Extrait d'un dossier publié dans L'Arche n°513, novembre 2000

Israël, éternel coupable ?

Les images que vous ne verrez pas, et pourquoi

 

Une des raisons pour lesquelles la couverture médiatique des événements au Proche-Orient est si déséquilibrée tient aux menaces que du côté palestinien on fait peser sur les journalistes.
En voici deux exemples.


- Reportage diffusé à la télévision belge le 5 octobre.
" Nous filmons le début de la manifestation. Soudain, une camionnette débarque à vive allure. À l'intérieur, des militants du Fatah. Ils donnent leurs ordres et surtout distribuent des cocktails Molotov. Nous filmons. Mais ces images, vous ne les verrez jamais. En quelques secondes, tous ces jeunes nous ont entourés, menacés, puis embarqués sans ménagement vers le poste de police. Là, nous nous sommes expliqués mais nous avons dû effacer les images litigieuses. La police palestinienne a calmé la situation, mais en censurant nos images. Nous avons désormais la preuve que ces affrontements n'ont plus rien de spontané. Tous les ordres viennent bien de la hiérarchie palestinienne. "

- Extrait d'un article publié le 15 octobre dans le Sunday Telegraph londonien par Mark Seager, un photographe britannique qui a assisté au lynchage des deux réservistes israéliens à Ramallah, le 12 octobre. Mark Seager (29 ans) se trouvait sur place depuis quelques temps, pour préparer une série de photos sur les réfugiés palestiniens.
" Je suis arrivé à Ramallah vers 10h30 du matin. Je m'apprêtais à prendre un taxi sur la rue principale afin de me rendre à Naplouse, où devait avoir lieu un enterrement que je voulais filmer, lorsque tout d'un coup un grand nombre de Palestiniens sont arrivés en criant, venant du poste de police. Je suis sorti de la voiture pour voir ce qui se passait, et j'ai vu qu'ils traînaient quelque chose. Ils sont bientôt arrivés près de moi, et j'ai vu avec horreur qu'il s'agissait du corps d'un homme qu'ils tiraient par les pieds. (…) Il était mort, il était certainement mort, mais ils continuaient à le frapper comme des fous, en donnant des coups de pied sur sa tête. Ils étaient comme des bêtes. Ils étaient à quelques mètres de moi, et je pouvais tout voir. Instinctivement, j'ai saisi mon appareil photo. Je me préparais à prendre un cliché lorsqu'un Palestinien m'a donné un coup de poing en pleine figure. Un autre Palestinien m'a désigné en criant : "Pas de photos, pas de photos !", tandis qu'un autre encore me frappait au visage et me disait : "Donne-moi ta pellicule !". J'ai essayé de sortir la pellicule mais ils m'ont saisi, un type a pris mon appareil et l'a écrasé sur le sol. "

Retour