L'Arche - n° 527-528
janvier-février 2002


Société
Racines: l’origine des noms juifs
Farache ou Fredj

Ils se nomment Farache ou Harache, Farachi ou Faradji, Frech ou Benfresch. Ils sont originaires d’Algérie ou du Maroc. Leur patronyme, selon toute vraisemblance, a une origine commune qui proviendrait soit du prénom arabe masculin Fredj, soit de la localité espagnole de Farache dans la province de Murcie; ce nom serait issu du verbe farachar, qui rend compte de l’action de battre le lin et le chanvre pour les rendre aptes à être filés.

Le premier Faraj connu, le plus célèbre d’ailleurs, fut aussi nommé Ferragut ou Faraj ben Sali. Vivant au XIIIe siècle, Moshé Faraj (d’Agrigente) fut le médecin personnel et le traducteur officiel du roi de Sicile, Charles Ier d’Anjou. C’est pour ce monarque qu’il traduisit de l’arabe en latin plusieurs traités de médecine, dont le Liber continens (Al Hawi, en arabe), une encyclopédie médicale écrite par le célèbre Al Razi. Cette traduction donna tant de satisfaction à Charles Ier qu’il fit figurer le portait de Moshé Faraj à côté du sien sur le manuscrit original enluminé par le père Giovanni, de Monte Cassino, le plus célèbre enlumineur de l’époque.

Dans l’Espagne du Moyen Âge aussi, nous rencontrons une série de Harache, dont le dernier à avoir laissé des traces était un certain Yuce Harache, de Duenas. À Valladolid, le 26 juin 1492, devant quitter le pays en raison de l’édit d’expulsion des Juifs, il demanda le règlement anticipé de ses créances.

Plus tard, on trouve des Farache dans presque tout le bassin méditerranéen. Comme rav Yaacov Farache, de Safed, envoyé quêter en Turquie et en Europe en 1742; il fut l’auteur de responsa avant de trouver la mort dans le tremblement de terre qui détruisit en partie sa ville natale en 1759. Comme Yaacov Farache, grammairien établi à Alexandrie au XVIIe siècle, Ovadia Farache, rabbin à Bassorah (Irak) à la même époque, ou Elihaou Farache, un juriste né à Constantinople en 1880 et qui émigra à Jérusalem pendant la première guerre mondiale.

Catherine Garson



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