L’ANTISÉMITISME DANS LES FACS

Des groupuscules néo-nazis au Front national, l’extrême droite est présente dans nos universités par Sarah Perez

Aujourd’hui, aussi étrange que cela puisse paraître, les jeunes activistes d’extrême droite portent le keffieh palestinien et scandent des slogans tels que « A Paris comme à Gaza : Intifada » ou « Deauville, Sentier, territoires occupés ». On trouve à l’origine de ce phénomène les jeunes militants du GUD (Groupe Union Défense), dont le bastion historique est la faculté d’Assas à Paris, et qui depuis quelques mois multiplient les actions antisémites. Il serait d’ailleurs plus juste de parler du mouvement Union-Droit et non plus du GUD, ce dernier ayant été dissous en 1994 et remplacé par Union-Droit.
Malgré cette interdiction, le GUD / Union-Droit conserve son local et son droit de parole à Assas, par son panneau d’affichage officiel « Union-Droit » et par des tracts signés de ces deux noms. Il donne libre cours à des délires antisémites et négationnistes. Dans leur nouvelle revue, Le Rongeur Masqué, les gudards faisaient dire à un rat noir (leur emblème) une phrase qui résume à elle seule leur position : « Je souhaite la victoire de l’Islam car sans lui, l’Europe serait anéantie par le sionisme ».
Le procès de Roger Garaudy en janvier 1998 a permis de constater à quel point l’antisionisme de ces jeunes extrémistes était poussé, les amenant même à côtoyer, lors du procès, les militants d’extrême gauche pro-palestiniens hostiles aux accords de paix. Rien d’étonnant quand on sait que le GUD avait collé en 1996 des affiches en l’honneur « du martyr palestinien Yehia Ayache », le tristement célèbre artificier du Hamas tué par Israël en janvier 1996. Cette collusion avec les extrémistes arabes n’est pas nouvelle puisque déjà en 1994 l’ancien responsable du GUD, Frédéric Châtillon, s’était rendu en Syrie – sûrement pas pour y faire du tourisme, puisqu’il avait rencontré le ministre de la défense.
Ces extrémistes ne s’en tiennent pas aux mots et d’après Patrick Klugman, président de l’UEJF d’Assas, « ils sont en grande partie responsables de la montée de la violence actuellement à Assas ». Comme le rappelle Patrick Klugman, les actions violentes n’ont fait que se multiplier depuis un an. Ainsi, en décembre 1997, le local de l’UNEF-ID (syndicat étudiant proche du parti socialiste) a été incendié puis une bombe lacrymogène a été lancée sur les décombres. Un mois plus tard, le président d’une association pourtant d’extrême droite (règlement de comptes ?) est agressé par trois militants du GUD, dont deux élus d’Assas. Le responsable du GUD (Benoît Fleury) est alors condamné à trois mois de prison avec sursis et à une exclusion provisoire de l’université. Mais rien n’arrête le GUD / Union-Droit : les agressions continuent, blessant un mois plus tard à Lyon une militante antifasciste, puis blessant deux personnes devant la Sorbonne le 20 octobre dernier, et deux autres dans la même période à Assas. Dernièrement, un gudard est allé jusqu’à menacer un autre étudiant avec un revolver à l’intérieur même de la faculté d’Assas. •