Le journal des élections
Rien n’est plus imprévisible que la politique en Israël

Le sort en est jeté : Israël va vers des élections anticipées. Le premier ministre Binyamin Netanyahou, et la majorité parlementaire constituée autour du Likoud, avaient été désignés le 29 mai 1996 pour une période de quatre ans. Mais ce double mandat sera remis en jeu un an plus tôt que prévu.
Le 17 mai prochain, les citoyens israéliens devront choisir, parmi les candidats présentés par une foule de partis politiques, les 120 députés de la Knesset. Chaque parti soumettra une liste de candidats, chaque électeur désignera le parti de son choix, et les 120 sièges de la Knesset seront attribués proportionnellement au nombre des voix recueillies par les partis dans l’ensemble du pays.
Ce même 17 mai, les électeurs devront voter pour l’un des candidats au poste de premier ministre, conformément à la procédure d’élection directe adoptée en 1992 et dont la première application fut l’élection de Binyamin Netanyahou en mai 1996. Si un candidat recueille ce jour-là la majorité absolue des voix, il est déclaré élu ; sinon, il y a un second tour deux semaines plus tard, c’est-à-dire le 1er juin. A ce second tour ne pourront se présenter que deux candidats (ce sont en principe les deux mieux placés au premier tour, mais l’un d’entre eux peut se désister en faveur du troisième).
Depuis que les élections anticipées sont ainsi apparues à l’horizon de la démocratie israélienne, les choses n’ont cessé de se bousculer. Chaque jour que Dieu fait, il s’est trouvé un dirigeant politique pour annoncer sa candidature ou sa non-candidature, pour quitter un parti ou adhérer à un autre. La presse internationale, vite débordée, a renoncé à décrire cette activité multiforme.
A L’Arche, nous avons l’habitude de suivre la vie politique israélienne pour en faire chaque mois la synthèse. Mais tenter une telle synthèse, au stade actuel, ne serait pas seulement prématuré ; cela ferait perdre beaucoup de la saveur des débats. C’est pourquoi nous avons choisi de vous présenter le film des événements, au jour le jour. Comme vous le verrez, rien n’est plus changeant, rien n’est plus imprévisible, rien n’est plus étrange que la politique en Israël.
Au départ, tout est simple. Binyamin Netanyahou, premier ministre, est le chef du Likoud avec lequel il a gagné les élections de 1996. A ses côtés, les principaux dirigeants de la droite sont Dan Meridor, Benny Begin, Limor Livnat, Itzhak Mordehaï, Ehoud Olmert, Ariel Sharon, Avigdor Lieberman, David Lévy et Ouzi Landau. En face, l’opposition travailliste dirigée par Ehoud Barak. Au sein du parti travailliste on trouve notamment Shimon Pérès, Nissim Zvilli, Haïm Ramon, Shlomo Ben-Ami et Avraham Burg. Acteur supplémentaire : Amnon Lipkin-Shahak, qui vient de quitter ses fonctions de chef d’état-major de Tsahal. Mais une fois ces personnages mis en place, tout le monde commence à bouger dans tous les sens. Retenez votre souffle. Le ballet va commencer. • Jacques Tarnov