le siècle où nous existons, cette loi éternelle dont l’intention profonde nous échappe parfois, peut nous fournir les réponses aux questions les plus complexes. Il est essentiel, malgré toutes les séductions et les dérives de la vie moderne, de revenir sans cesse aux sources traditionnelles. Car celles-ci peuvent nous faciliter la compréhension du texte sacré, nous permettre ainsi de mieux posséder la connaissance profonde de la Loi divine, de manière à nous rapprocher de Celui qui en fit don à l’humanité, laquelle malheureusement et jusqu’à nos jours, n’en a pas encore compris toute la valeur.

HAPHTARA :

MOISE a marqué de son empreinte toute la génération qui le suivit depuis la sortie d’Egypte, jusqu’au seuil de la terre de Canaan. A présent, une page sera tournée avec la disparition de ce grand chef, le guide spirituel et le plus grand des prophètes, MOISE. Celui-ci va donc laisser la place à son successeur, JOSUE, qui avait toujours vécu à l’ombre de son maître. Nous sommes frappés par le fait que ce ne sont pas les fils de MOISE qui furent appelés à lui succéder, mais son disciple JOSUE. La première leçon qui peut se dégager, c’est que dans le domaine de la Torah, chacun peut s’élever par son travail, son assiduité, son engagement pour parvenir à un certain niveau de connaissances, mais la Torah ne se transmet pas par héritage, comme cela se pratique dans d’autres domaines de la vie matérielle, quand il s’agit par exemple de transmettre un titre ou un héritage. La Tradition nous apprend que les fils de MOISE ne s’étaient pas montrés dignes de succéder à leur père, de sorte que le choix de la succession se porta sur JOSUE. (Nombres 27, 18-23).

Pour mener à bien la conquête du pays de Canaan et y installer le peuple d’ISRAEL, il fallait ensuite à JOSUE beaucoup de force et de courage. Succéder à un homme de la trempe de MOISE n’était pas chose facile. Mais notre haphtara vient aussi nous enseigner que si grands qu’aient pu être les mérites de ce dernier, il lui fallait s’effacer pour laisser la place à des forces nouvelles et plus jeunes. A deux reprises dans notre texte, JOSUE se voit ainsi encouragé par la double expression formulée par D.ieu, ‘HAZAK VEEMATZ, sois ferme et vaillant. (JOSUE 1, 6 et 7).

L’on comprend bien le choix de cette Haphtara, puisqu’en cette journée de SIM’HAT TORA où nous avons terminé la lecture des dernières pages de la Torah relatant la mort de MOISE, nous devions lui rendre hommage et en même temps nous inspirer de cette recommandation faite par D.ieu à JOSUE : « Mais sois ferme et bien résolu, en t’appliquant à agir conformément à toute la doctrine que t’a tracée mon serviteur MOISE : ne t’en écarte à droite ni à gauche, pour que tu réussisses dans toutes tes voies. Ce livre de la Doctrine ne doit pas quitter ta bouche, tu le méditeras jour et nuit afin d’en observer avec soin le contenu ; car alors seulement tu prospéreras dans tes voies, alors seulement tu seras heureux. » (JOSUE 1, 7 et 8). C’est par ces conseils divins que nous pourrons espérer se poursuivre jusqu’à son terme la mission confiée à ISRAEL, mission à laquelle nous devons continuer chacun d’apporter notre contribution.



Alain Goldmann
Grand Rabbin




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