A la recherche de nos ancêtres

Extrait d'un article paru dans L'Arche N° 476/Septembre 1997

Au début, il s'agit d'un simple intérêt, d'un désir vague d'en savoir plus sur ses "racines". Peu à peu, ce qui s'annonçait comme un agréable passe-temps devient, raconte Michael Tobin, un Américain de Boston dont les ancêtres ont vécu du côté de la Pologne, de la Lituanie, de la Roumanie et de l'Ukraine, "une passion, une maladie, une drogue". Et qui donne au passage des joies inconnues du profane, comme celle qu'a connue Michel Mayer-Crémieux, ancien président-fondateur du Cercle de généalogie juive, revenu tout guilleret du dernier Congrès de généalogie juive qui s'est tenu à Paris en juillet dernier. Motif de cette liesse: la rencontre avec un Mayer américain dont l'ancêtre était le frère du quadrisaïeul du Français.

Il y a aussi Elizabeth Sroka, une Américaine vivant à Hambourg depuis les années soixante. Pendant plus d'une décennie, elle a aidé les autres à chercher la piste d'aïeux qui auraient embarqué d'Hambourg vers une vie meilleure. Gagnée par la contagion, elle a récemment décidé d'effectuer des recherches sur sa propre famille qui est originaire, comme celles de tant de ses compatriotes, d'Europe de l'Est.

Une fois la décision prise, il faut s'organiser. Certes, votre famille sera, en général, prête à tout vous raconter sur une multitude de cousins inconnus et autres ancêtres hauts en couleur. Cela vous permettra de passer un bon moment, voire de resserrer des liens distendus. Mais la généalogie est une chose sérieuse. Il ne faut pas démarrer à l'aveuglette.

Premier pas dans la carrière: l'achat d'un manuel. Ce dernier, s'il est bien fait, vous apprend à agir avec méthode. Il vous explique quelles questions poser, comment classer les informations obtenues. Et il vous fournit, en sus, des directions d'investigation.

Là, une parenthèse. Ne manifestez aucune jalousie envers votre homologue non-juif, qui est censé bénéficier des retombées de l'édit de Villers-Cotterêt (1553) qui instaurait la tenue obligatoire des registres de baptême. Car s'il est sûr qu'à l'époque l'ancêtre du sieur Martin a bien été inscrit sur le livre de sa paroisse par le curé du cru, rien ne prouve qu'en 1997 cette paroisse existe toujours, que ses archives n'ont pas disparu ou que la petite église gothique n'a pas été remplacée par le café du village.

Pour revenir aux Juifs: la Shoah, l'expulsion d'Espagne, les pogroms ou le départ des pays arabes ne constituent pas des obstacles insurmontables. Il suffit de faire preuve de patience et de ténacité. La preuve en est fournie régulièrement par la publication d'arbres généalogiques juifs remontant allègrement les siècles. (...)