Souccoth 5767

Chabbath 7 octobre 2006 - 15 Tichri 5767 - Début : 19h01 - Fin : 20h02
publié le mercredi 4 octobre 2006
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Lecture de la Tora : ler Jour : Lévitique 22, 26 à 23, 44 et Nombres 29, 12 - 16 : Les fêtes. « « 2ème Jour : comme la veille. Haphtara : ZACHARIE 14 : Souccoth aux temps messianiques. « 2ème jour : 1 Rois 8, 2 - 21 : Inauguration du Temple et fête de Souccoth.

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Commentaire de la Torah :

« Vous prendrez le premier jour du fruit de l’arbre HADAR (cédratier), des branches de palmier, des rameaux de l’arbre ABOTH (le myrte) et des saules de rivière, et vous vous réjouirez, en présence de l’Eternel votre D.ieu, pendant sept jours. » (Lévitique 23, 40).

La gravité se lisait sur les visages des fidèles le jour de Kippour. Elle vient à peine de s’effacer, que nous sommes immédiatement après l’absolution de nos fautes, invités à servir D.ieu, en Lui consacrant nos pensées et nos gestes, durant la fête de SOUCCOTH. Il s’agit là de la troisième de nos fêtes de pèlerinage. Si d’aucuns ont pu juger suffisante notre mortification le jour de KIPPOUR, ce serait avoir une fausse idée du judaïsme que de croire qu’il se limite à des cérémonies austères, solennelles, dont seraient écartées toute forme de joie. En effet, celle-ci se manifeste dans certaines de nos solennités religieuses, elle fait naturellement partie de la vie humaine. Elle nous permet ainsi de résister aux dures conditions de notre existence terrestre et de ne pas sombrer dans le désespoir. La Torah l’a parfaitement compris, puisqu’elle fait alterner dans le déroulement de notre calendrier religieux, des temps de tristesse et des temps de joie.

D’une façon générale, notre Loi fait ainsi des parts égales à la vénération, à l’amour et à la joie. Le poète Juda HALEVY a su mettre en relief la place que doit prendre la joie dans notre comportement quotidien. Il dit notamment : « Notre contrition aux jours de jeûnes ne plait pas davantage à D.ieu que notre joie aux fêtes et aux Sabbats, si cette joie vient d’un cœur plein de ferveur. Il faut aimer le commandement (la mitzwa) pour Celui qui nous l’a ordonné, et reconnaître, quel bien, en nous l’ordonnant, il nous fait. » C’est ce que nos Maîtres appellent la « joie de la Mitzwa ».

A l’origine, la joie que procurait aux cultivateurs d’Israël la fête de SOUCCOTH était surtout provoquée par la période des récoltes. Comme dans tous les pays, ces travaux agricoles, principale richesse du pays, étaient accompagnés de festivités. Cependant, pour éviter que celle-ce ne deviennent l’occasion de débauches, le texte biblique nous met en gardant en disant : « vous vous réjouirez devant l’Eternel, votre D.ieu. » Lui seul est la source d’où proviennent tous nos biens. Dans aucune circonstance de notre vie, nous ne devons oublier que Lui seul dispense les peines et les joies. Et nos joies doivent donc être empreintes de ferveur. La légèreté d’esprit n’y a pas sa place. D’ailleurs, il n’y a pas que la prière qui réclame de notre part la pensée et le recueillement. Cela vaut également pour toutes joies et réjouissances, quand elles ont pour objet d’accompagner la pratique de la Loi, comme le précise encore Juda HALEVY. C’est bien cette notion que retrouvera plus tard, le BAAL CHEM TOV, fondateur du Hassidisme moderne.

Ainsi, notre joie, si elle devait nous faire oublier Celui qui la dispense, deviendrait alors païenne. Nos Sages nous mettent constamment en garde contre ce type de réjouissances non motivées par des impératifs religieux. Ils vont jusqu’à nous dire que c’est en raison de mauvais comportements dans l’expression religieuse, que les deux Temples ayant existé à Jérusalem furent détruits.

Durant la semaine de SOUCCOTH où nous sommes invités à séjourner dans la SOUCCAH, et où nous devons nous présenter devant D.ieu, en tenant en main les quatre plantes énumérées dans notre texte d’introduction, en signe de réconciliation avec D.ieu, nous laissons donc libre cours à notre joie. Ainsi, en ne consacrant pas uniquement une journée par an au jeûne et aux privations, mais en servant D.ieu, de toutes nos forces, tous les jours de notre vie, dans la joie et dans l’allégresse, selon l’expression du Psalmiste, nous pouvons réellement retrouve la Paix de notre âme, avec un sentiment de plénitude de joie que vient illustrer le bouquet des quatre plantes, symbole de cette paix et de cette joie.

HAPHTARA :

Cette Haphtara a été choisie car elle contient la mention de la fête de SOUCCOTH (verset 16). Le prophète ZACHARIE, du livre duquel est tiré ce texte, prédit la fin des temps, lorsque JERUSALEM sera le lieu de rassemblement de toutes les nations venues faire la guerre. Mais D.ieu interviendra contre elles et la ville sera restaurée. On s’y retrouvera ainsi à l’occasion de SOUCCOTH.

L’idée de ce rassemblement des nations correspond bien à SOUCCOTH. En effet, nos Sages font remarquer que durant cette solennité, chaque jour, on offrait des sacrifices à l’intention de toutes les nations. Leur nombre symbolique étant de soixante-dix, on commençait le premier jour à offrir quatorze taureaux, et en diminuant chaque jour d’une unité, on parvenait au nombre de soixante-dix. Par contre, le jour de CHEMINI-ATZERETH, qui est la clôture de SOUCCOTH, on n’offrait qu’un seul taureau. Celui-ci représentait ISRAEL face à toutes les autres nations.

Le prophète ZACHARIE veut ainsi décrire ce qui surviendra à l’époque messianique quand toutes les nations seront tenues d’accomplir ce pèlerinage vers JERUSALEM pour y célébrer SOUCCOTH, pour mériter ainsi la pluie qui tombera à cette saison, comme devant être la suprême bénédiction accordée à tous ceux qui voudront reconnaître la suprématie de D.ieu. C’est ce que nous lisons au verset 9 disant : « L’Eternel sera roi sur toute la terre ; en ce jour, l’Eternel sera Un et unique sera son nom. » Ce verset a été repris dans notre prière finale dite ALENOU, pour bien marquer notre confiance en l’avenir de l’humanité et donc du nôtre. C’est donc bien cette confiance dont nous témoignons plus particulièrement à SOUCCOTH, lorsque nous venons dans la maison de D.ieu, porteurs des quatre plantes, comme autrefois nos ancêtres se rendant au Temple de JERUSALEM. C’est là notre identification avec le passé et en même temps l’expression de nos espérances pour des temps futurs qui nous soient définitivement favorables.



Alain Goldmann
Grand Rabbin




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